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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 10:59

à lire sur mon site chevallier.biz

~~L’ingénieur VW en Grèce et ses billets : petites leçons de monétarisme pour les nuls Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Monétarisme, Non classé Les petites histoires simplifiées conçues pour expliquer des problèmes économiques complexes sont généralement maladroites et peu utiles mais celle qui m’a été proposée récemment se révèle finalement très intéressante car elle facilite la compréhension de certains aspects du monétarisme quand on la transpose dans ce qui s’est passé ces dernières années dans certains pays… Des dysfonctionnements peuvent toujours se produire dans tout système économique national basé sur la liberté lorsque des règles ne sont pas respectées ou lorsque les règles nécessaires (au bon fonctionnement du système) ne sont pas adoptées. Ainsi en est-il d’un possible surendettement généralisé qui peut se produire quand les règles prudentielles d’endettement ne sont pas respectées, ce qui est le cas dans l’histoire de l’ingénieur VW en Grèce. Comment résoudre de tels problèmes ? Si les autorités compétentes… le sont (compétentes !), des solutions a priori paradoxales (pour les personnes qui n’ont pas assimilé les bases de la culture monétariste) mais logiques peuvent faire repartir la croissance sur de bons fondamentaux. Dans le cas contraire, les remèdes ne peuvent qu’aggraver la situation… Dans l’histoire de l’ingénieur VW en Grèce, tout était bloqué car il n’y avait plus d’argent en circulation. L’introduction temporaire d’une certaine somme d’argent dans le système a permis à tous les agents de régler leurs dettes. En effet, à partir du moment où les billets circulent, toute l’activité économique peut reprendre… si les fondamentaux sont rétablis, c’est-à-dire si les agents respectent les règles prudentielles d’endettement (ou si les autorités les font respecter !). L’introduction temporaire d’une certaine somme d’argent dans le système n’est pas de la création monétaire puisqu’elle est retirée dès que la circulation monétaire a repris. C’est ce mécanisme monétariste qui a été appliqué par les autorités américaines lorsque les règles prudentielles d’endettement n’ont plus été respectées par les big banks to big to fail au début des années 2000 : elles ont introduit en 2008 des centaines de milliards de dollars dans des établissements financiers pour que le système bancaire ne soit pas bloqué, ce qui a facilité la circulation monétaire et c’est ce qui a fait repartir la croissance, en flinguant au passage pour l’exemple la banque des frères Lehman histoire de montrer que d’autres pourraient suivre au cas où elles ne respecteraient pas ces règles (un multiple d’endettement de l’ordre de 10 d’après ce bon vieux Greenspan). Les centaines de milliards de dollars introduits dans des établissements financiers par les autorités américaines ont finalement été remboursés. Le QE a contribué à accélérer la circulation monétaire sur des fondamentaux rétablis. Tout est simple, et efficace mais un peu paradoxal pour les gens qui confondent circulation monétaire et création monétaire. Quid dans la zone euro ? La situation est différente de ce qui s’est passé aux Etats-Unis sur trois points principalement… D’abord, les autorités monétaires ne font pas respecter les règles prudentielles d’endettement bancaire. De ce fait, les fondamentaux ne sont pas rétablis. En particulier, le marché interbancaire est encore et toujours bloqué car les dirigeants des grandes banques qui sont bien placés pour connaitre leurs difficultés, n’ont plus confiance entre eux. La circulation monétaire est donc bloquée. L’argent ne circule pas normalement, surtout entre les banques. Les centaines de milliards d’euros généreusement prêtés par la BCE aux banques y reviennent en dépôt sans exercer le moindre effet d’entrainement dans le système économique qui fonctionne mal, au ralenti, en crise larvée, surtout en France où les Gos banques sont loin de respecter un multiple d’endettement de l’ordre de 10. Ensuite, l’argent n’est pas sain dans la zone euro du fait qu’il y a une hypertrophie de la masse monétaire dans l’agrégat M1 qui représente plus de 50 % du PIB annuel contre 17 % aux Etats-Unis. L’introduction de centaines de milliards d’euros par la BCE (dans son QE) et l’augmentation des dépenses publiques (surtout sous la forme d’aides dites sociales) et des déficits publics ne font qu’augmenter cette hypertrophie monétaire, et donc ralentir la croissance. Enfin, l’euro est une aberration, une monnaie contre nature car elle n’est pas celle d’une nation mais de nations indépendantes et souveraines dont les niveaux et les gains de productivité sont hétérogènes. De ce fait, les fondamentaux ne sont pas respectés. Des pays comme la Grèce ne peuvent pas être sauvés par l’introduction de centaines de milliards d’euros qui ne font qu’accentuer en réalité les difficultés en augmentant la masse monétaire… bien que l’argent ne circule pas ! Les personnes qui ont lu ce que j’ai publié depuis un certain nombre d’années ont pu suivre en direct ces péripéties monétaristes et acquérir une certaine culture qui permet de comprendre ce qui se passe dans nos économies fortement financiarisées. Un de mes lecteurs a trouvé très rapidement les bonnes solutions aux problèmes posés, bravo ! cf. les commentaires de la devinette.

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Published by CHEVALLIER
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  • : Jean-Pierre CHEVALLIER, business économiste
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