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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 10:11

en ligne sur mon site chevallier.biz

~~Création monétaire et règles comptables : le cas SNCF Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, France, Monétarisme Les comptes de la SNCF donnent un excellent exemple de création monétaire, d’une cinquantaine de milliards d’euros… En effet, la création monétaire est souvent due à l’application de règles comptables qui ne permettent pas (aux comptes de certaines entreprises) de donner une image fidèle de la réalité, ce qui laisse se développer l’hypertrophie d’un agrégat monétaire. Ainsi en est-il pour ce qui concerne les comptes de la SNCF dont les dirigeants utilisent une règle, dite IAS 20, qui leur donne la possibilité de ne pas comptabiliser les immobilisations à leur (juste) valeur nette (74 milliards d’euros) fin 2015 mais pour un montant diminué des subventions d’investissement (pour 32 milliards) reçues des administrations publiques, soit à hauteur de 42 milliards. De cette façon, les dotations aux amortissements se montent à 2,8 milliards d’euros au lieu de 8 milliards compte tenu d’une dépréciation plausible de l’ordre de 10 % par an. L’actif tangible de la SNCF est en réalité négatif à hauteur de 10 milliards d’euros fin 2015. 4 milliards de subventions sont versés tous les ans par les Régions (incluses dans le chiffre d’affaires !). Il faudrait donc recapitaliser la SNCF d’au moins une dizaine de milliards d’euros pour qu’elle puisse avoir l’apparence d’une entreprise normale. Ce sont donc bien une cinquantaine de milliards d’euros qui se trouvent toujours dans les portefeuilles et sur les comptes bancaires (c’est-à-dire dans l’agrégat monétaire M1) des personnes qui ont voyagé avec la SNCF alors qu’elles auraient dû payer toutes les charges correspondant aux services qu’elles ont utilisés. Cette cinquantaine de milliards d’euros est une toute petite partie (1 %) des 4 000 milliards qui constituent la bulle en M1 au niveau de la zone euro car il existe d’autres sources d’hypertrophie monétaire. Les règles comptables internationales (IAS, International Accounting Standards) en vigueur sont édictées par un Board qui est une association privée mais qui est très influencé par les Etats, surtout européens qui ont réussi à faire adopter cette règle 20 qui est une exception aux principes comptables car il n’y a aucun contre-pouvoir à celui de la nomenklatura de la vieille Europe continentale qui tient absolument à subventionner des services publics sans respecter les règles qu’ils sont censés édicter et faire appliquer ! Dans le passé récent, d’autres cas de dysfonctionnements de règles comptables ont créé des bulles financières ou monétaires… Ainsi par exemple, l’amortissement possible sur une vingtaine d’années des survaleurs de dot com à la fin des années 90 a permis à des dirigeants de sociétés classiques d’acquérir des sociétés opérant sur internet à des prix nettement surévalués en étalant les amortissements de ces écarts d’acquisition (goodwill) sur une longue période, ce qui leur permettait de ne pas faire apparaitre immédiatement ces pertes dans les résultats. En cas d’acquisition justifiée, c’était le jackpot mais en cas d’échec, il n’y avait pas de sanction, c’est-à-dire que les pertes importantes n’étaient pas comptabilisées à leur juste valeur, ce qui a permis le développement d’une gigantesque bulle de sociétés agissant sur internet. Alan Greenspan a laissé cette bulle prendre de l’ampleur pour pouvoir imposer ensuite les mesures qui auraient empêché son apparition, contre l’avis des investisseurs qui ont des groupes de pression très puissants et qui ont tiré des bénéfices indus de cette faille dans les règles comptables. Un autre exemple plus récent est celui des banques qui n’ont pas respecté la règle prudentielle d’endettement que ce bon vieux Greenspan, encore lui, a préconisée dans les années 80, à savoir que le total des dettes des banques ne devait pas dépasser 12,5 fois le montant de leurs capitaux propres, plus connue sous son inverse, le ratio Core Tier 1 qui devait être supérieur à 8 %. Une hypertrophie de l’agrégat monétaire M3-M2, de l’ordre de 500 milliards d’euros dans la zone euro, cf. mes articles à ce sujet, a été crevée par le bombardier B-2, Ben Bernanke qui n’a pas hésité à flinguer pour l’exemple la banque des frères Lehman puis à condamner d’autres big banks too big to fail à des dizaines de milliards de dollars d’amendes. *** Un petit rappel : le rôle des autorités est d’édicter et de faire respecter les règles qui permettent aux acteurs du jeu économique d’agir librement dans ce cadre, ce qui permet d’optimiser la richesse des nations et de leurs habitants. Quand ces autorités faussent ces règles ou ne les appliquent pas, c’est inéluctablement l’effondrement à terme, comme ce fut le cas avec l’URSS. *** Pour ce qui concerne la SNCF, à titre de comparaison, aux Etats-Unis, seul le transport du fret est rentable par voie ferroviaire. Le transport de voyageurs ne l’est pas et il n’y a pas de lignes à grande vitesse ni de TGV car ce sont là des gouffres financiers que les Américains ne veulent pas supporter. Amtrak, la seule société de transport de voyageurs par voie ferroviaire, est comme la SNCF une source de déficits comblés par des subventions, mais dans ce cas, les comptes sont clairs : ils affichent une quarantaine de milliards de dollars de déficits accumulés, Et à ce jour, à ma connaissance, je suis toujours le seul à avoir dénoncé cette nouvelle arnaque de la SNCF ! Les Français sont des veaux. La nomenklatura aurait tort de ne pas en profiter ! Cliquer ici pour voir les rapports financiers d’Amtrak. Cliquer ici pour voir une explication de l’IAS 20. Je remercie la personne qui m’a communiquée les informations sur cette IAS 20.

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Published by CHEVALLIER
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  • : Jean-Pierre CHEVALLIER, business économiste
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