Stratégie du désordre et politique monétaire
Pour affaiblir la zone euro en y accentuant le désordre, les Américains ont créé un choc mondial qui renforce en apparence l’euro mais qui le condamne en fait…
Les Reaganomics se basent sur les analyses de Milton Friedman selon lesquelles "l'Europe devient de plus en plus sensible à tout choc asymétrique. Tôt ou tard, lorsque surviendra une réelle secousse dans l'économie mondiale, ses contradictions internes la feront éclater ".
Les Américains ont donc provoqué un premier choc mondial par les prix du pétrole qui sont montés à des niveaux historiquement très hauts.
Un second choc a été produit par la politique monétaire de la Fed qui, dans un premier temps, a monté ses taux à des niveaux anormalement très élevés de 5,25 % (ce qui a provoqué en particulier la crise du subprime) et qui dans un deuxième temps vient d’abaisser ses taux à des niveaux anormalement très bas de 3 %.
La BCE ne peut pas baisser ses taux de base (actuellement à 4 %) pour relancer la croissance car cela accentuerait
- l’inflation qui augmente (à 3,2 % en janvier, au plus haut depuis que cette statistique est calculée, en 1997)
- et l’augmentation de la masse monétaire qui était déjà beaucoup trop forte (à 12 %).
L’écart de 100 points de base avec les taux américains attire les capitaux sur l’euro qui prend de la valeur par rapport au dollar et ces capitaux accentuent les écarts entre les rendements des différents Trésors européens, ce qui est annonciateur de l’éclatement de l’euro et de la dévaluation des monnaies les plus faibles : celles du Club Med, en particulier le franc français et la lire italienne.
Le combat monétaire est de plus en plus intense et il devient insoutenable pour les Français qui refusent de prendre les mesures qui permettraient de mettre fin à la production d’argent non gagné qui est la principale cause des déséquilibres actuels dans la zone euro (les engagements de retraite ne sont pas provisionnés en France, ce qui est contraire aux règles comptables IFRS).
La dette publique française coûtera encore plus cher avec des taux d’intérêts en hausse.
Si les Américains n’avaient pas créé ces chocs, les pays du Club Med auraient pu continuer à bénéficier de l’économie allemande dont les excédents commerciaux rattrapent leurs dérives budgétaires et monétaires.
La Fed peut baisser son taux de base à 3 % car la masse monétaire n’augmente que de 7 % ce qui correspond à une croissance du PIB à son potentiel optimal de 3,5 %.
L’écart de 150 points de base entre les rendements du 10 ans et du 2 ans est annonciateur d’une très forte croissance aux Etats-Unis à partir du mois d’août prochain,
Graphique 1 :
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Les Etats-Unis sont dans une situation comparable à celle qui prévalait en 2004,
Graphique 2 :
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La Fed combattra l’inflation en augmentant son taux de base, ce qui créera un ralentissement de la croissance en 2009 et perpétuera les cycles…
La politique monétaire menée par la Fed depuis deux ans ne peut s’expliquer logiquement que par rapport à cette stratégie du désordre dont les aspects économiques et monétaires sont inspirés des analyses de Milton Friedman !
Le rendement du 10 ans américain augmente car les marchés anticipent une forte croissance à venir,
Graphique 3 :
(cliquer ici pour agrandir le graphique)
La baisse anormale des taux de la Fed sous sa neutralité de 4,25 % ne se justifie pas par rapport aux caractéristiques de l’économie américaine.
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