Avions ravitailleurs de l’US Air Force
Le gouvernement américain a organisé la concurrence entre Boeing et EADS pour renouveler les avions ravitailleurs de l’US Air Force (plus de $100 milliards à terme) de façon à obtenir les meilleures prestations au moindre coût.
Logiquement, il devrait prendre sa décision dans l’intérêt des contribuables américains et attribuer ce marché au moins disant qui pourrait être EADS associé à Northrop Grummam.
Ce serait là une excellente décision… pour les Américains !
En effet, Boeing n’a pas intérêt à prendre ce marché, surtout avec une faible rentabilité, car il mobiliserait des ressources humaines et en capital alors que les marchés de l’aviation commerciale sont plus rémunérateurs, comme celui du Dreamliner dont les commandes ont déjà atteint 140 milliards de dollars sur la base du prix catalogue.
Inversement, EADS serait obligé de mobiliser sur ce projet de l’US Air Force des ressources humaines et en capital rares qui manqueront pour finaliser l’A350 qui aura au moins 5 ans de retard sur son concurrent de Boeing.
Pire, EADS investirait ces capitaux aux Etats-Unis où seraient fabriqués ces appareils, ce qui accentuerait la désindustrialisation en Europe et la sortie de capitaux au profit des Américains.
Les Européens et les Français, en particulier François Fillon, ne pourraient même plus accuser les Américains de favoriser leur propre industrie en ne laissant pas jouer la concurrence et ils seraient sans argument pour contrer les achats de matériels militaires américains par les pays européens.
Ils crieraient victoire car ils auraient l’impression d’avoir gagné une dure bataille alors que les Européens seraient en réalité les grands perdants de ce marché.
Ce serait encore un avatar de la logique paradoxale et de la réussite de la stratégie américaine.
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