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Création monétaire et crédits

Création monétaire et crédits


Je reviens encore sur ces problèmes de création monétaire, car un certain nombre de mes lecteurs (comme presque tous les Français) semblent avoir des difficultés à comprendre quelques notions élémentaires en la matière …


La BNP prêtait €435 milliards à ses clients au 31 décembre 2007, inscrits à l’actif de son bilan (à gauche).


En application des règles de la comptabilité en partie double en vigueur depuis plus de 5 000 ans partout dans le monde (ce qui n’est pas nouveau ni original !), cette somme a pour contrepartie au passif (à droite) €53 milliards de capitaux propres, le reste étant constitué de dettes car l’actif est égal au passif par définition et obligation (le total à gauche doit être égal au total à droite).


La BNP ne fait pas de création monétaire en accordant des crédits à ses clients : elle leur prête de l’argent qu’elle a ou qu’elle a nécessairement emprunté (sur les marchés des capitaux).


À la demande de crédits émanant de certaines personnes, répond une offre de capitaux : les banques, en faisant correspondre l’offre et la demande de capitaux, font fonctionner librement et normalement les marchés, à l’optimum, en respectant les règles qui leur sont imposées.


Contrairement à ce que pensent les Français, la création monétaire ne provient pas de la distribution inconsidérée de crédits par les banques.

Je crois que les Français sont persuadés que la BNP prête €435 milliards avec €53 milliards seulement dans ses comptes, le reste étant de la création monétaire pure ! Erreur monumentale.


Jadis (c’est à dire, il y a quelques années), les marchés des capitaux étaient fermés, c’est à dire nationaux.

Maintenant, ils sont mondialisés, mais rien ne change dans ces principes : des capitaux libellés en US$ appartenant ou pas à des Américains, peuvent être intéressés par des placements en titres de la BNP.

Ils sont alors changés en euros en passant par l’intermédiaire de la BCE qui comptabilise leur entrée dans la zone euro : M3 augmente alors d’autant mais ces capitaux sont immédiatement investis en titres BNP, c’est à dire en valeurs mobilières qui sortent alors de M3.


Là non plus, il n’y a donc pas de création monétaire par la distribution inconsidérée de crédits par les banques.


Tout le système bancaire et monétaire français et international est équilibré tant que les règles sont respectées, ce qui n’est pas le cas quand les gouvernements français suppriment des centaines de milliards de dettes comme par exemple dans les comptes de la SNCF : il y a là une création monétaire massive qui se voit dans l’hypertrophie de la masse monétaire M3 qui atteint 95 % du PIB alors qu’elle ne devrait pas dépasser les 70 %.


En outre, tout régime de retraite par répartition fait de la création monétaire en distribuant massivement des revenus sans que les bénéficiaires aient fourni au préalable un travail capitalisé en contrepartie, cf. mon billet : Retraite par répartition et monétarisme.


Ces problèmes sont bien analysés et résolus aux États-Unis car les business économistes qui les maîtrisent bien sont nombreux et ils occupent les postes les plus importants dans les différentes administrations chargées de réguler (c’est à dire de contrôler) l’activité économique et financière pour que les équilibres fondamentaux soient respectés.

Comme il n’y a pas de tels business économistes en France, personne ne comprend ces problèmes qui s’aggravent au fil des années.


Lire mes précédents billets :
Création monétaire et de richesse

Avoir tort d’avoir raison

 

***

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C
<br /> Le fait de la création monétaire par les banques de second rang est un mécanisme bien connu, qui est enseigné aux étudiants de première année d'économie... Et pas seulement en France... S'il y<br /> avait une science économique française différente de celle du reste du monde, cela se saurait : toutes les universités d'occident enseignent les mêmes fondements théoriques. Même si ici ou là — on<br /> peut en convenir — des différences idéologiques imposent leurs couleurs... L'économie n'est malgré tout qu'une science humaine, même si elle se rêve parfois science exacte... Votre blog est assez<br /> curieux; vous semblez rester prisonnier d'une conception substantialiste et statique de la monnaie. Comme si, penser le caractère dynamique de la création de richesse vous terrorisait... Que<br /> voulez-vous sauver ?<br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> ? !!! Incohérent !!!  <br /> <br /> <br /> <br />
E
Elle n'a pas du tout besoin d'avoir 100 pour prêter 100, c'est évident ! Des calculs statistiques vont lui permettre de déterminer qu'en prêtant 100 elle va avoir besoin de sortir seulement une fraction de cette somme de ses comptes.<br /> Votre raisonnement ne tient que si les emprunteurs retirent immédiatement,en cash, leur prêt (comme dans un prêt immobilier). C'est très loin d'être le cas.
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E
Faites un petit exercice :<br /> <br /> imaginez deux banques qui accordent des crédits de 100 en empruntant l'une à l'autre.<br /> Il y a bien création de 100. Le système tient tant que les banques ont confiance les unes dans les autres. Tous les prêts bancaires ne sont pas pure création, mais pour l'essentiel c'est bien le cas.
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C
<br /> Non !<br /> Pour qu'une banque prète 100 à une autre, il faut qu'elle ait déjà 100 dans ses comptes !<br /> C'est une erreur monumentale commise pas presque tous les Français !<br /> Lisez Greenspan qui traite bien de ce problème, et... mes billets à ce sujet !<br /> <br /> <br />
J
"Ces problèmes sont bien analysés et résolus aux États-Unis car les business économistes qui les maîtrisent bien sont nombreux et ils occupent les postes les plus importants dans les différentes administrations chargées de réguler (c’est à dire de contrôler) l’activité économique et financière pour que les équilibres fondamentaux soient respectés."<br /> <br /> <br /> Je lis votre article le 29 septembre 2008 alors que Buffett dit que si rien n'est fait les USA auront le plus grand "meltdown" de leur histoire (pire qu'en 1929 selon lui).<br /> J'espère que vos ne suivez pas les conseils de vos très cher "business econonmists" quand il s'agit de vos placements personnels.<br /> <br /> Je m'inquiète pour vous...
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J
"le bel amalgame, bien dans le style des syllogismes de ce style (« l'épargne des Américains diminue donc ils ont confiance en l'avenir »)"<br /> <br /> <br /> La diminution de l'épargne des américains est à mon avis plutôt la confirmation empirique de la fonction de consommation friedmanienne qui prouve que la consommation tends à être lissée.
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