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Croissance duale et turbulence

Croissance duale et turbulence


Le monde de ce XXI° siècle est beaucoup plus complexe que celui de la seconde moitié du XX°, Alan Greenspan a raison…


Depuis 2000, la croissance endogène des pays développés (Amérique du Nord, Europe et Japon) est faible mais elle reste forte finalement car elle est tirée par celle des pays émergents.


La croissance est donc duale.


Les relations logiques entre les gains de productivité et la croissance sont plus complexes, les variations sur les marchés peuvent être importantes et déconcertantes, mais les fondamentaux restent les mêmes : l’argent sain est le premier pilier de la réussite.


À ce jeu, les petits Suisses sont traditionnellement les meilleurs (sauf quelques rares exceptions qui confirment la règle comme UBS), ainsi que les Américains car les dirigeants les plus influents des grandes entreprises et du monde politique partagent tous la même culture de base : celle des Reaganomics.


Les variations sur les marchés de l’obligataire public sont le point de départ de toutes les autres, l’essentiel étant de bien distinguer les tendances lourdes…


Comme je l’avais prédit, les taux remontent depuis leur point bas de la mi-mars : le rendement du 3 mois augmente petitement de quelques points de base au fil des jours pour se rapprocher de celui de la Fed à 2 %, ce qui signifie que les capitaux sortent petit à petit de leur refuge obligataire, les investissements en actions devenant de plus en plus rentables, les cours montent en fluctuant,

Graphique 1 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Le rendement du 2 ans décolle lui aussi lentement alors que celui du 10 ans reste sous la barre de 4 %, ce qui signifie que l’inflation est contenue aux États-Unis du moins.


La structure des taux (parfaite) annonce bien une croissance qui sera de plus en plus forte aux États-Unis dans les semaines et les mois à venir, comme en 2004,

Graphique 2 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


La croissance en Europe sera finalement tirée par celle des pays émergents, mais avec une inflation trop forte du fait des dérapages monétaires,

Graphique 3 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Telles sont les indications fournies par les marchés actuellement.

Donald Kohn, le copilote du bombardier furtif B-2 mené par Ben Bernanke, a déjà annoncé que la Fed se préparait à réagir rapidement à l’évolution de la situation (la Fed remontera ses taux plus tôt et plus rapidement que ce qu’anticipent les panurgistes).


Le bombardier furtif B-2 se joue des turbulences qui peuvent être fortes avec un baril de pétrole à $1,35 par exemple.


Les taux de l’Euribor continuent à être anormalement élevés avec le 1 an à 5 % alors que le taux de base de la BCE est de 4 %, ce qui montre que la situation des banques de la zone euro n’est pas entièrement assainie.


La structure des taux du Libor en US$ est normale, confirmant l’anticipation de la remontée des autres taux.


La connaissance de ces problèmes alimente la spéculation gagnante, surtout en combinaison avec de bonnes analyses financières et techniques…

***

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S
Le rapport de la commission Croissance et développement, met fortement en cause le fameux et très libéral « Consensus de Washington ».<br /> <br /> Lancé en Avril 2006, la commission se compose de 21 experts, anciens chefs d’Etats, de gouvernements, de ministres des finances et directeurs des banques centrales, majoritairement des pays en voie de développement, comme par exemple l’ancien ministre des finances turque, administrateur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Kemal Davis ; l’ancien président du Mexique, Ernesto Zedillo ; le gouverneur actuel de la banque de Chine, Zhou Xiaochuanou encore le Dr Boediono, gouverneur de la banque centrale d’Indonésie, parmi d’autres.<br /> <br /> On aurait bien du mal de soupçonner la commission d’altermondialisme irresponsable, puisqu’elle est présidée par un libéral orthodoxe, le prix Nobel Michael Spencer, ancien doyen de la Stanford Graduate Business School et Danny Leipziger, vice-président de la Banque mondiale. Parmi les autres membres étasunien, signalons Robert Rubin, ancien secrétaire au Trésor sous Clinton et président de la plus grande banque privée du monde, Citigroup, ainsi que le Robert Solow, un autre Nobel et professeur au MIT.<br /> <br /> Selon le Monde, le rapport de la commission « sonne la fin du tout-libéralisme en vogue depuis la fin du XXe siècle en matière de politiques de développement économique.Elle annonce un nouveau consensus pour une mondialisation moins sauvage ».<br /> <br /> Appuyée par la Banque mondiale, la commission s’est intéressée à comprendre pourquoi et comment treize pays (Botswana, Brésil, China, Hongkong, Indonésie, Japon, Corée du sud, Malaysia, Malta, Oman, Singapore, Taiwan et Thaïlande) ont pu afficher pendant au moins vingt-cinq ans des chiffres de croissance annuelle d’au moins 7% !<br /> <br /> La commission constate que les politiques de ces pays vont tous à l’encontre du « Consensus de Washington », cette théorie, écrit Le Monde, « adoptée par les institutions internationales et élaborée par l’économiste John Williamson à la fin des années 1980, et qui prônait la réduction des déficits, des impôts et des dépenses publiques, l’accélération des privatisations et des déréglementations. »<br /> <br /> Le rapport est très explicite : « La principale de nos conclusions est que la croissance indispensable pour faire reculer la pauvreté et assurer un développement durable réclame un Etat fort », affirme Kemal Dervis.<br /> <br /> Rester ouvert sur le commerce international reste nécessaire mais « les orthodoxies ont leurs limites » puisque « plus l’économie croît, plus une administration publique active et pragmatique a un rôle crucial à jouer », ce qui implique « une planification à long terme ».
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C
<br /> cf mon billet sur le socialisme du XXI° siècle<br /> <br /> <br />
N
Sur l'Euribor, le problème n'est d'ailleurs pas que bancaire : les banques manquent de cash car les trésoreries (donc les dépôts) des entreprises sont au plus bas (voir communiqué Coface du jour).
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C
<br /> Oui, et confirmation par 2 autres études : de la BdF et de l'Insee<br /> <br /> <br />