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2 600 milliards !

 

2 600 milliards !

 

Le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke,  veut que la Fed rachète une masse considérable de bons du Trésor : pour 500 milliards de dollars dans un premier temps, pouvant aller jusqu’à 1 700 milliards voire davantage de façon à les remettre en circulation dans le circuit économique pour faire repartir la croissance du PIB sous prétexte qu’il craint que l’Amérique tombe en déflation.

C’est une très grave erreur.

La croissance du PIB est en fait limitée par l’hypertrophie du seul agrégat M2-M1, c’est-à-dire par l’épargne des Américains qui est beaucoup trop élevée : elle représente 49 % du PIB alors que la moyenne historique fluctue autour de 40 %,

2010.10.22.8.M3GDP.gif

Cliquer ici pour agrandir le graphique.

Comme les revenus des Américains augmentent et que le système financier s’est perfectionné depuis un demi-siècle, cette part de l’épargne aurait dû continuer à baisser, comme dans les années 90 (elle est tombée à 32 % du PIB au 1° trimestre 1995).

M2-M1 devrait se monter au grand maximum à 30 % du PIB (14 578,7 milliards), c’est-à-dire à 4 400 milliards de dollars environ contre près de 7 000 milliards actuellement.

2 600 milliards de dollars se trouvent donc stérilisés dans les coffres des caisses d’épargne aux Etats-Unis alors qu’ils devraient circuler dans le circuit économique.

Ce bon vieux Greenspan avait bien raison d’inciter les Américains à dépenser leurs dollars après avoir provoqué une crise car il faut que l’épargne baisse pour que la croissance du PIB augmente !

***

Il s’agit là tout simplement d’un aspect de la théorie quantitative de la monnaie qui s’exprime de la façon suivante : la croissance du PIB dépend de la vitesse de circulation de la monnaie (V).

V = PIB / M(3)

Plus la vitesse de circulation de la monnaie (V) est élevée (c’est-à-dire plus la masse monétaire baisse), plus la croissance du PIB est élevée, et inversement.

Pour ma part, je ne formule pas cette loi sous cette forme, mais sous son inverse en prenant en considération l’inverse de V, à savoir le rapport M / PIB.

Comme B-2 a fait supprimer la publication des chiffres de M3, c’est l’agrégat M2-M1 qui est significatif : plus l’épargne (M2-M1) baisse, plus la croissance est élevée, car les Américains baissent leur épargne pour dépenser la plupart de leurs dollars disponibles, la demande faisant repartir l’offre, la croissance du PIB augmente.

La tête d’enterrement de B-2 qui n’arrête pas de se lamenter sur la faiblesse de la croissance du PIB a des effets déflationnistes certains et très dangereux.

Malheureusement, il n’est pas certain que les Républicains ayant regagné du pouvoir aux prochaines élections aient la possibilité de faire tomber la tête de B-2.

Autre aspect de ce problème : ce ne sont pas les excédents des balances commerciales des pays asiatiques qui ont un effet déflationniste, mais la politique menée par les gens de la Fed.

B-2, parmi d’autres, a fort justement bien vu que la crise des années 30 aurait été provoquée par la stérilisation d’une grande partie de la masse monétaire mondiale par la France qui a accumulé des réserves considérables d’or, retirant ainsi une quantité très importante d’argent qui aurait dû être en circulation.

Paradoxalement, c’est son attitude et ses décisions qui sont en train de provoquer (ou de prolonger) une crise qui peut prendre une grande importance : en ne faisant pas circuler l’argent, les gens de la Fed entretiennent une croissance faible qui peut dégénérer en déflation.

Comme les pays émergents sont en pleine croissance (qui est inflationniste), la crise n’est pas mondiale mais elle touche d’abord et surtout les Américains… qui ont eu le plus grand tort de voter pour les Démocrates !

C’est simple, tout est simple…

***

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<br /> Ceci dit une inflation legerement faiblarde (1%) n'est elle pas idéale pour les cours boursier (un peu comme dans les années 1990) ?<br /> <br /> <br />
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