Les membres du FOMC de la Fed ont décidé le 18 décembre de diminuer (modestement) de 10 milliards de dollars leurs achats mensuels de titres à partir du mois de janvier : 75 milliards contre 85 auparavant.
Cette décision attendue n’aurait pas dû avoir de conséquences importantes car d’une part, la modification de la politique monétaire sur ce point est très faible et d’autre part, ces achats ne jouaient objectivement qu’un rôle relativement mineur.
En effet, en rachetant des titres (non risqués) à partir des dépôts (des réserves) des banques auprès de la Fed, la banque centrale ne fait que faire circuler de l’argent (sans création monétaire) qui, sans son action, aurait été stérilisé, ce qui aurait pu contribuer à prolonger une reprise faible.
Un rappel : la croissance est optimale quand l’argent circule, et inversement, lorsque de l’argent ne circule pas, une crise peut se produire, comme celle de 1929 (the Great Depression), cf. les publications du bombardier furtif B-2, Ben Bernanke, à ce sujet, et c’est ce qui se serait passé si les gens de la Fed n’avaient pas décidé de mener cette politique hors normes.
Or, cette modification graduelle de la politique monétaire de la Fed (tapering) a et aura des effets inattendus considérables : elle va créer de nouvelles turbulences et de nouvelles crises en 2014…
Les faiseurs de marchés auront mis un certain temps pour le comprendre et prendre position : les cours des actions ont fortement baissé la semaine dernière ainsi que les rendements des Notes à 10 ans qui risquent de ne pas rester dans la bande de 2,5-3,0 %,
Document 1 :

En fait, le plus important est l’évolution de l’écart entre les rendements des Notes à 10 ans et à 2 ans,
Document 2 :

Jusqu’à présent, la bande à B-2 a réussi à casser les cycles initiés précédemment par la Fed et ce bon vieux Greenspan : la reprise, après le plongeon de 2008-2009, a été contenue sans résurgence de l’inflation, et le tapering permet d’éviter une surchauffe (ce qui se serait passé avec un écart supérieur à 250 points de base),
Document 3 :

Les rendements des Treasuries jouent un rôle directeur sur les autres bons des Trésors,
Document 4 :

L’un des effets inattendus de ce tapering est de fragiliser les pays les plus vulnérables : les pays émergents et ces cochons de pays du Club Med : dès la première semaine (pleine) de 2014, les Gos banques franchouillardes ont recommencé à avoir de gros problèmes de trésorerie (dès le 7 janvier, cf. mes articles sur les Certificats de dépôt) et l’écart entre les rendements des mauvais bons du Trésor français par rapport à ceux du bon Bund a commencé à exploser (dès le 9 janvier) en passant de 22 % à 30 % le 24 janvier, dernier chiffre,
Document 5 :

Un rappel : les rendements des bons des Trésors de la zone euro jouent le rôle d’ersatz de monnaies nationales tant que cette monnaie unique contre nature perdure.
Certes, il y a eu pire…
Document 6 :

… mais un tsunami bancaire, c’est pervers : les prémices sont bien détectées par les éléphants qui sont de bons spéculateurs mais les effets sont dévastateurs pour ceux qui pensaient que la plage était belle…