Pétrole, riz et dysfonctionnements des marchés
Des marchés peuvent mal fonctionner et être sous l’influence de certains groupes de personnes pour atteindre des buts politiques dont certains aspects sont hautement condamnables. Ainsi en est-il des marchés du pétrole et du riz par exemple …
Les marchés du pétrole mettent en jeu des intérêts considérables et il est difficile de mettre en évidence certains de leurs dysfonctionnements car ils sont souvent opaques (beaucoup d’informations importantes sont occultées ou manipulées).
Les marchés du riz, plus simples et plus transparents sont plus faciles à analyser et leur problématique est la même.
Le riz est la principale nourriture quotidienne pour 4 milliards d’habitants dans le monde.
La production mondiale de riz se monte à 600 millions de tonnes par an en moyenne, soit, compte tenu des besoins en semences et autres, 2 kg par personne par semaine, plus de 100 kg par an. Elle correspond globalement à la demande.
Le marché mondial du riz évolue peu d’une année sur l’autre et il est équilibré.
Le riz est une céréale à très haut rendement, par surface et par riziculteur. Le prix (au kilo) est donc faible et de ce fait, il est généralement consommé près du lieu de production car le coût du transport est prohibitif.
Le prix du riz était donc fixé par les marchés locaux partout dans le monde depuis des millénaires, sauf pour des riz d’exportation comme par exemple le riz parfumé thaïlandais et le riz produit aux États-Unis car les excédents y sont considérables : 10 millions de tonnes par an en moyenne grâce à la très haute productivité des Américains dans ce domaine, comme dans d’autres.
Les exportateurs thaïlandais (quelques dizaines de personnes) fixaient chaque semaine leurs cours qui variaient peu d’une semaine à l’autre, le riz américain coté à la bourse de Chicago (représentant moins de 2 % du riz produit dans le monde) s’alignant sur ces prix.
Au cours actuel très élevé de 1 000 US$ la tonne, le marché coté américain du riz porte sur moins de 10 milliards US$ par an, ce qui est un petit marché marginal par rapport aux autres.
Il est donc très facile pour certaines personnes de faire monter le prix du riz coté aux États-Unis, et par propagation, de créer un désordre considérable dans un grand nombre de pays, et en particulier en Chine pour y accentuer l’inflation.
Pour lutter contre l’inflation, la banque centrale chinoise est obligée de relever ses taux de base (ce qu’elle refuse de faire pour l’instant), ce qui provoquera un ralentissement de la croissance du PIB en Chine et y accentuera encore le désordre.
L’inflation est un combat monétaire disait Jacques Le Bourva. Dans le cadre de leur stratégie du désordre, les Américains manipulent manifestement certains marchés, ceux du riz et aussi ceux du pétrole en utilisant divers moyens plus ou moins sophistiqués.
Le président de la banque centrale de Suisse rappelait récemment que, dans chaque pays, ce sont les dirigeants des bourses qui doivent organiser les marchés cotés de façon à ce qu’ils fonctionnent normalement (c’est à dire pour assurer l’optimum économique), en collaboration avec d’autres autorités, en particulier celles qui sont responsables de tous les marchés boursiers (la SEC aux États-Unis) et le ministère de la Justice.
Les banques centrales doivent surveiller l’ensemble du bon fonctionnement de l’ensemble du dispositif (les marchés et les organismes de contrôle). Elles n’ont pas à intervenir directement sur leur organisation, mais leurs dirigeants doivent faire en sorte que les parties concernées trouvent les bonnes solutions.
Comme le rappelait Alan Greenspan, la Fed doit défendre le leadership des États-Unis…
Elle laisse donc faire cette stratégie du désordre en y collaborant à sa manière.
Certains désordres sont difficilement supportables et admissibles. C’est aux victimes de ces désordres d’œuvrer d’une façon adéquate pour y remédier…
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