Sioux, le B-2 !
La politique monétaire menée par la Fed sous la présidence du bombardier furtif B-2 Ben Bernanke est particulièrement rusée et efficace…
En maintenant trop longtemps ses taux de base à un niveau trop bas (à 1, 2 ou 3 %), la Fed crée une reprise très forte de la croissance du PIB, ce qui est alors trop inflationniste, et en les maintenant trop longtemps trop haut (à 5 %) elle crée un ralentissement très important de la croissance du PIB, ce qui est déflationniste, le tout après un délai de 6 mois,
Graphique 1 :
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Les marchés de l’obligataire public anticipent très bien cette politique monétaire comme le montre l’évolution de l’écart entre les rendements des TBonds à 10 ans et des Notes à 2 ans,
Graphique 2 :
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Ce graphique se lit de la façon suivante : quand l’écart est élevé, les marchés anticipent une croissance forte à 6 mois, et inversement quand l’écart est faible (proche de zéro, voire négatif), les marchés anticipent une croissance à 6 mois faible, ou même négative.
L’écart entre les rendements des TBonds à 10 ans et des Notes à 2 ans a augmenté pour culminer le 18 mars 2008 à 200 points de base, ce qui signifie que les marchés anticipaient un pic de croissance 6 mois plus tard, fin septembre, et surtout au mois d’octobre 2008.
Pour lutter contre l’inflation créée par cette forte croissance, la Fed sera obligée de relever fortement son taux de base, ce qui ralentira la croissance du PIB par la suite : c’est ce que signifie la baisse de l’écart entre les rendements des TBonds à 10 ans et des Notes à 2 ans après le 18 mars.
Le problème pour B-2 est de prendre ces décisions au bon moment.
Avec la bonne vieille forteresse volante d’Alan Greenspan, les évolutions étaient lentes : la courbe de l’écart entre les rendements des TBonds à 10 ans et des Notes à 2 ans était rondouillarde, les pentes faibles. C’était pépère, peinard.
Avec B-2, tout va très vite, très fort : le sommet du 18 mars est un pic acéré. Les turbulences sont très importantes.
La pente du 2 ans est plus raide que celle du 10 ans et elle s’en rapproche,
Graphique 3 :
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Dans ces tendances lourdes s’inscrivent des fluctuations à court terme,
Graphique 4 :
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Dans la zone euro, tout est plus confus,
Graphique 5 :
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Cependant, l’écart entre les rendements du Bund à 10 ans et du Schatz à 2 ans montre des tendances comparables à celles des États-Unis, mais anticipant des taux de croissance nettement plus faibles : à zéro même en ce moment,
Graphique 6 :
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La France et l’Allemagne évoluent en parallèle malgré quelques écarts qui sont finalement peu importants,
Graphique 7 :
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Ces analyses simples sont très performantes car elles indiquent clairement les variations de l’activité économique plus de 6 mois à l’avance : après le pic de croissance en octobre viendra brusquement une période de ralentissement déflationniste.
Cependant, comme l’économie américaine est très forte, et dopée par la croissance dans les pays émergents, le pic de croissance inflationniste peut se prolonger si B-2 intervient trop tard, ce qui est peu probable.
Les turbulences sont et seront très importantes mais ces analyses permettent de les anticiper, ce qui alimente la spéculation gagnante car elle est en opposition avec l’opinion panurgiste dominante.
Les honorables lectrices et lecteurs de mon blog disposent avec ce billet et le précédent des instruments d’analyse et de prédiction les plus performants…
J’ai maintenu presque seul contre tous que le ralentissement hivernal n’était pas une crise : la croissance du PIB aux États-Unis a été de 2,5 % au 1° trimestre, d’une année sur l’autre !
La crise du subprime a été une crise importante pour un certain nombre de banques qui ont fait des opérations aventureuses sur les marchés des futures, les prix de l’énergie sont élevés mais ils ont des conséquences quand même limitées, surtout aux États-Unis, les grandes tendances lourdes sont celles qui se trouvent tout simplement dans les variations des agrégats monétaires et dans celles des taux de base.
L’argent sain est le premier pilier de tout Reaganomic…
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