Bon, alors ?
Il ne s’est toujours rien passé sur le plan militaire au Moyen-Orient pour le moment.
Les marchés anticipaient logiquement une forte croissance à partir du 18 mars 2008 mais les indices actions ont plongé à partir du 19 mai car ils ont intégré l’information selon laquelle W. a donné son accord à une intervention militaire en Iran lors de son séjour en Israël à la mi-mai.
Cette information peut être juste ou peut ne pas correspondre à la réalité.
Ehud Olmert et les Américains affirment maintenant qu’ils n’ont pas pris cette décision.
De toutes façons, la chute des indices actions est considérable : le Wilshire 5000 est revenu en dessous de 10 000, c’est à dire à son niveau d’octobre 1999, il y a 10 ans !
Le problème est que le plongeon des indices actions a des effets dévastateurs car beaucoup d’établissements financiers (des banques et des compagnies d’assurance), anticipant la reprise, ont pris des positions qui sont maintenant perdantes et ils sont obligés de vendre en catastrophe, ce qui accentue la baisse des indices.
Pire : toutes les décisions prises par les autorités politiques et économiques depuis ces derniers mois sont mauvaises et accentuent les problèmes au lieu de les résoudre.
Ainsi, W. n’a pas toujours pas donné son accord à une intervention militaire, soit parce qu’il ne l’a jamais donné, soit parce qu’il a reculé devant le risque (ce qui a fait plonger les indices actions et accentue les désordres).
Les banques centrales ont baissé leur taux de base, ce qui n’a objectivement aucun effet positif ni même psychologique dans la mesure où les ventes forcées continuent et elles s’accentueront à cause du laxisme des autorités comptables et de surveillance des marchés (la SEC autorise les ventes à découvert et le FASB tolère plus ou moins le non-enregistrement de certains produits financiers à la juste valeur du marché).
Henry Paulson a lancé un plan (pour un montant démesuré de $700 milliards !) qui ne résout pas les problèmes car il repose sur une reprise des marchés actions pour revaloriser les produits dérivés qui ont actuellement perdu toute valeur.
Tous les plans de sauvetage mis en œuvre ne font qu’augmenter les charges de l’État, c’est à dire le taux des prélèvements obligatoires, ce qui va mécaniquement faire baisser la croissance du PIB.
Toutes les propositions de réformes vont dans le même sens : moins de libéralisme, plus de régulation par les États, alors qu’il faut faire exactement le contraire !
Tout allait encore bien jusqu’au 15 septembre car les Américains continuaient à dépenser leurs dollars, mais tout a changé depuis cette date, ce qui va provoquer une baisse de la croissance.
Le retournement est historique !
Ce n’est pas la crise, pire que celle de 1929 (ouaf, ouaf !) car l’argent est sain et les fondamentaux sont excellents aux États-Unis.
Ce sera une croissance faible : après 2 % au 3° trimestre (d’une année sur l’autre), autour de 1 % pour les trimestres suivants alors que la reprise s’annonçait très forte.
Ce sera pire dans la Vieille Europe et en particulier en France où la croissance sera nulle, voire négative (d’une année sur l’autre).
Tout le monde sera content : les Américains vont élire Barack Obama pour le plus grand bonheur de tous les adversaires de l’Amérique et du capitalisme libéral.
C’est le triomphe de Schumpeter qui prédisait la fin du capitalisme libéral, à terme miné par l’ennemi intérieur (la gauche plurielle, celle des médias) et attaqué par un ennemi extérieur (les Musulmans).
C’est une lente glissade sur la pente du socialisme du XXI° siècle.
Reagan avait jadis redressé les États-Unis. Il faudra attendre son successeur un certain temps.
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Si W. décide d’autoriser une action militaire en Iran, les marchés repartiront très vite et très fortement car une masse considérable de capitaux est en attente sur l’obligataire court.
Dans le cas contraire, les marchés resteront pourris tant qu’il restera des cadavres dans les placards des établissements financiers qui ont investi imprudemment dans certains produits dérivés.
Le redressement sera lent et heurté.
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