Délires, règles et réalités
Délires et démesure règnent dans tous les médias et dans les déclarations de beaucoup de gouvernements et d’établissements à propos des désordres sur les marchés financiers.
Un petit rappel de règles élémentaires s’impose pour apprécier correctement les réalités…
Des établissements financiers (banques et assureurs) ont fait des opérations à découvert (perdantes sur des produits dérivés) pour des montants considérables qui dépassent largement les limites des règles en vigueur, surtout aux États-Unis et ailleurs (en Europe).
Les pertes sont parfois colossales et ces établissements ont été obligés de vendre en catastrophe des actions, ce qui a fait plonger les indices boursiers.
Des gouvernements ont pris des mesures en engageant des sommes gigantesques (€1 500 milliards en Europe !) pour leur venir en aide car le système bancaire dans son ensemble est devenu subitement très vulnérable.
Paul Vreymans, un des économistes de Work For All signale des études très instructives d’économistes belges, en particulier de Paul De Grauwe du Centre for European Policy Studies qui montrent que des banques ne respectent pas le ratio Tier 1 avec des dettes qui dépassaient largement les capitaux propres au 30 juin dernier : 61 fois pour Barclays, 53 pour Deutsche Bank, 47 pour UBS, 49 pour ING, 36 pour BNP, 33 pour Fortis, 20 pour HSBC, 19 pour RBS.
Effectivement, BNP Paribas publie au 30 juin un endettement total de €1 761 milliards pour €56 milliards de capitaux propres, ce qui est très loin du ratio Tier 1, chiffre qui n’est d’ailleurs jamais mentionné dans les documents de la banque !
Le plan du gouvernement français annoncé le lundi 13 octobre ne devrait pas engager de dépenses publiques si les établissements français ne sont pas en difficulté, sinon il aura des conséquences dramatiques car il engage l’État, c’est à dire les contribuables, à hauteur de €360 milliards !
Euh… Les acrobaties des Pieds Nickelés de la BNP sont un peu inquiétantes.
Les dirigeants des établissements financiers européens viennent d’obtenir des autorités dites compétentes d’officialiser le non-respect de la règle de l’enregistrement des produits dérivés à leur juste valeur du marché pour les exercices clos au… 30 septembre 2008 !
Ils ont inventé la spéculation jamais perdante : en cas de gains, ils enregistrent les plus values, en cas de pertes, ils ne les enregistrent pas car ils comptabilisent ces produits à leur valeur d’acquisition !
En Suisse, les règles sont et ont été respectées et les établissements financiers (les banques privées) n’ont pas réalisé de pertes notables sur les opérations effectuées sur la bourse de Zurich.
Pour le reste, lire mes billets antérieurs.
Cliquer ici pour accéder au site du Centre for European Policy Studies.
Cliquer ici pour accéder au site de Work For All.
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