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Les Tricheurs et les éternels perdants

Les Tricheurs et les éternels perdants


Lundi 16 février, jour férié aux États-Unis. Normalement, il n’aurait rien dû se produire ce jour là sur les marchés en l’absence des Américains, mais les rendements des bons des Trésors euro-zonards ont évolué d’une façon très intéressante : le Schatz à 2 ans est tombé à un plus bas historique de 1,221 % (en fin de séance), le Bund à 10 ans revenant très bas à 3,040 %, ce qui signifie qu’en l’absence des Américains, les heureux Euro-zonards achètent des bons de leurs chers Trésors en étant persuadés qu’ils font ainsi une bonne affaire,

Graphique 1 :

 

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En l’absence des gérants américains, comme l’offre est réduite, les prix des contrats augmentent avec la demande et les rendements baissent.


Quand les Américains sont présents sur les marchés, ils vendent les bons des Trésors euro-zonards qu’ils possèdent encore, l’offre répondant à la demande, les rendements évoluent peu, les marchés américains et euro-zonards convergent,

Graphique 2 :

 

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En fait, ce ne sont pas les banques centrales de la zone euro qui rachètent des bons des Trésors euro-zonards mais les heureux Euro-zonards eux-mêmes car ils sont encore persuadés que les bons de leur cher Trésor sont un placement de père de famille, sûr, alors qu’ils n’ont plus du tout confiance dans les actions dont les cours ont plongé de 80 %, y compris pour les valeurs les plus solides comme Peugeot, BNP, la Générale et tant d’autres,

Graphique 3 :

 

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Malheureusement pour les Euro-zonards, les rendements des Treasuries sont sur une tendance lourde haussière depuis la mi-décembre (grâce à la reprise qui s’annonce aux États-Unis), ce qui entraînera une augmentation des rendements des bons des Trésors euro-zonards d’autant plus forte que la confiance dans la solidité des dettes souveraines de ces États s’affaiblira encore du fait de leurs mauvais fondamentaux (surendettement des États et des banques),

Graphique 4 :

 

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Les rendements des Treasuries sont en train de rejoindre leur bande normale de fluctuation dans les 4 %,

Graphique 5 :

 

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Les marchés des bons des Trésors euro-zonards sont donc sous l’influence contradictoire des moutons de Panurge qui ne voient pas plus loin que le bout de leur museau et des éléphants, les bons spéculateurs qui voient venir de loin les tsunamis : l’écart entre les rendements des bons à 10 ans des Trésors français et allemands est brusquement remonté à 17,5 % lundi 16,

Graphique 6 :

 

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… et l’écart est de 50,7 % pour les bons italiens,

Graphique 7 :

 

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Les rendements des bons des Trésors euro-zonards sont maintenus à un bas niveau grâce au maintien des taux de base de la BCE à un niveau trop élevé, supérieur à ceux de la Fed.


Cette situation ne pourra pas durer : la BCE sera obligée de baisser ses taux et la Fed remontera les siens avec la reprise de la croissance aux États-Unis (les rendements des Bills à 3 mois sont déjà supérieurs au plafond de la bande de fluctuation de 0,25 %).


La baisse de l’euro par rapport au US$ en est une anticipation.


Le manque de culture monétariste alimente les investissements perdants.

***

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Y
Je rajoute également à mon commentaire précédent qu'il est absolument nécessaire que l'argent reflue des treasuries vers les actions, car la consommation en dépend largement. Les retraités et les classes moyennes qui ont des fonds placés en actions, ne retrouveront le chemin des magasins et de la consommation que lorsqu'ils auront repris confiance dans l'avenir. Aux usa plus qu'ailleurs, le baromètre de cette confiance est le S&P 500. S'il reste bas, les consommateurs resteront frileux et déprimés. Si le S&P 500 se mettait maintenant à remonter, l'espoir renaîtrait et la consommation repartirait en flèche. Encore une fois, c'est la chute du S&P500 qui a provoqué la récession au Q4 2008... et non l'inverse (ce que les gens de la Fed ont bien compris).
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Y
Juste pour prendre la défense de JPC et notamment sur ses prévisions liées au Q4 2008.<br /> <br /> Les agrégats d'avril à mai 2008 donnaient en effet à penser que la reprise se ferait fin 2008, début 2009. En tout cas sur le plan purement statistique et à la lecture des données avancées, tout allait dans cette direction. <br /> <br /> Or, je partage tout à fait son analyse qu'un certain nombre d'évènements "extérieurs" ont provoqué la chute des marchés en septembre . Cette chute a entrainé en cascade les banques qui avaient spéculé sur la reprise (à juste titre). Un grand nombre d'acteurs de la planète finance ont été pris à contre-pied. Or, cette chute des marchés à fait éclater la bulle des dérivés et a ensuite provoqué la faillite des banques qui étaient déjà exposées aux subprimes. <br /> <br /> Vous aurez remarqué aussi que le baril de crude a commencé à plonger au milieu des JO, bien avant la chute des indices boursiers. Ce fameux baril de pétrole qui devait atteindre selon Goldman Sachs 200 $ avant fin 2008.<br /> <br /> Les mouvements financiers du mois d'août et de septembre ont provoqué cette panique PUIS l'entrée en récession des USA et du reste du monde. Et non l'inverse.<br /> <br /> Oui tout cela n'est pas logique. Et c'est pour cette raison que précisément les plus grand noms de la finance ont plongé, sans oublier certains états (Islande, émirats, Russie, Ukraine, GB..) <br /> <br /> Nous avons assisté, je pense, à une manœuvre extraordinaire, pour ne pas dire une guerre monétaire d'un genre nouveau. Bien peu l'ont compris et JPC fait partie de ce petit nombre.<br /> <br /> Voilà pour le passé (et même si je n'étais pas 100% d'accord avec ses analyses, j'ai dans l'ensemble bien recoupé les miennes avec les siennes). Pour le futur je suis, comme lui, convaincu que le mouvement sur les treasuries est à étudier attentivement.<br /> Je diverge un peu sur son analyse à ce point près que la Fed a lancé le mouvement (suivi en Europe) de rachat des treasuries pour éviter un krach obligataire (cf minutes du conference board de décembre et janvier). La Fed rachète donc les obligations pour conserver un taux de refinancement faible des emprunts d'états, mais aussi pour éviter un séisme qui aurait pour conséquence de faire refluer l'argent vers les commodities et le pétrole), avec à la clé un impact inflationniste sans croissance du PIB. Ainsi, je pense que le jeu est parfaitement maitrisé en ce moment. L'argent doit revenir sur les stocks markets et non sur les matières premières. Ce d'autant que la partie d'échec avec le trio Iran-Chine-Russie est loin d'être terminée. Le pétrole dans les $30's inflige des dommages colossaux à l'Iran et à la Russsie. Et c'est justement là le coeur des enjeux de la partie en cours : faire plier les Russes et les Mollahs sur la question de l'accès à la mer caspienne par les majors américaine. L'administration d'O. poursuit la partie que W. a commencé. L'Amérique doit sécuriser son accès au pétrole qui transite par cette zone (en plus d'un accès aux réserves iraniennes). <br /> <br /> Le pétrole cher a été une arme pour affaiblir la Chine pendant son programme de construction pharaonique pré-JO. Le pétrole faible est une arme de d'affaiblissement des Chavez, des mollahs et des oligarques du KGB.<br /> <br /> Je pense que nous allons encore avoir des turbulences jusqu'à ce nous voyions plus clair de ce coté là de l'échiquier.
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Z
Autant je peux partager la pertinence de certaines analyses, autant je souhaite apporter un démenti vigoureux à certains commentaires.<br /> Oui, JPC se trompe (parfois) !<br /> La reprise aux US au 4àme trimestre (devant favoriser l'élection de Mc Cain), la prochaine guerre contre l'Iran ont été annoncés par JPC en 2008 sur la base d'analyse des mouvements d'agrégats monétaires.<br /> Le résultat à postériori, c'est que des mouvements infimes sont susceptibles de produire des effets diamétralement opposés et en aucun cas une tendance de fond : je reste très dubitatif quant à ce genre de démonstration...<br /> Je suis beaucoup plus sensible au phénomène à tendance lourde et maintenu dans le temps qui est l'écart entre les bons du Trésor Italien et Français avec les bons Allemands, mais je pense que ce seul indicateur ne peut être pris en compte pour mesurer les risques d'éclatement de l'Euro....
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D
reponse a blot :<br /> <br /> parce que JPC lit dans les agregats monetaires ! certes en france, on prefere lire dans la boule de cristal, mais je dois reconnaitre que depuis le temps que je suis ses previsions, il ne s'est jamais trompe !<br /> <br /> et surtout, il sait tres bien prevoir les retournements de tendance, qui sont le fait d'elements exterieurs qu'on ne peut pas prevoir, du style une guerre en iran ...<br /> <br /> donc faire confiance... finalement je suis un mouton de panurge, mais l'essentiel est de suivre un bon maitre, nest ce pas ? et au contact du maitre, je deviens un elephant ! cqfd !
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B
O.K pour toutes vos analyses mais pourquoi etes vous si sur d' une reprise si rapide aux U.S.A? Je suis un mouton de panurge, enfin grace à vous je deviendrai peut etre un éléphant, enfin je ne vois aucun signe d' amélioration de l' activité américaine.
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