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France : bilan par l’Insee

France : bilan par l’Insee


L’Insee vient de publier une sorte de bilan de la France comme on peut le faire avec une entreprise, avec d’une part les actifs évalués avec des précisions curieuses incluant en particulier la valeur des routes gérées par les communes, les départements et les régions comme si ces biens avaient une valeur de marché (seuls des libertariens seraient assez fous pour en acheter !).


L’Insee précise que le prix des terrains (€3 717 milliards globalement) est supérieur au prix des logements (€2 921 milliards) !


En effet, comme les terrains constructibles sont rares (du fait des réglementations), ils sont chers.


Ainsi, la richesse attribuée aux Français dépend de la rareté et non pas de la création de… richesses, c’est à dire de produits issus d’un travail.


Créer de la rareté, ce n’est pas créer de la richesse ! C’est créer une richesse illusoire.


Le prix moyen d’une maison type en France est de €225 500 fin 2008 contre $169 900 aux États-Unis où les prix des terrains sont faibles car les administrations construisent des autoroutes, des routes et des rues pour desservir des terrains librement constructibles en abondance, donc peu chers.


Les Américains qui trouvent que les prix de l’immobilier à New York sont trop élevés cherchent et trouvent du travail et un logement ailleurs (dans les États du Sud).


La baisse récente des prix de l’immobilier rend plus abordable l’achat d’une maison aux États-Unis : avec un revenu annuel type de $59 821 (d’après des informations reprises par Mark J. Perry), une famille américaine doit consacrer 2,8 années de revenus pour acheter un logement contre 5 ans environ pour les Français.


D’autre part, l’Insee reprend au passif la dette de l’État selon les critères de Maastricht, c’est à dire sans y incorporer les engagements de retraite qui sont considérables : Michel Pébereau les évaluait (en utilisant les règles comptables ordinaires) à €4 500 milliards fin 2004, soit 3 fois le PIB (chiffres confirmés par les économistes de Work For All et ceux de la banque ABN Amro), Charles Gave les évaluant à 4 fois le PIB fin 2008.


Depuis 2008, on sait que ce qui était inenvisageable est possible (même Jean-Claude Le Tricheur l’a compris !).


Pour l’instant le tsunami des retraites ne s’est pas produit, seuls des dysfonctionnements graves sont observables (avec l’hypertrophie de la masse monétaire, ce qui conduit à une mauvaise allocation des capitaux, donc à une croissance inférieure à son potentiel optimal).


Cliquer ici pour lire le document de l’Insee et cliquer ici pour accéder au blog Carpe Diem de Mark J. Perry contenant (entre autres) des informations très instructives sur l’immobilier américain (merci à l’honorable lecteur de mon blog de m’avoir signalé un jour ce blog très intéressant).

***

 

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L
ah j'oubliais portez vous très bien et grand merci pour votre soutien appuyé...:-)))
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L
Bonsoir, merci ce nouveau très bon billet riche de beaucoup d'idées développées...j'ai été particulièrement sensible a celle ci :<br /> <br /> "L’Insee précise que le prix des terrains (€3 717 milliards globalement) est supérieur au prix des logements (€2 921 milliards) ! <br /> En effet, comme les terrains constructibles sont rares (du fait des réglementations), ils sont chers."<br /> Ainsi, la richesse attribuée aux Français dépend de la rareté et non pas de la création de… richesses, c’est à dire de produits issus d’un travail. <br /> Créer de la rareté, ce n’est pas créer de la richesse ! C’est créer une richesse illusoire<br /> <br /> Cela me rappelle exactement certains coins de Dordogne ou des fermes traditionnelles françaises entourées de quelques vignes côtoient riches demeures et infrastructures de loisirs posées la par quelques Anglo-Saxons venues continuer la guerre économique de 100 ans...On est bien la confronté d’une part a la pseudo richesse de ces fermes dans l'incapacité de se développer mais qui croient encore a la valeur tangible de la terre et d’autre part a la richesse réelle en recherche d'investissement et donc potentiellement prompt a créer du développement...Et tout ceci dans exactement la même configuration topographique...Josick sera content il tient la l’illustration parfaite de sa métaphore du laboureur confronté a l’amateur de prairies pastorales…<br /> Si l’on continue la métaphore on peut faire exactement le même parallèle entre la France et la suisse….et la j’avoue que votre billet prend la tout son relief…<br /> En complément la lecture des 2 petites choses qui suivent permet un moment plutôt savoureux :<br /> «Un amas de règles compliquées»<br /> Par Propos recueillis par Sylvain Besson le temps 18/3/09<br /> Les économistes Pierre Cahuc et André Zylberberg ont analysé les réformes réalisées par Nicolas Sarkozy depuis 2007. Verdict dévastateur<br /> Le Temps: Dans votre livre*, vous affirmez que le statu quo aurait été préférable aux réformes faites depuis deux ans, par exemple <br /> celle des heures supplémentaires. En quoi est-elle révélatrice?<br /> André Zylberberg (A. Z.): Avant <br /> la loi, en 2006, environ 40% des heures supplémentaires n’étaient pas déclarées et payées sous forme de primes, parce que le système était contraignant. Du moment que c’est devenu intéressant fiscalement, elles ont augmenté d’environ 40% – mais sans aucun effet sur le niveau global d’activité.<br /> Pierre Cahuc (P. C.): Si l’employeur et le salarié s’entendent pour déclarer des heures supplémentaires afin de payer moins d’impôts, l’administration a très peu de moyens de déterminer si ces heures ont été faites ou pas. Les conseillers de Nicolas Sarkozy sont conscients du problème, mais pour eux, c’est un symbole, celui du «travailler plus pour gagner plus». Ce qui prime, dans la méthode Sarkozy, c’est de faire passer le message politique, comme si les agents économiques allaient se plier à sa volonté. Au fond, c’est la même idéologie, très française, que celle des 35 heures qui prétendaient «partager le travail pour réduire le chômage».<br /> – Mais au moins, cette réforme <br /> a permis d’alléger la fiscalité pesant sur le travail…<br /> P. C.: Oui, mais ce sont des rentrées fiscales en moins qu’il va falloir financer en taxant, d’une manière ou d’une autre, les heures normales, ce qui est défavorable à l’emploi. Pour baisser de manière pérenne la pression fiscale, il faudrait réduire les dépenses. Or ce n’est pas le cas. On va donc augmenter encore <br /> le déficit public.<br /> <br /> A. Z.: Et l’on estime que cette réforme coûtera, à terme, quelque 6 milliards d’euros par an, soit l’équivalent du RMI [le revenu minimum d’insertion, soit plus <br /> de 9 milliards de francs]. <br /> – Autre «réussite» revendiquée par le pouvoir: les régimes spéciaux de retraites des cheminots. En quoi est-ce une mauvaise réforme?<br /> P. C.: Ce qui nous a frappé, c’est que la grève contre cette réforme [à l’automne 2007] ait seulement duré neuf jours – contre trois semaines en 1995 – et qu’aucun document n’ait été publié sur ce qu’elle coûterait. A l’origine, on en attendait, à terme, quelque 3milliards d’euros d’économie par an. Mais en contrepartie de l’allongement de la durée des cotisations, le gouvernement a donné toutes sortes d’avantages: hausse des salaires, intégration des primes dans le calcul des pensions, alignement des hommes sur le régime des femmes qui ont eu un enfant, etc. On a créé un nouveau régime spécial, qui coûte plus cher que l’ancien.<br /> A. Z.: Selon les chiffres transmis par la SNCF, cette réforme coûtera 500 millions d’euros supplémentaires par an [près de 770 millions de francs]. Mais l’essentiel était d’avoir quelque chose à afficher, n’importe comment. C’est comme pour les taxis parisiens: il y a un an, le gouvernement avait promis 5000 voitures de plus dans les rues. Aujourd’hui, il n’y en a pas une seule.<br /> – Est-ce que des réformes seront encore possibles en France, <br /> après de telles supercheries?<br /> P. C.: Ce qui est très grave et qui nous rend très pessimistes, c’est que Nicolas Sarkozy joue avec l’opacité du système français, et l’accentue. Ses réformes ont créé un amas de règles très compliquées et mal faites, qui vont être sources de nouveaux dysfonctionnements et de nouvelles dépenses publiques. C’est la voie toute tracée vers la faillite de l’Etat providence. <br /> A. Z.: On parvient à réformer un pays par deux canaux: la démocratie sociale – les syndicats – ou la démocratie politique. Or en France, aucune des deux ne marche bien. Les syndicats représentent 8% des salariés, 5% des employés du privé, et dépendent à 80% de subventions publiques pour leur fonctionnement. Ils ne sont pas représentatifs. Il aurait fallu commencer par réformer cela, mais ça ne s’est pas fait.<br /> Quant au système politique, il souffre de l’énorme poids du localisme. Abolir le cumul des mandats permettrait de rendre les députés moins sensibles aux manifestations locales, comme un défilé de taxis devant leur mairie. <br /> *Pierre Cahuc et André Zylberberg, Les Réformes ratées du président Sarkozy, Ed. Flammarion, Paris, 2009.<br /> <br /> Et sur le même sujet et toujours par le journaliste suisse Sylvain Besson mais sur son blog<br /> <br /> http://letemps.blogs.com/paris/2009/03/les-r%C3%A9formes-pipeau-de-sarkozy.html
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