Overblog Tous les blogs Top blogs Marketing & Réseaux Sociaux Tous les blogs Marketing & Réseaux Sociaux
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Thank you ! (fluctuat nec mergitur)

Thank you ! (fluctuat nec mergitur)


En France, la dette publique augmente. Elle atteignait 1 327 milliards d’euros soit 68 % du PIB fin 2008 d’après l’Insee selon les critères de Maastricht c’est à dire sans les engagements de retraite qui se montent à 4 fois le PIB ! (d’après l’actualisation de Charles Gave de l’évaluation de Michel Pébereau confirmée par celle des économistes de Work For All et de la banque ABN Amro).


Les plans dits de relance (de l’activité économique) relancent en fait le déficit public qui sera en 2009 dans les 5 % du PIB et la dette publique représentera alors 75 % du PIB d’après l’Insee et le ministère des Finances (ce sont là des prédictions minimales).


Les déficits des balances augmentent : ceux des transactions courantes sur les biens seuls (60 milliards d’euros sur 12 mois) et sur le total incluant les services, ceux des investissements directs, cf. mes billets précédents.


Les réserves officielles en devises diminuent depuis 3 mois au moins. Elles sont minimales : 44 milliards d’euros seulement en mars alors qu’elles devraient correspondre au moins à 3 fois le montant des importations mensuelles totales qui sont de l’ordre de 60 milliards.


C’est de pire en pire mais ces déséquilibres peuvent continuer allègrement car ils sont en fait équilibrés globalement finalement …


Pour comprendre cette situation paradoxale, il faut se replacer dans le cadre conceptuel et dans la logique des gens de la Fed comme ce bon vieux Alan Greenspan.


En effet, la balance des paiements est nécessairement équilibrée (du fait de la comptabilité en partie double) par les dettes, la dette publique étant couverte en grande partie (65,6 % fin décembre 2008) par des apports de capitaux qui se trouvent hors de France.


Les marchés financiers sont maintenant largement ouverts et mondialisés (c’est là un point très important toujours rappelé par Alan Greenspan) si bien qu’une masse considérable de capitaux peut financer sans problèmes (et presque sans limites) les déficits de la maison France (les dettes publiques françaises n’ont plus à être financées nécessairement par les seuls Français !).


Ces capitaux internationaux apportent ainsi les devises nécessaires, la Banque de France et l’Agence France Trésor gérant la situation normalement et finement au jour le jour par des emprunts à court terme renouvelés selon les besoins.


Les taux d’intérêts des dettes françaises s’inscrivent dans le cadre des marchés mondiaux des dettes (ils sont élevés et ils vont augmenter du fait du retour de la croissance mondiale qui est inflationniste et du risque élevé sur la dette publique française qui dépasse les normes).


La dette publique peut donc doubler et se monter sans problèmes majeurs à 150 % du PIB (comme c’est le cas au Japon par exemple), ce qui laisse une marge importante d’augmentation.


Les dettes publiques augmentent partout dans le monde (l’offre des bons des Trésors explose avec les plans dits de relance) mais la masse des capitaux en attente de placements publics (la demande) est élevée car les placements en actions sont considérés comme trop risqués par beaucoup d’investisseurs.


L’offre répond à la demande, les marchés mondiaux sont équilibrés.


Dans tout ce dispositif, les déséquilibres qui apparaissent dans certains pays s’équilibrent globalement finalement, sans création monétaire (les excédents des uns financent les déficits des autres).


Les capitaux disponibles sont importants car ils sont le résultat de l’augmentation de la richesse dans le monde.


Comme tout argent gagné et épargné a pour vocation à être prêté, l’argent est sain.


C’est le premier pilier des Reaganomics.


Un grand merci donc aux marchés financiers et au capitalisme libéral mondialisé qui nous permet de surnager dans un océan de dettes sans sombrer mais il est évident que les pays qui dépassent les normes ne peuvent plus bénéficier d’une croissance du PIB proche de son potentiel optimal.


Le plus gros problème est finalement que ces problèmes financiers et monétaires sont mal compris par beaucoup de gens…

***


Cliquer ici pour accéder au site de l’Agence France Trésor (dette publique détenue par des non-résidents).

***

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
Cher Jean Pierre Chevallier, selon le pronostic qui se dégage de l’enquête de conjoncture mensuelle réalisée par le Wall Street Journal auprès de 54 économistes et publiée aujourd’hui sur son site internet, la récession américaine prendra fin en septembre (1). <br /> <br /> Je ne remets pas ici en doute vos prévisions, vos analyses passées ayant prouvées la véracité et de vos dires depuis déjà quelques années.<br /> <br /> Moins sérieusement, maintenant: Que montre l’indice du slip ? Comme le rappelle le journaliste Sam Stein, l’ex-président de la Réserve fédérale, Alan Greenspan, avait l’habitude de se fier à certains phénomènes de la vie ordinaire pour faire ses pronostics, dont les ventes des sous-vêtements masculins (2).<br /> <br /> Paraît-il qu’il n’y a rien de plus stable que les ventes des slips. Or quand celles-ci sont à la baisse, ne serait-ce que de 2,3% comme le prédit une étude pour l’année 2009, c’est le signe que la situation économique des hommes est critique et qu’elle le demeurera bien au-delà de septembre…<br /> <br /> (1)http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/etats-unis/200904/09/01-845312-la-recession-terminee-en-septembre-selon-des-analystes.php<br /> <br /> (2)http://www.huffingtonpost.com/2009/04/08/mens-underwear-sales-gree_n_184863.html
Répondre
Y
Changement de ton étonnant en effet, à moins qu'il ne s'agisse d'humour noir...<br /> Il faut rajouter à cette dette de 1.300 milliards, 5.400 milliards liés aux engagements de retraites (calcul Insee de 2006 , hypothèse basse) soit 6.700 milliards au total. Et pour être totalement comparable aux calculs américains du US Government accountability office (USGAO), il faudrait rajouter les engagements de santé... on dépasse alors aisément les 300 % de dettes / PIB.<br /> Je crois donc à une forme de cynisme.. a moins que votre compte n'ait été hacké !!!!
Répondre
C
<br /> ... Je vais faire une mise au point...<br /> <br /> <br />
D
Cher Monsieur,<br /> Je trouve le ton de votre billet assez étonnant - comme l'intervenant précédent - vu que vous nous annoncez le pire depuis des mois déjà... Quelle raison vous a poussé à changer votre fusil d'épaule?<br /> Par ailleurs, que pensez-vous du pronostic de certains d'un krach obligataire au niveau des états ?<br /> Merci par avance pour vos réponses.
Répondre
T
Personne s'est enrichi.<br /> La preuve, les banques s'enfoncent alors qu'elles bénéficient d'argent public. <br /> Lorsque la bulle sera à marée basse il ne restera plus qu'une seule cartouche, déjà en mouvement: la bulle obligataire.<br /> La portée et la durée de cette ultime bulle dépendront de deux facteurs antagonistes:<br /> - la nécessité pour la Chine de sortir du $, ce qui doit se faire au fil de l'eau, c'est-à-dire lentement<br /> - l'impossibilité de prêter à tout le monde en même temps: nations, entreprises et particuliers, surtout à ceux qui sont qualifiés d'enfer fiscal, et cela par contre va aller très vite.<br /> Le krach obligataire (au plus tard début 2010) mettra l'oligarchie financière devant une situation contraignante: déclencher la guerre (ils ne le peuvent plus, expansion de l'Otan ou pas) ou négocier.<br /> Ils négocieront donc. <br /> Ce sera le début de quelque chose mais seulement le début, strictement à l'inverse du dernier G20 qui marque la fin de quelque chose.
Répondre
F
Bonjour Monsieur CHEVALLIER,<br /> Tout comme l'auteur du commentaire précédent, je suis décontenancé par votre post de ce jour. Si comme vous l'imaginez la dette de la France peut sans souci monter à hauteur de 150% du PIB, les seuls intérêts représenteront au minimum 120 milliards d'euros par an soit 50% du budget de l'état et à ce niveau j'ai du mal à croire qu'il trouvera encore des inconscients pour le financer. En outre la comparaison avec le Japon ne tient pas une seconde car vous n'ignorez pas que leur taux de prélèvement dépasse à peine 25% ce qui leur laisse une marge considérable que nous n'avons plus en France.<br /> Bien cordialement,<br /> François
Répondre