40 ans de dérives
Il y a une quarantaine d’années, à la fin des années 60, les économistes étaient peu nombreux en France. Pour l’essentiel, les marxistes s’opposaient aux partisans du capitalisme libéral, avec quelques nuances dans chaque camp.
Jacques Rueff, l’un des économistes les plus libéraux, occupa les plus hautes fonctions au Trésor et à la Banque de France. Appelé par de Gaulle, il joua un rôle essentiel dans le rétablissement des fondamentaux de la France, dans le genre de ce que firent plus tard les Reaganomics aux Etats-Unis.
Avant d’être élu président de la République, Georges Pompidou discutait de l’opportunité de dévaluer le franc, ce qu’il fit en 1969 une fois élu.
Après, plus rien. 40 ans de dérives gauchisantes aboutissant à la généralisation du copier/coller, le stade suprême du panurgisme, l’initiative du premier jet revenant à un petit nombre de personnes de la nomenklatura (de gauche ou de droite, c’est bonnet blanc et blanc bonnet) manipulant les informations et l’opinion.
Maintenant, plus personne ne sait plus ce qu’est une balance des paiements ni ce que sont les différents types de déficits, et encore moins ce qu’est une monnaie, ses contraintes, ni ce que sont des agrégats monétaires et leur signification, et il en est de même dans d’autres pays, comme en Allemagne.
Aux Etats-Unis, un grand nombre d’économistes examinent les comptes, les statistiques. Les Américains s’inquiètent du fait que la Chine détienne pour plus de 900 milliards de dollars de leurs Treasuries (moins de 10 %) et que ses réserves en devises se montent à 3 000 milliards de dollars (US$).
Personne ne remarque que les réserves de la Buba sont à zéro alors que la balance commerciale de l’Allemagne présente des excédents annuels de l’ordre de 150 milliards d’euros, comme celle de la Chine.
Tous les Français informés partagent l’avis des gens du Trésor quand ils leurs disent qu’il est très positif que 70 % de la dette de l’Etat soit couverte par des étrangers, alors que cela augmente en fait la dette de la France vis-à-vis de l’étranger d’autant, ce qui est catastrophique car elle est de l’ordre de 1 000 milliards d’euros.
Au début de cette année 2011, il semble que les marchés aient bien fonctionné pendant une dizaine de jours et que les informations aient bien circulé : les cours des actions américaines ont monté, l’euro a baissé par rapport au dollar mais les tensions ont augmenté dans la zone euro qui a dû frôler l’effondrement.
La nomenklatura euro-zonarde a alors repris l’initiative rapidement : l’euro a été propulsé à des sommets, les écarts des rendements des bons à 10 ans de ces cochons de pays du Club Med par rapport au Bund sont retombés miraculeusement, la zone euro a surmonté cet obstacle, en attendant le prochain. Tous les marchés dans le monde en sont gravement perturbés.
En Suisse, le président de la banque centrale cite Milton Friedman pour justifier sa politique monétaire. C’est un autre monde !
Ces cochons de pays du Club Med se sont gavés pendant 10 ans des repas payés par les Allemands mais ça ne peut plus durer longtemps... "There is no such thing as a free lunch".
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