Le camarade Sergueï Glaziev (un apparatchik influent de la nomenklatura russe) a très bien compris que la liberté du commerce international permet de doper la croissance et donc la richesse des nations et de leurs habitants.
Son raisonnement repose pour l’essentiel sur l’observation de la réussite du Marché Commun (européen) qui a permis aux 6 pays initiateurs de ce projet de décoller après la guerre.
Il propose de reprendre les avantages du concept de ce marché commun pour l’Eurasie, c’est-à-dire pour l’ex URSS et pour ce qui reste de ses satellites, sans les inconvénients de l’appareil politique central ni de la monnaie unique, avec pour arrière-pensée de terrasser à terme le grand Satan (américain).
Pour cela, il a concocté un plan machiavélique qui est un nouvel avatar des fameux emprunts russes : les entreprises, les banques et l’Etat russe doivent emprunter des sommes considérables aux banques américaines, et, lors Grand Soir, déclarer qu’elles ne rembourseront jamais ces emprunts, ce qui mettra en faillite le système bancaire américain et assurera enfin la suprématie de l’Eurasie sur le monde !
Bien vu camarade Sergueï Glaziev ! … sauf que pour cela, il faudrait que les communistes russes puissent emprunter des dollars aux banques américaines !
C’est assez difficile. Il est même impossible pour l’Etat russe d’emprunter actuellement (une adjudication obligataire pour demain 5 mars a été annulée aujourd’hui).
De toute façon, les rendements des mauvais bons du Trésor russe à 10ans sont dans les 8 %, ce qui rend illusoire le plan du camarade Sergueï Glaziev.
Seuls les mécanos de la Générale sont assez… disons idiots, pour être gentil, pour avoir acquis 90% du capital de Rosbank de la deuxième banque russe (au niveau des réseaux) mais il est difficile de trouver pire qu’eux !
Le plan du camarade Sergueï Glaziev est a priori plus crédible que celui de Poutine qui s’acharne à aligner des centaines de chars face à ses adversaires potentiels.
Poutine n’a pas encore compris que la guerre est d’abord économique, financière, monétariste.
Il l’a perdue d’avance, mais les Russes se consolent avec de la vodka et à défaut avec du liquide lave-glace.