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B-2 : déclin ou tsunami européen

B-2 : déclin ou tsunami européen


Le bombardier furtif B-2 déclarait le 15 juillet 2008 (lors de son bisannuel Testimony devant le Sénat) qu’il prévoyait une croissance du PIB modérée jusqu’en 2010, inférieure à son potentiel optimal, en concordance avec le communiqué du FOMC du 25 juin, mais avec des incertitudes et des risques considérables…

Deux mois plus tard, ce fut l’effondrement financier historique !

Le bombardier furtif B-2 bombarde très fort et il est très furtif. Ses déclarations ne sont pas fiables. Des décisions importantes des gens de la Fed ne sont généralement pas communiquées.


Seuls comptent des faits constatables et certaines indications publiées incidemment.


Ainsi en est-il par exemple de la confirmation qu’il a apportée à des enquêtes en cours concernant un maquillage des comptes de la Grèce (et d’autres pays du Club Med) avec l’aide de Goldman Sachs.


La zone euro est basée sur un système de changes définitivement fixés alors que les pays membres ont des gains de productivité différents comme l’a fort bien analysé le docteur Bernard Trémeau.


Un tel système fermé ne peut conduire qu’à un désordre croissant et à une sortie mouvementée de certains pays comme cela a été le cas pour le Royaume-Uni en 1992 (avec le SME).


Milton Friedman a dit et répété qu’un choc mondial serait fatal à l’euro. Il s’est produit en 2008-2009 mais les autorités américaines et européennes ont fait en sorte que l’euro-système ne s’effondre pas à ce moment-là car les conséquences auraient alors été trop graves.


Il n’en est plus de même actuellement : la croissance du PIB est bien repartie aux Etats-Unis sur de bons fondamentaux.
L’économie américaine est donc suffisamment forte pour supporter le choc de gros désordres dans la zone euro.

Le moment est donc venu de porter l’estocade, avec en particulier un bombardier très furtif, ce qui aurait l’avantage de maintenir des taux bas pendant une période prolongée...


Tout est pourri dans la zone euro : M1 se montait à 4 550 milliards d’euros fin janvier (plus de la moitié du PIB, en augmentation de 12 % d’une année sur l’autre) contre 1 700 milliards de dollars aux Etats-Unis, révélant ainsi une hypertrophie considérable de la masse monétaire  qui provient de l’argent non gagné distribué massivement en particulier dans les pays du Club Med et recyclé en partie dans des banques allemandes.


Les engagements de retraite ne sont pas comptabilisés, en particulier en France.
S’ils l’étaient normalement, ce sont certainement toutes les entreprises qui se retrouveraient avec des capitaux propres négatifs.


Dans ces conditions, il est impossible d’envisager l’introduction de fonds de pension pour éponger les excédents monétaires en les transformant en valeurs mobilières (solution que j’avais retenue précédemment). La situation est devenue irrattrapable.


La communauté bancaire, financière et comptable française refuse toujours de faire la différence entre les capitaux propres et les dettes en mélangeant tout (cf. les titres subordonnés et les actions de préférence), ce qui fait que les grandes banques ont toutes des ratios d’endettement hors normes qui n’ont pas provoqué de faillites au cours des années précédentes car les tensions mondiales étaient faibles, ce qui n’est plus le cas maintenant.


Au mieux, la croissance du PIB est et sera plombée par ces mauvais fondamentaux.

Au pire, un tsunami peut se produire à tout moment.


Comme les éléphants, les bons spéculateurs qui sentent venir de loin un tsunami, quittent les marchés d’actions européens.


… et je suis toujours le seul à ma connaissance à aborder ainsi ce sujet, ce qui révèle le manque total de culture monétariste élémentaire en France.


L’argent sain
est pourtant le premier pilier des Reagaomics.

***

Deutsche Bank n’a toujours pas publié son bilan. Pourquoi ?

Les grandes banques allemandes ne veulent pas souscrire de nouveaux emprunts grecs, ni le gouvernement.


Les réserves en devises de la France ne représentent curieusement que 15 jours d’avance du montant des importations alors que la norme est de 3 mois (avec un déficit de la balance commerciale toujours très important). Pourquoi ? … sachant que le montant des dettes à court terme n’est pas publié…

***


Cliquer ici pour lire le communiqué du FOMC du 25 juin 2008. Extraits :

The substantial easing of monetary policy to date, combined with ongoing measures to foster market liquidity, should help to promote moderate growth over time.  Although downside risks to growth remain, they appear to have diminished somewhat, and the upside risks to inflation and inflation expectations have increased.  The Committee will continue to monitor economic and financial developments and will act as needed to promote sustainable economic growth and price stability.

 

Cliquer ici pour lire le bisannuel Testimony de B-2 devant le Sénat du 15 juillet 2008. Extraits :

In conjunction with the June FOMC meeting, Board members and Reserve Bank presidents prepared economic projections covering the years 2008 through 2010.  On balance, most FOMC participants expected that, over the remainder of this year, output would expand at a pace appreciably below its trend rate, primarily because of continued weakness in housing markets, elevated energy prices, and tight credit conditions.  Growth is projected to pick up gradually over the next two years as residential construction bottoms out and begins a slow recovery and as credit conditions gradually improve.  However, FOMC participants indicated that considerable uncertainty surrounded their outlook for economic growth and viewed the risks to their forecasts as skewed to the downside.


Cliquer ici pour lire le dernier article très instructif du docteur Bernard Trémeau.

***

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L
<br /> Voici des informations que j'ai trouvées. pouvez vous en congirmer la validité ? Si oui, comment expliquer une reprise de la croissance ?<br /> <br /> merci d'avance de vos réponses<br /> <br /> "Vous vous souvenez sans doute que la crise est née en 2007 au sein de l’immobilier américain. On ne parle plus beaucoup de l’immobilier résidentiel aux États-Unis, parce qu’il existe une nouvelle<br /> menace : celle de l’immobilier commercial qui point à l’horizon. Savez-vous qu’il y a en ce moment aux États-Unis, 35 banques dont plus de 30 % du montant des crédits est en défaut ? Il va sans<br /> dire que leurs jours sont comptés ! Il y en a aussi 140 dont plus de 20 % du montant des crédits est en défaut. C’est sûr qu’on reparlera d’elles. Et 683 dont plus de 10 % du montant des crédits<br /> est en défaut. Elles attendent toutes que les clients reviennent dans les centres commerciaux. Avec un taux de chômage officiel de près de 10 % et officieux de 20 %, et 8,4 millions d’emplois<br /> perdus depuis le début de la crise, il faut leur souhaiter bonne chance.<br /> <br /> On ne parle plus beaucoup de l’immobilier résidentiel américain et pourtant on devrait. Parce que tant que cette infection persiste, c’est l’Amérique toute entière qui continuera d’être malade.<br /> Quelques chiffres. En janvier de cette année, il y eut chaque jour aux États-Unis, 4.300 saisies de maisons individuelles. C’est un grand pays mais quand même : 4.300 par jour, c’est énorme, et le<br /> chiffre est en hausse. En 2009, 75 % des crédits hypothécaires aux États-Unis, ont été accordés par Fannie Mae et Freddie Mac. Étant invendables, ils les ont achetés essentiellement eux-mêmes.<br /> Seule à les aider un peu : la Federal Reserve, mais elle s’arrêtera bientôt de le faire. Le 30 juin 2009, la valeur nette de Fannie Mae était de -10,6 milliards de dollars : le 31 décembre de -15,3<br /> milliards. Une aggravation de 44 % en six mois seulement.<br /> <br /> Un quart des crédits hypothécaires ont aujourd’hui un montant plus élevé que la valeur du logement et le chiffre est de 40 % pour l’immobilier commercial. Les ventes de logements neufs (un peu<br /> moins de 6 % du parc) ont baissé de 11,2 % en janvier et celles de logements anciens, de 7,2 % ; ce sont les pires chiffres depuis 1963. En 2009, il y eut dans le pays 2,82 millions de saisies de<br /> logements, et pour cette année-ci, on sait déjà que ce chiffre de 3 millions sera dépassé. On parle, paraît-il, au sein de l’administration Obama, d’un moratoire pur et simple des saisies. On<br /> comprend facilement pourquoi.<br /> <br /> <br />
Répondre
C
<br /> L'Amérique n'est pas au bord du gouffre, mais au plus profond du gouffre !<br /> En lisant mon prochain post, vous verrez que la situation en France est bien meilleure !<br /> <br /> <br />
A
<br /> Vous écrivez que Charles Gave estime que les engagements de retraite non provisionnés sont évalués à 4 fois le PIB actuellement. Cela fait peur, je crois que le montant du PIB en 2009 est d'environ<br /> 2000 milliards. La somme totale à provisionner serait donc de 8000 milliards. Est ce exact ?<br /> <br /> <br />
Répondre
C
<br /> Oui, mais n'ayez pas trop peur avec ce chiffre car mon prochain post risque de vous faire + peur !<br /> <br /> <br />
A
<br /> Compte tenu du désordre monétaire européen et du risque de l'éclatement de la zone euro, serait il judicieux d'acheter de l'immobilier? Si oui,en faisant un prêt en euro ou en payant comptant?<br /> Cordialement.<br /> <br /> <br />
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H
<br /> Merci pour votre prompte réponse. Les grandes banques (au moins la BNP si on en croit les propos tenus par son DG récemment) ont entrepris d'améliorer le fameux ratio et ainsi de diminuer leur<br /> vulnérabilité (ça fait même l'objet d'une page de pub de la BNP dans le Point de la semaine). Lorsque vous dites que le situation est irrattrapable, faites-vous référence aux seuls retraites ou aux<br /> économies européennes. Quant à l'euro, j'ai le net sentiment qu'il a désormais un pied dans la tombe. C'est dommage car je croyais, naïvement peut-être, que le respect des critères qui ont présidé<br /> à sa naissance s'imposeraient et ramèneraient les politiques à la raison.<br /> <br /> <br />
Répondre
H
<br /> Depuis que je vous lis (mai 2008), je ne vous ai jamais vu aussi pessimiste. Cela ne me surprend pas mais cela augure mal de l'avenir de ce pays. Est-il envisageable de considérer un ratio basé sur<br /> le rapport endettement/PIB, ou tout autre paramètre représentatif de la richesse d'une nation, et de l'exploiter comme indicateur de bonne ou mauvaise santé d'un pays à l'instar du Mu des<br /> banques?<br /> Nos politiques auront-ils le courage de dire la vérité aux français ou bien vont-ils attendre qu'une situation à la grecque s'installe avec, en plus, son cortège de violence?<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Je ne suis pas pessimiste mais réaliste !<br /> Michel Pébereau avait évalué les engagements de retraite non provisionnés à 3 fois le PIB en 2004, et sur cette base, Charles Gave les évalue à 4 fois le PIB actuellement, cf. les articles de Work<br /> For All.<br /> A chaque fois que les autorités "parlent" de la dette publique, il est bien précisé que c'est "selon la définition du traité de Maastricht" donc en ne tenant pas compte des engagements de retraite<br /> !<br /> C'est simple !!! et ce n'est pas caché.<br /> <br /> <br />