Le monétarisme est une théorie économique étonnamment performante. Petit exercice d’application à propos des balances commerciales …
Les excédents de la balance commerciale de la Chine sont considérables, ce qui signifie que ces flux réels sont sortants alors que les flux financiers correspondants sont entrants.
En effet, les exportateurs doivent revendre à la banque centrale les dollars qu’ils ont gagnés pour pouvoir récupérer des renminbis.
La masse monétaire augmente donc plus rapidement que les biens en circulation, ce qui a pour effet mécanique d’alimenter l’inflation et de pousser à la baisse la croissance du PIB qui reste quand même élevée.
Inversement, aux Etats-Unis la balance commerciale est largement déficitaire : ces flux réels sont entrants alors que les flux financiers correspondants sont sortants, ce qui réduit mécaniquement les pressions inflationnistes (la masse monétaire n’augmente pas plus rapidement que les biens en circulation en prix courants) et pousse à la hausse la croissance du PIB.
Dans les deux cas, il faut bien remarquer que la croissance du PIB est pour l’essentiel inversement proportionnelle à la variation de la masse monétaire : quand elle augmente, la croissance baisse, et inversement.
Les gens de la Fed, en bons monétaristes, ce bon vieux Greenspan et le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke entre autres, ont fort bien compris ce mécanisme qu’ils ont mis en application avec succès.
L’exercice est cependant périlleux car il faut que les flux de capitaux entrants aux Etats-Unis compensent le déficit commercial, ce qui est réalisé.
Les dirigeants chinois, en bons monétaristes eux-aussi, ont bien compris ce problème et l’ont résolu en investissant directement à l’étranger (en achetant des bons du Trésor des Etats-Unis et d’autres pays) et en incitant leurs exportateurs à investir leurs dollars à l’étranger.
Les équilibres généraux sont réalisés à partir de déséquilibres qui se compensent.
Tout est simple…
Génial, le monétarisme !
J’avais déjà consacré un article fin janvier à ce sujet, vu du seul côté chinois, cliquer ici pour le lire.