Banques pour les nuls
Ce bon vieux Greenspan l’a encore rappelé une fois de plus : les banques américaines doivent renforcer (augmenter) leurs capitaux propres pour pouvoir fonctionner de nouveau normalement, c’est à dire pour accorder davantage de crédits, ou, autre formulation, avec leurs capitaux propres actuels, elles ne peuvent pas augmenter les prêts car elles doivent (de fait) respecter le ratio d’endettement (le leverage, mon µ).
Pour les banques, ce qui compte avant tout, c’est l’importance de leurs capitaux propres, et non pas la qualité supposée de leurs actifs car aucun actif n’est a priori durablement hors de risque.
Les banques de la zone euro sont lourdement chargées en bons de leurs Trésors parce qu’ils étaient considérés au cours des années et des mois précédents encore comme des actifs totalement hors de tout risque, mais comme l’actualité récente l’a montré, certains sont devenus de véritables junk bonds (ceux de la Grèce), d’autres sont maintenant susceptibles de le devenir (ceux de ces autres cochons de pays du Club Med, dont la France).
Le ratio d’endettement tel qu’il était défini à l’origine par ce bon vieux Greenspan et par la BRI, le leverage, mon µ, a été modifié au fil des années par les autorités européennes (c’est-à-dire par les hommes politiques) sous la pression des dirigeants des banques (ou de connivence avec eux) de façon à ce que ces banques puissent investir sans limites en bons de leurs Trésors sans qu’ils soient considérés comme des dettes à risque.
Les deux parties y trouvent leur avantage : d’une part, les hommes politiques dirigeant les Etats peuvent continuer à emprunter sans limite car il y a toujours une demande en bons de leurs Trésors, d’autre part, les dirigeants des banques peuvent acheter des bons de ces Trésors sans limites car la réglementation dite de Bâle II n’exige pas de capitaux propres additionnels du fait que ces bons de Trésors sont classés en risque zéro (RWA = 0 Risk Weigthed Asset).
Le résultat est que la plupart des grandes banques européennes ne respectent pas le ratio d’endettement (le leverage, mon µ), ce qui les fragilise.
Ce qui était impensable (pour certains) s’est produit début mai (surtout le 6) : d’après la BCE (cf. mon prochain billet), au moins deux Gos banques présentant un risque systémique se sont retrouvées en situation de défaut de paiement, en dollars du moins, ce qui a failli provoquer le tsunami qui était à craindre, comme je l’ai écrit à maintes reprises.
Par comparaison, le système Maddoff était celui d’un petit amateur à côté de cette gigantesque arnaque que constitue le système bancaire en Europe avec la réglementation en vigueur.
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Par ailleurs, je précise une fois de plus que ce ne sont pas les banques européennes qui sont à l’origine de la création monétaire, mais les dirigeants des Etats, en ne faisant pas respecter les règles comptables qui devraient s'imposer : comptabiliser les engagements de retraite à leur juste valeur.
Les banques ne font que faire circuler des capitaux pour mettre en relation les offreurs et les demandeurs, c’est-à-dire faire fonctionner les marchés financiers, ce qui est leur activité normale.
En empruntant à la BCE, elles font là encore circuler des capitaux (qui existent à la BCE), c’est-à-dire de l’argent gagné. Il n’y a pas d’argent non gagné dans ce processus, dont pas de création monétaire. Par contre, en empruntant ainsi, les banques aggravent encore leurs dépassements des normes (le leverage, mon µ).
Merci à l’honorable lecteur de mon blog qui m’a donné des idées intéressantes…
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