L’évolution des rendements des bons du Trésor américain donne un bon film fidèle du déroulement de l’€ crise…
Lorsque ce bon vieux Greenspan présidait la Fed, c’était peinard : on savait où on allait, les rendements des Notes à 10 ans fluctuaient normalement dans les 4 % et la Fed relevait gentiment son taux de base après l’avoir baissé à un plus bas pour faire repartir la croissance.
Avec le bombardier furtif B-2 à la tête de la Fed, ce sont les grandes turbulences qui commencent pour créer un choc mondial fatal à l’euro comme l’avait prédit Milton Friedman : l’inversion de la courbe des taux préludait au grand plongeon qui a débuté avec la crise des sub-prime puis la faillite de la banque des frères Lehman,
Document 1 :

Tout est rapidement revenu dans l’ordre voulu par les Américains (comme je l’ai écrit à l’époque contre tous mes détracteurs) avec des rendements du 10 ans dans les 3,5 % à un niveau idéal inférieur à celui de ce bon vieux Greenspan mais les rendements sont retombés au plus bas au second semestre 2011 avec les craintes suscitées par l’€ crise, ce qui a perturbé le cycle du bombardier furtif B-2,
Document 2 :

La brusque hausse des rendements du 10 ans américain qui vient de se produire ces derniers jours signifie que les bons investisseurs considèrent que le tsunami bancaire euro-zonard a été reporté à une date ultérieure : les capitaux ressortent un peu de leur refuge helvète pour se reporter sur les actions sous-valorisées,
Document 3 :

L’€ crise n’est pas terminée : la Grèce est en survie temporaire sous assistance miraculeuse mais l’issue fatale est inéluctable,
Document 4 :

Les autres dominos sont prêts à tomber : le Portugal puis l’Espagne et l’Italie,
Document 5 :

Comme un de mes lecteurs l’a justement fait remarquer, les indices d’actions comme le S&P-500 et les rendements des Notes à 10 ans étaient fortement corrélés depuis au moins 10 ans mais le S&P-500 a fortement augmenté fin 2011 dans l’anticipation aventureuse du sauvetage temporaire de la Grèce alors que les rendements du 10 ans sont restés prudemment au plus bas, les gros investisseurs restant sagement réfugiés dans cette zone prudentielle,
Document 6 :

Ce mouvement se voit plus clairement sur le graphique sur les 12 derniers mois,
Document 7 :

Bien entendu, les indices d’actions européennes ont décroché par rapport à celles des Etats-Unis qui sortent grands vainqueurs de ces turbulences, la vieille Europe étant irrémédiablement plombée par la création monétaire qui s’est développée pendant une dizaine d’années à case de l’existence de cette monnaie unique contre nature,
Document 8 :

Le plus drôle est que tous les idiots inutiles sont persuadés, comme toujours, c’est-à-dire depuis plus de 50 ans, que les Américains sont au bord du gouffre alors que l’Europe vient de perdre la guerre monétariste.
Seuls les lecteurs qui comprennent ce que j’écris auront compris le déroulement de cette chute, cf. mes analyses à ce sujet (M1 représente 50 % du PIB dans la zone euro !).
Tout est simple