La Banque de France publiera demain les chiffres de la balance des paiements qui feront apparaitre une fois de plus l’importance du déficit du commerce extérieur.
La Douane a déjà publié ses chiffres pour le mois de juin : le déficit est évalué à 5,6 milliards d’euros, soit 68,5 milliards sur les 12 derniers mois, record historique,

A titre de comparaison, l’excédent commercial de l’Allemagne, était de 12,7 milliards d’euros en juin.
Avant, c’est-à-dire il y a une quarantaine d’années, tout le monde savait qu’un déficit du commerce extérieur se traduirait inévitablement par une dévaluation du franc français, donc avec des prix à l’importation plus élevés, et tout le monde savait qu’il fallait s’y adapter.
Maintenant, plus personne, en dehors de quelques énergumènes isolés, ne s’en préoccupe car l’euro système permet de transférer plus ou moins discrètement les excédents, provenant essentiellement de l’Allemagne, afin de combler les déficits de la France et des autres cochons de pays du Club Med.
Le commerce extérieur français était excédentaire avant l’adoption de l’euro mais il est devenu déficitaire par la suite, la dégradation étant continue sur l’ensemble de la période.
La ligne rouge a été franchie en 2004.
Après l’éclatement de l’euro système, il faudra régler les comptes qui ont été soigneusement tenus depuis l’adoption de l’euro, justement dans la perspective de cette éventualité.
D’après la rubrique N.4.700, Compte financier, Autres Investissements, France vis-à-vis du Reste du Monde, Transactions nettes, non CVS-CJO qui compense les déficits des diverses rubriques pour rééquilibrer finalement nécessairement la balance des paiements, le cumul des dettes depuis 2004 est de l’ordre de 200 milliards d’euros, cf. mes articles précédents à ce sujet, mais, pour évaluer la position nette réelle de la France vis-à-vis du Reste du Monde, il faut rajouter les 850 milliards d’euros de bons du Trésor français détenus par des investisseurs étrangers.
La sortie de l’euro système se traduira donc par une ardoise de 1 050 milliards au bas mot, fin juin, pour un PIB annuel de l’ordre de 2 000 milliards.
Les investisseurs avisés, c’est-à-dire les bons spéculateurs, vendent les titres libellables en francs français.
Les rendements des bons à 10 ans du Trésor font office d’ersatz de monnaie nationale car ce sont des actifs liquides de référence comme tous les autres bons de cette échéance dans le monde.
La BCE rachète sur le marché secondaire des bons des Trésors de ces cochons de pays du Club Med, ce qui sauve les apparences mais ces opérations ne font que modifier cet excellent indicateur qui donne la mesure de la gangrène en cachant l’ampleur du mal