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Des chiffres et des mots

Des chiffres et des mots


L’Amérique est au bord du gouffre, c’est la plus grave crise depuis celle de 1929, en pire même et ce n’est pas fini !


Tous les journaleux et bonimenteurs sont unanimes. Les indices d’actions chutent (les cours d’un grand nombre de sociétés sont sous-évalués).


Les chiffres montrent pourtant que le taux de croissance du PIB est proche de son potentiel optimal de 3,5 % (chiffre de la 1° estimation) ramené à 2,8 % à cause de l’importance des importations (les Américains continuent à acheter des produits importés d’Asie qui coûtent moins cher que ceux qui sont fabriqués aux Etats-Unis).


En effet, les Américains dépensent les dollars qu’ils gagnent car ils ont confiance en l’avenir.

Ils diminuent leur épargne de précaution (moins $100 milliards par rapport à un maximum atteint fin mars 2009 quand les indices d’actions étaient au plus bas),

Graphique 1 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


Depuis l’élection de celui qui a sauvé l’Amérique des méfaits de l’abominable W., l’augmentation (d’une année sur l’autre) de l’épargne des Américains… diminue,

Graphique 2 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


Les Américains diminuent leur épargne de précaution pour dépenser davantage, ce qui relance la croissance du PIB aux Etats-Unis… et ailleurs dans le monde, en particulier en Asie où sont fabriqués une grande partie des articles qu’ils achètent.


La croissance du PIB (d’une année sur l’autre) est bien inversement proportionnelle à la variation de cette épargne (d’une année sur l’autre), ou plus exactement, à la variation de la masse monétaire libre, c’est à dire de la différence entre la variation de M2-M1 (l’épargne) et du taux de croissance du PIB réel,

Graphique 3 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


D’après ma méthode d’analyse, le taux de croissance du PIB devrait être de 0,1 % (d’une année sur l’autre) en ce 4° trimestre 2009, ce qui donnera l’occasion à Obama de dire que c’est grâce à lui que l’Amérique est sortie du gouffre dans lequel le méchant W. l’avait plongée.


Bien entendu, il n’y est pour rien dans le retour de la croissance : ce sont les gens de la Fed qui ont fait tout le travail, quelle que soit la couleur du président.


Le bombardier furtif B-2 a été particulièrement efficace en provoquant des turbulences considérables (le triangle jaune correspond à sa prise de fonction à la tête de la Fed), et d’après ce bon vieux Alan Greenspan, ce n’est qu’un début,

Graphique 4 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


L’augmentation de M2 est revenue à un niveau bas de 5 %,

Graphique 5 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


Les gens de la Fed ont remis un peu d’ordre dans le désordre provoqué par les banquiers tout puissants qui sortent très affaiblis de ces turbulences.


L’argent sain est le premier pilier des Reaganomics d’après ce bon vieux Arthur (Laffer), cliquer ici pour lire son petit article mais grand par son importance.


Les gens de la Fed veillent scrupuleusement à ce principe. L’argent est sain aux Etats-Unis où il n’y a pas de création monétaire, du moins tant que la Fed restera indépendante et dirigée par des gens compétents.


Bien entendu, les Français ne comprennent rien à ces problèmes fondamentaux, sauf les rares initiés habituels que je salue cordialement…

***

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M
<br /> Bonjour,<br /> <br /> il me semble que la dette publique américaine n'inclus pas les provisions pour retraite des fonctionnaires fédéraux américains.<br /> <br /> De plus, de nombreux états américains, dont le plus important en terme de PIB, la Californie, n'ont pas provisionné les retraites de leurs fonctionnaires, les retraites complémentaires étant elles<br /> aussi en piteux état (voir Calpers).<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Mr Chevallier, pourquoi l'endettement de la France est-il plus grave que l'endettement des USA ou d'autres pays qui ont un niveau d'endettement comparable au nôtre ?<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Les dettes relatives aux engagements de retraite (3 fois le PIB en 2004) ne sont pas comptabilisées en France !<br /> + les dettes des entreprises françaises...<br /> Cf ce que j'en ai écrit.<br /> <br /> <br />
J
<br /> Alors qu'aux USA, les normes comptables sont passées du mark-to-market au mark-to-model ?<br /> <br /> <br /> C'est curieux que ne parliez jamais de ce détail, cher monsieur.<br /> <br /> <br />
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C
<br /> J'ai déjà écrit tout ce que j'avais à écrire à ce sujet... Un rappel rapide :<br /> Les banques US ont été obligées de comptabiliser leurs pertes à cause de cette règle du mark-to-market, ce qui a mis en évidence de très lourdes pertes (fin 2008 début 2009).<br /> Une fois la situation assainie, sur la pression des Démocrates, la règle du mark-to-model a été acceptée par les autorités sous certaines conditions.<br /> Comme a priori toutes les pertes avaient déjà été comptabilisées, il ne restait plus rien à cacher !<br /> Merci à vous de vous informer correctement avant de critiquer ce que j'écris.<br /> <br /> <br />
H
<br /> " Quel est aujourd'hui le niveau des pertes non reconnues des banques ?<br /> <br /> Il reste d'importantes pertes non dévoilées : 50 % sont peut-être encore cachées dans les bilans. La proportion est plus forte en Europe qu'aux États-Unis. Je le redis : l'histoire des crises<br /> bancaires, notamment au Japon, démontre qu'il n'y aura pas de croissance vive et saine sans un nettoyage complet du bilan des banques."<br /> (http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2009/11/24/04016-20091124ARTFIG00576-strauss-kahn-il-faut-revoir-notre-modele-de-croissance-.php)<br /> <br /> Dominique Strauss Kahn semble partager une partie de vos réflexions quant à l'état véritable de nombreuses banques.<br /> <br /> <br />
Répondre
C
<br /> ... Malheureusement ! à tous points de vue !<br /> Il ne faut pas oublier que les banques européennes ont été autorisées à ne pas publier leurs actifs à leur juste valeur de marché, sur leur demande unanime, ce qui révélait qu'elles exigeaient de<br /> pouvoir cacher leurs pertes.<br /> Les ratios d'endettement tels qu'ils sont retenus par les autorités américaines sont clairs, cf ce que j'en ai écrit.<br /> <br /> <br />
D
<br /> Nous vous saluons également :)<br /> <br /> Mais j'ai la modestie de dire que tout ce que je connais en monétarisme vient de chez vous Mr Chevallier<br /> <br /> <br />
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