Dette de la France : 400 milliards € ! 20 % du PIB !
Fin 2008, la dette de la France se montait à 400 milliards d’euros environ ! soit 20 % du PIB !
Ce sont les chiffres officiels de la Banque de France tirés de son bulletin n° 179 du 1° trimestre 2010 dans le graphique (non numéroté) en bas à droite page S12 sous le tableau des chiffres (figure en… anglais !) 10, cliquer ici pour y accéder.
C’est encore pire que ce que les chiffres trimestriels pouvaient laisser croire, cf. mon billet du 13 avril, cliquer ici pour le lire.
En fait, il s’agit là du montant de la dette de la France en valeur de marché des investissements directs étrangers alors que les chiffres mensuels que j’ai utilisés précédemment correspondent à leur valeur comptable (au coût d’acquisition), les explications plus précises se trouvant dans l’article pages 53 à 65.
C’est Olivier Fluke qui a réussi à élucider finalement tous ces problèmes que je n’arrivais pas à résoudre !
Il est terrrriblement efficace, pertinent, capable de trouver rapidement en toutes circonstances toutes les aiguilles cachées dans les bottes de foin.
Tout est simple, mais c’est un peu compliqué parfois de faire simple…
Les banques centrales comptabilisent au fil des mois les investissements directs étrangers à leur valeur au moment de leur acquisition. C’est la valeur comptable ou coût d’acquisition calculée sur la quote-part acquise des capitaux propres.
Ce sont ces données qui sont publiées chaque mois et téléchargeables sur Excel (que j’ai utilisées) mais la valeur (de marché) de ces acquisitions évolue dans le temps.
Pour donner une image fidèle de la réalité, les chiffres de ces investissements directs étrangers publiés dans la balance des paiements (qui correspond en fait au bilan d’une nation), devraient être actualisés à leur valeur de marché, ce qui est un travail particulièrement complexe, long et coûteux.
La Banque de France a commencé à le faire pour les données en fin d’année seulement (jusqu’en 2008).
Ainsi s’explique la différence entre la dette de la France fin 2008 telle qu’elle est publiée dans le tableau 10 (dernière ligne, du bas) soit 268,7 milliards d’euros qui correspondent à la valeur comptable ou coût d’acquisition des investissements directs étrangers et les 400 milliards d’euros qui correspondent à leur valeur de marché.
En effet, après l’effondrement financier de 2008, un certain nombre de sociétés ont perdu 80 % de leur valeur.
Ces investissements directs étrangers qui étaient enregistrés à 100 en cours d’année lors de leur acquisition ne valaient plus que 20 en fin d’année.
Les écarts sont très importants pour cette année 2008 et ils sont au détriment de la maison France car la détérioration a été moins forte à l’étranger.
Par ailleurs, dans mon billet du 13 avril, les chiffres que j’ai utilisés correspondent aux variations des différentes rubriques d’un mois à l’autre (ce sont les flux), mais je n’avais pas cherché à connaitre le montant des stocks, c'est à dire la dette nette de la France (qui n’est pas donnée par la BdF dans cette série).
Là encore, c’est Olivier Fluke qui a trouvé ces chiffres dans le bulletin n° 173, ce qui permettait de déterminer le montant de la dette nette de la France.
Par la suite, j’ai retrouvé ces chiffres de la dette nette de la France dans le dernier bulletin de la Banque de France car elle ne les publie dans cette page S12 que depuis le bulletin du mois de décembre 2009 !
Cependant, j’avais bien vu qu’a priori, la dette nette de la France devait être proche de zéro jusqu’à la mi 2004, c’est-à-dire à partir du moment où les déficits ont commencé à se creuser.
Effectivement, la situation nette de la France n’était alors négative que de 8 milliards en août 2004, date du début de mes calculs sur les déficits cumulés.
L’évolution de la dette nette de la France à la valeur comptable des investissements directs étrangers correspond à mon graphique 6, plus (+) 8 milliards d’euros.
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Les gens de la Banque de France connaissent parfaitement bien ces chiffres et leur signification, et ils savent très bien que la situation est grave, mais le patron de la BdF refuse d’aborder publiquement ce sujet ainsi que celui de la BCE, Jean-Claude Le Tricheur.
Leur responsabilité dans le naufrage de la France est considérable, historique.
Il en est de même de toute la communauté économique et financière française.
En effet, les problèmes posés sont pourtant relativement simples puisqu’à deux, Olivier Fluke et moi, nous avons pu décrypter assez rapidement et plus ou moins facilement toutes les informations utiles.
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Le grand plongeon de la dette de la France s’explique par le fait que les Français réagissent toujours mal lors d’un grand choc mondial : ils font tout pour sauver les entreprises qui devraient disparaitre pour sauver des zemplois, mais ils ne font alors qu’aggraver les déficits tout en bloquant les gains de productivité qui sont la base même de la croissance et de la richesse des nations.
La destruction créatrice de Schumpeter est un concept que les Français ne comprendront jamais !
Ce graphique représentant l’évolution de la croissance du PIB sur 12 mois que j’ai déjà reproduit est très clair : la croissance était de l’ordre de 5,5 % pendant les 30 glorieuses, jusqu’en 1974, lors du choc pétrolier (flèche verte), mais elle est tombée à 2,5 % par la suite jusqu’en 2000. Le choc de 2001 avec la chute des dot com et les attentats du 11 septembre a encore fait baisser la croissance d’un cran à zéro,
Cliquer ici pour agrandir le graphique.
Pour des raisons que j’ignore (a priori un bug de Microsoft ?), il m’est actuellement impossible de faire apparaitre les 2 flèches pour les deux périodes suivantes.
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