Dominos euro-zonards
Vendredi 4 juin, le rendement des bons à 10 ans du Trésor de la France est monté à 3,004 %, celui du Bund étant à 2,576 %, l’écart était de 42,8 points de base, soit près de 17 %, ce qui correspond à la dévaluation potentielle du franc français telle qu’elle est perçue par les marchés,
Graphique 1 :
Cliquer ici pour agrandir le graphique.
La communauté financière franchouillarde avait réussi à contenir cet écart, mais la situation n’est plus tenable depuis mardi 1° juin.
La France est le dernier des dominos de ces cochons de pays du Club Med, l’Italie étant l’avant dernier, pulvérisant le record de l’écart par rapport au Bund avec 65 %,
Graphique 2 :
Cliquer ici pour agrandir le graphique.
Auparavant, les pays les plus faibles de la zone euro avaient plongé, la Grèce d’abord, puis le Portugal et l’Espagne ensuite.
En ce début de juin, la situation dans ces cochons de pays du Club Med est pire qu’après l’effondrement financier qui a suivi la faillite des frères Lehman.
La semaine à venir, et les suivantes, seront difficiles à vivre pour la survie de ces petits cochons.
Les grands malheurs euro-zonards ont des répercussions aux Etats-Unis : négatives d’après les idiots nuisibles qui font plonger les marchés d’actions, positives car ils affaiblissent durablement ces concurrents qui auraient pu être dangereux à terme et les capitaux venus du monde entier (et surtout de la zone euro) affluent, ce qui compense le déficit de la balance commerciale.
L’écart entre les rendements des Notes à 10 ans et à 2 ans continue à baisser dans sa tendance lourde, ce qui montre que l’Amérique ne sera pas pénalisée globalement par les désordres euro-zonards, mais au contraire globalement renforcée,
Graphique 3 :
Cliquer ici pour agrandir le graphique.
Cerise sur le gâteau : la panique entretenue par les médias sur les problèmes euro-zonards permet à la Fed de maintenir des taux à zéro pour une période prolongée, ce qui est de plus en plus critiqué car une telle politique monétaire entrainera obligatoirement une croissance trop forte aux Etats-Unis, donc à une augmentation des taux de la Fed au-dessus de leur neutralité, ce qui créera par la suite une chute du PIB, c’est-à-dire un nouveau cycle, donc la continuation de fortes turbulences,
Graphique 4 :
Cliquer ici pour agrandir le graphique.
Il est étonnant de constater que personne ne parle des causes de ces désordres euro zonards, à savoir la détérioration de la structure des balances des paiements de ces cochons de pays du Club Med et que rien ne soit fait pour y remédier (la seule solution est de sortir de l’euro-système et de laisser les monnaies flotter).
Par ailleurs, les banques européennes ont de plus en plus de difficultés pour s’approvisionner en dollars, ce qui est compréhensible, comme l’indique un article important de Simon Nixon publié dans le Wall Street Journal, rapporté par l’auteur du blog signé Lupus, cliquer ici pour le lire (en français) ou cliquer ici pour le lire en anglais dans sa version originale.
Un certain nombre de personnes vont comprendre prochainement ce qu’il en est de l’architecture du système bancaire mondial telle que je l’ai exposée dans un billet antérieur.
Chef, Ya plus d’sous dans les caisses !
Pour ne pas bronzer idiot, lire The Age of Turbulence de ce bon vieux Greenspan, ou en français Le Temps des turbulences.
***