Suite de la reprise, ici sur mon site, de mes articles sur les problèmes des déséquilibres dans l’euro système avec celui que j’ai mis en ligne le 16 janvier 2011 sur mon ancien (Over) blog… Le point de rupture se rapproche ai-je alors écrit !
Les deux pays les plus surperformants sont la Chine et l’Allemagne parce qu’ils ont une balance commerciale fortement excédentaire (de l’ordre de 150 milliards de dollars par an) et qu’ils attirent des capitaux (les investissements directs étrangers, les IDE).
Conséquence logique : les réserves de change de la Chine sont considérables. Elles dépassent les 3 000 milliards de dollars (US$) en tenant compte de celles de Hong Kong alors que celles de l’Allemagne ne sont que de… 28,7 milliards d’euros !
L’écart (anormal) est gigantesque.
Pour résoudre cette énigme, il faut partir de l’idée de notre ami le docteur Bernard Trémeau selon laquelle l’euro système est de type Bretton Woods mais totalement fermé, bloqué dans lequel il est impossible de modifier les parités monétaires entre les pays membres.
Jadis, dans ce système de Bretton Woods, quand les tensions à la dévaluation étaient trop fortes dans un pays, le gouvernement déclarait qu’il n’était pas question de dévaluer mais il était obligé de le faire peu de temps après.
Les autorités cherchaient toujours à cacher la (mauvaise) situation réelle mais elle finissait toujours par se manifester sur les marchés, et c’est ce qui se passe en ce moment dans la zone euro avec peu de différences.
Le système des banques centrales de la zone euro publie les chiffres de la balance des paiements de la zone euro et les banques centrales des pays membres publient également ceux de leur balance des paiements. Tout est clair et transparent… à condition d’interpréter correctement les chiffres.
La Banque de France publie en fait dans cette rubrique absconse 3.3 autres investissements le montant de la position nette de la France vis-à-vis de l’étranger. C’est clair, les comptes sont en ordre.
Le problème est que j’ai l’impression d’être le seul (à ma connaissance et en dehors des spécialistes de la BdF) à en comprendre la signification : la dette nette de la France vis-à-vis de l’étranger se monte à 230 milliards d’euros, auxquels il faut ajouter les 70 % de la dette de l’Etat détenue par des étrangers (d’après les données du Trésor, l’AFT), ce qui fait un total supérieur à 1 000 milliards d’euros pour un PIB annuel aux environs de 1 950 milliards d’euros.
Il doit en être de même dans ces autres cochons de pays du Club Med (les PIGS), mais j’avoue ne pas en avoir cherché la confirmation dans les documents de ces pays.
Ainsi se confirme logiquement la perte de 1 000 à 2 000 milliards d’euros dans les réserves de la Buba ! … qui comblent plus ou moins discrètement les dettes de ces PIGS + F vis-à-vis de l’étranger.
Bien entendu, comme du bon vieux temps du système de Bretton Woods tous les gouvernements déclarent qu’il n’est pas question de dévaluer, c’est-à-dire de sortir de l’euro système (ce serait une pure folie dit notre lider Maximots).
Les tensions dans l’euro système augmentent du fait que les déficits des PIGS + F vis-à-vis de l’étranger augmentent plus vite que les excédents de l’Allemagne.
Le point de rupture se rapproche.
La Grèce et le Portugal en viennent à utiliser les expédients français qui consistent à faire financer la dette de leur Etat par des investisseurs hors de la zone euro, la Chine en particulier, ce qui permet de diminuer leurs déficits nets vis-à-vis de l’étranger officiellement publiés dans l’équivalent de la rubrique 3.3 de leur balance des paiements.
D’après un document de la banque centrale de Nouvelle Zélande qui m’a été communiqué par Paul Vreymans, un des économistes de Work For All, les positions nettes des PIGS + F vis-à-vis de l’étranger étaient les suivantes fin 2008 en pourcentage de leur PIB :
L’Allemagne de l’Ouest dégageait des excédents considérables avant la réunification. Le chancelier Helmut Kohl a imposé une monnaie unique (le DM) dans l’Allemagne réunifiée mais hétérogène, ce qui a provoqué une forte baisse de ces excédents sans créer de croissance dans les Länder de l’Est. La transposition du même problème au niveau européen n’est pas viable ni durable car les déficits des PIGS + F sont trop importants, supérieurs aux excédents, impossibles à résorber.
Les gens de la Fed, dont le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke, connaissent mieux que moi les arcanes des balances des paiements. Ils attendent calmement le sabordage des euro-zonards.
Pour l’instant, la moins mauvaise solution à court terme pour les dirigeants euro-zonards est la fuite en avant : davantage d’intégration et de coordination dans les politiques gouvernementales.
Cliquer ici pour lire la répartition des réserves en devises de la BCE et des pays membres et cliquer ici pour lire au besoin cet article lorsque je l’ai mis en ligne sur mon ancien blog.
| 1 | |
|---|---|
| Position % GDP | |
| Portugal | -91 |
| Spain | -84 |
| Ireland | -80 |
| Greece | -77 |
| Italy | -25 |
| France | -24 |