France : déficits extérieurs
La Banque de France vient de publier les chiffres de la balance des paiements pour le mois de février qui montrent une fois de plus l’importance du déficit de la balance commerciale française, en particulier celle portant sur les biens seuls : aux alentours de 4 milliards d’euros par mois depuis plus d’un an,
Graphique 1 :
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Avant l’adoption de l’euro, les entreprises françaises étaient compétitives : les exportations étaient globalement supérieures aux importations (jusqu’en 2004), mais tout se détériore au fil des années alors que l’Allemagne continue à dégager des excédents de plus en plus importants.
Sur 12 mois glissants, le déficit fluctue autour de 50 milliards d’euros, la tendance lourde est nettement baissière,
Graphique 2 :
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La balance commerciale sur les seuls biens est devenue nettement déficitaire depuis l’été 2004 (plus de 200 milliards d’euros en cumul depuis cette date), pire : le déficit des investissements s’accentue depuis l’été 2005 (plus de 250 milliards en cumul), les tendances lourdes étant nettement baissières,
Graphique 3 :
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En effet, les entreprises étrangères désinvestissent en France (la courbe bleue de tendance plonge) alors que les entreprises françaises investissent davantage à l’étranger (la courbe rouge de tendance monte) car il n’est plus rentable d’investir en France bien que le niveau de productivité horaire y soit l’un des plus hauts dans le monde (au 3° rang d’après l’OCDE),
Graphique 4 :
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Les avantages de la haute productivité horaire des personnes travaillant en France sont totalement anéantis par la mauvaise gestion de la res publica et surtout par l’antilibéralisme qui y règne.
La différence entre les investissements étrangers en France et (moins) les investissements français à l’étranger s’est dégradée récemment,
Graphique 5 :
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La baisse actuelle de la compétitivité de la France est comparable à celle du début de ce siècle (à cause de l’adoption de la politique économique du gouvernement socialiste et en particulier des 35 heures mais le petit Nicolas fait pire que la Dame des 35 heures !
Il est très difficile de redresser de telles tendances (c’est pire en Grèce et ce sera pire à l’avenir !).
Aux Etats-Unis, le déficit de la balance commerciale est compensé par les entrées nettes de capitaux attirés par la forte rentabilité des entreprises, surtout dans les secteurs innovants, ce qui n’est pas le cas en France.
Résultat (que personne à ma connaissance ne montre) : la dette nette de la France par rapport à l’étranger accumulée depuis aout 2004 se monte à 250 milliards d’euros,
Graphique 6 :
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Cette dette nette résulte en fait d’une dette brute accumulée depuis aout 2004 qui fluctue aux alentours de 800 milliards d’euros,
Graphique 7 :
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Elle a tendance à augmenter depuis ces derniers mois,
Graphique 8 :
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Dans ces conditions, la France ne peut aider la Grèce qu’en s’endettant davantage !
L’importance de la dette de la France est occultée par l’existence de la zone euro grâce aux excédents de l’Allemagne.
C’est grave car les Français sont inconscients du danger que cela représente à terme.
Une fois de plus, je suis quand même un peu surpris de constater que je suis le seul (à ma connaissance) à soulever ce problème qui est pourtant bien connu des gens de la Banque de France et qui est potentiellement alarmant.
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