Une gigantesque bulle obligataire s’est développée dans la vieille Europe continentale surtout depuis le début de l’année 2014…
En effet, si les rendements des bons à 10 ans des Trésors de référence ont plongé, inversement, les prix des contrats ont bondi à des niveaux jamais atteints car des investisseurs (surtout des banques) considèrent comme certain que les Marioles de la BCE les leur rachèteront à des prix plus élevés.
Normalement, les rendements de ces bons devraient fluctuer dans les 3 % (dans une bande entre 3,0 % et 4,0 %) compte tenu d’une inflation de 1 % (idéalement entre 1,0 et 1,5 % hors produits volatils d’alimentation et d’énergie) et d’une rémunération réelle de l’ordre de 2 % en concordance avec des gains supérieurs pour les placements en actions.
La politique monétaire menée par la Fed, consistant à racheter pour 4 000 milliards de dollars de titres (surtout des bons du Trésor) est tout à fait légitime dans le cadre d’un monétarisme bien adapté aux circonstances compte tenu du fait que la Fed bénéficie de dépôts de l’ordre de 3 000 milliards de dollars d’argent sain gagné par les Américains, ce qui n’est pas le cas de la BCE qui ne dispose pas de telles réserves et qui est même obligée de prêter encore 5 à 600 milliards d’euros à des banques pour éviter qu’elles tombent en faillite en chaine.
Pire : en l’absence de précisions, les Marioles de la BCE devraient financer les achats annoncés de bons de Trésors euro-zonards pour 5 à 600 milliards d’euros par un effet de cavalerie.
En effet, tout se passe comme s’ils disaient à des crémiers : nous allons vous acheter des centaines de tonnes de beurre à tout prix à condition que vous déposiez votre argent dans notre banque, les Marioles profitant alors de leur situation pour payer leur beurre en créditant les comptes de leurs clients en jouant sur les dates de valeur, donc sans les payer réellement ni avoir emprunté pour cela. Tout est nickel au bilan.
Les Marioles de la BCE ont donc le beurre et l’argent du beurre. Tout va bien dans cette sorte de système de Ponzi tant que tous les crémiers ne réclament pas leur argent et tant que la BCE achètera ces mauvais bons, mais un jour, inéluctablement, la manip ne marchera plus et tout le système s’effondrera alors.
En effet, à partir d’un certain moment, les prix de ces contrats baisseront, leurs derniers titulaires supportant alors des pertes allant croissant par la suite.
Avec une hypertrophie monétaire en M1, une bulle obligataire, des banques sous capitalisées, des Etats surendettés, un chômage très élevé, une croissance zéro, tout peut se produire dans la vieille Europe à tout moment.
L’autodestruction des Européens dans un socialisme larvé et laxiste est quand même étonnante alors que la réussite du monétarisme aux Etats-Unis montrait des solutions simples et efficaces.
Il est quand même étonnant que tant de gens soient persuadés que les Marioles de la BCE vont faire repartir la croissance dans la zone euro avec leur QE (en inondant les marchés de liquidités !), et surtout que personne ne s’interroge sur les moyens de financer ces achats annoncés pour 5 à 600 milliards d’euros !
***
Par ailleurs, il est également étonnant que le premier maillon (de cette chaine diabolique) qui ait sauté soit celui de l’arrimage du franc suisse à l’euro en s’accompagnant de rendements négatifs pour le 10 ans plusieurs jours plus tard encore avec des plus bas record (- 0,112 % aujourd’hui 21 janvier).
***
Les principaux concurrents des Américains, à savoir les Européens et les Japonais auront été durablement handicapés par une hypertrophie monétaire, conséquence de leur manque de culture monétariste.
***