Greenspan / B-2
Qu’aurait fait ce bon vieux Greenspan à la place de B-2 ?
Il est impossible de répondre à cette question (posée opportunément par une lectrice de mon blog) mais il est finalement intéressant de lancer des idées à ce sujet en nous basant sur l’art et la méthode utilisés par ce bon vieux Greenspan lorsqu’il présidait la Fed…
De toute façon, les gens de la Fed auraient parfaitement bien identifié dès 2006 les problèmes qui se posaient.
Ce bon vieux Greenspan aurait alors dénoncé en 2006-2007 les banques comme Citigroup et Goldman Sachs qui ne respectaient pas les ratios d’endettement avec un µ supérieur aux normes (comme il avait dénoncé jadis l’exubérance irrationnelle des marchés).
En effet, les dérapages des banques se voient toujours dans ce fameux ratio µ : quand le total des dettes dépasse 12,5 fois le montant des véritables capitaux propres (qui sont les seuls apports en capital et bénéfices accumulés, le reste du bilan étant par définition des dettes), quelque chose ne va pas quelque part.
Comme en 2001, ce bon vieux Greenspan aurait laissé faire ses adversaires (les groupes de pression des banques) trop puissants pour se laisser imposer des mesures trop contraignantes, ce qui aurait produit l’équivalent de la crise des (crédits hypothécaires classés dans la catégorie) sub-prime.
Il aurait alors profité de la faiblesse momentanée de ses adversaires et de sa force relative pour imposer l’adoption de ces règles en les durcissant : un µ inférieur à 10 comme il l’a écrit en décembre 2008, cf. mes billets à ce sujet.
Ainsi, le PIB réel aurait baissé, mais peu et pas longtemps, sans provoquer de grandes turbulences, le système bancaire aurait alors été assaini et l’argent serait redevenu sain comme actuellement.
Dans cette aventure, ce bon vieux Greenspan aurait toujours ardemment défendu le capitalisme libéral et incité les actionnaires à surveiller les dirigeants des banques, leurs cadres et leurs traders.
Une fois de plus, la Fed serait sortie vainqueur contre les méchants pour défendre l’intérêt général, c’est-à-dire la richesse des Américains.
Actuellement, B-2 et ses acolytes ont gagné une bataille mais ils sont en train de perdre la guerre : ils sont incapables d’imposer les règles qui sont nécessaires et la Fed perd le prestige qu’elle avait acquis par sa réussite pendant 60 ans.
Compléments :
Les 3 big banks des Etats-Unis ont maintenant un µ inférieur à 10 ! Ce résultat aurait pu être atteint avec moins de dommages collatéraux (pas de chute du PIB réel de 3,8 % ni tant de chômeurs).
La banque Michel Inchauspé (Bami), les banques privées helvètes et d’autres ont un µ inférieur à 10.
Elles sont parfaitement bien gérées, sans qu’il soit nécessaire de créer des organismes pour les surveiller et les contrôler ni de nouvelles réglementations.
Ce bon vieux Greenspan a toujours su imposer les bonnes règles pour que le capitalisme libéral fonctionne en toute liberté et il l’a toujours défendu.
C’est là sa très grande réussite et le très grand échec de son successeur.
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