Les dettes hypothécaires, des consommateurs et des Etats sont proches d’un tournant historique. Elles devront bientôt s’ajuster aux capacités d’endettement qui ne sont pas infinies…
Dans son livre, The age of turbulence, ce bon vieux Greenspan rapporte cette citation (que je modifie légèrement) d’un article de Fortune en… 1956 !
Tout le monde s’affole des dettes de tout le monde et partout depuis plus de 50 ans et c’est pire que jamais.
Ce bon vieux Greenspan explique justement qu’il est normal que les dettes augmentent car la richesse augmente : le PIB annuel réel a été multiplié par plus de 7 au cours de ces 60 dernières années en France comme aux Etats-Unis (cf. mon article à ce sujet).
Dans les pays développés, les ménages ont augmenté leur épargne dans les mêmes proportions et ils ont alimenté des fonds de pension dont les en-cours sont très importants, les capitaux propres et les trésoreries des entreprises ont augmenté davantage encore au cours de la même période.
L’argent gagné, épargné et sain donc, est abondant. Il est donc normal, souhaitable et indispensable même qu’il soit prêté par les uns, c’est-à-dire emprunté par d’autres.
Comme le disait fort justement Keynes (qui pour une fois avait raison !) : l’épargne doit être égale à l’investissement (c’est-à-dire prêtée aux investisseurs) pour que le système productif fonctionne à son optimum.
Ce sont les banques qui font fonctionner ce marché, c’est-à-dire qui mettent en relation l’offre et la demande d’argent, ce qu’elles font très bien… quand elles respectent les règles prudentielles d’endettement.
A contrario, si l’argent gagné, épargné et sain n’était pas prêté donc emprunté, cela créerait de gros problèmes : d’après un certain nombre d’économistes qui ont étudié de près la crise de 1929, dont notre bombardier furtif B-2, Ben Bernanke, la cause principale de cette crise a été l’achat massif d’or par la France car elle a retiré du circuit économique une part très importante de l’épargne libre mondiale qui ne pouvait donc pas être investie.
L’argent a été stérilisé, bloqué et ne circulait plus, ce qui a créé un arrêt brusque de la croissance dans le monde entier avec les conséquences dramatiques qui ont suivi.
Dans ce cadre, les lois (économiques), les règles et les normes doivent être respectées par tous les intervenants afin qu’il n’y ait pas de création monétaire ni de défauts de paiements dépassant les normes sinon ce serait l’écroulement de ce système.
Le problème majeur est en amont : l’argent sain est le premier pilier des Reaganomics.
L’argent est sain aux Etats-Unis où il n’y a pas (ou plus) de création monétaire.
Il ne l’est pas dans la zone euro ni au Japon (cf. mes articles à ce sujet).
Ensuite, cet argent doit circuler pour que la croissance du PIB réel atteigne son potentiel optimal.
La politique monétaire menée par la Fed, la QE2, contribue à faire circuler cet argent.
Dans la zone euro, la masse monétaire M1 est hypertrophiée, c’est-à-dire inerte : cet argent non-gagné ne circule pas, ce qui y accentue les problèmes en maintenant la croissance en-deçà de son potentiel optimal.