Le nouveau paradigme US
Tous les indicateurs sont concordants : la croissance du PIB aux Etats-Unis est revenue dans sa moyenne historique de l’après guerre, aux alentours de 3,5 % (d’une année sur l’autre, en fait 3,3 % au 3° trimestre), et il en sera de même au cours de ces prochains trimestres,
Graphique 1 :
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Les variations de la croissance ont été importantes depuis ces 60 dernières années. La chute du PIB en 2009 a été un peu plus forte que celle de 1982 mais plus courte. Elle n’a donc rien d’exceptionnel.
Par contre, la baisse du nombre d’emplois salariés a été exceptionnellement forte,
Graphique 2 :
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8,363 millions d’emplois salariés ont été supprimés (en net) en 2008-2009,
Graphique 3 :
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Cette hécatombe a succédé à une période faste de 2004 à 2007 au cours de laquelle les créations d’emplois salariés ont été supérieures aux normes : 1,9 millions par an en moyenne, soit 7,6 millions en 4 ans,
Graphique 4 :
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Depuis l’après guerre, la chute de l’emploi total n’a jamais été aussi forte ni aussi longue,
Graphique 5 :
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Le nombre d’emplois de salariés est finalement scotché depuis fin… 1999 aux alentours de 130 millions,
Graphique 6 :
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Depuis fin 1999, le PIB réel a augmenté de plus de 20 %, ce qui correspond grosso modo aux gains de productivité.
Toutefois, il faut remarquer que le nombre d’Américains travaillant pour leur propre compte (commerçants, artisans, professions libérales, agriculteurs et autres entrepreneurs individuels) n’a augmenté qu’un peu au début des années 2000 pour revenir dans sa tendance longue.
Le taux de chômage des « bac + 4 et + » est inférieur à 5 % (niveau qui est considéré comme incompressible), ce qui signifie que l’Amérique manque de salariés hautement qualifiés, alors que le taux de chômage des non-bacheliers est dans les 15 %.
Aucune baisse importante du taux global de chômage n’est discernable dans l’avenir proche.
Tels sont les chiffres.
La condition nécessaire pour que l’Amérique garde son leadership sur le monde est que le niveau (et les gains) de productivité continuent à être élevés aux Etats-Unis (à la pointe même pour les techniques les plus importantes), et pour cela les Américains doivent avoir un haut niveau de qualification.
Aussi, les dirigeants politiques et économiques qui défendent ce leadership de l’Amérique, dont le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke, ont imaginé et réalisé ce plan machiavélique qui a consisté à créer une chute importante du PIB, obligeant les entreprises à restaurer leurs bénéfices en supprimant les postes de travail les moins productifs, ce qui a pour conséquence, entre autres, d’inciter les jeunes américains à faire des études longues et sérieuses pour décrocher plus tard un emploi quasiment garanti, et les autres à trouver des solutions pour pouvoir tirer des revenus par un travail plus productif.
Ce bon vieux Greenspan avait déjà soulevé ce problème sans pouvoir le résoudre car toute tentative de réforme du système éducatif (surtout dans le secondaire) est vouée à l’échec compte tenu de la puissance des syndicats de professeurs.
Maintenant, il n’est plus question d’entretenir une masse de millions d’Américains improductifs vivant aux crochets de ceux qui sont les plus productifs.
C’est la justice sociale, logique, telle qu’elle est largement partagée aux Etats-Unis. Elle est exactement opposée à celle qui est communément répandue en France qui consiste à dépouiller les personnes les plus productives au profit de celles qui le sont le moins, ce qui est totalement… injuste.
Ainsi, les latinos non qualifiés savent qu’en entrant illégalement aux Etats-Unis, ils auront beaucoup de difficultés pour trouver du travail, ce qui découragera leur immigration.
Le chômage des Américains non-qualifiés est donc appelé à être durable, et indispensable pour que l’Amérique garde un niveau élevé de productivité et son leadership sur le monde, tel est ce nouveau paradigme américain...
Dans cette optique, une remarque s’impose : l’importance des saisies immobilières est normale dans la mesure où plus de 8 millions d’Américains ont perçu au cours de ces dernières années des revenus indus qui leur ont permis de devenir anormalement propriétaires de leur logement.
Par ailleurs, le chiffre d’un taux de chômage global de 10 % n’est pas pertinent car il recèle des disparités considérables entre un taux de chômage des « bac + 4 et + » inférieur à 5 % et un taux de chômage des non-bacheliers dans les 15 % : tout va bien pour les « bac + 4 et + », les autres devant en prendre l’exemple.
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