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Les banques, la BCE et le temps

 

Cliquer sur le lien pour lire cet article sur mon site : Les banques, la BCE et le temps

 

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes

 

Avant les turbulences financières, les banques prêtaient couramment de l’argent à leurs clients à moyen et à long terme en empruntant cet argent à court terme sur les marchés. Les taux de leurs emprunts à court terme étaient inférieurs à ceux de leurs prêts à moyen et à long terme. Elles tiraient donc normalement des bénéfices de ces opérations.

Depuis les turbulences financières, la BCE fait comme les banques ordinaires : elle prête de l’argent qu’elle n’a pas mais elle ne crée pas de monnaie car elle prête à des banques l’argent que d’autres banques lui prêtent (parce qu’elles ont une position créditrice).

La BCE fait donc circuler de l’argent entre les banques car le marché interbancaire est complètement bloqué du fait que les dirigeants des banques ne se font pas confiance entre eux (ils savent très bien qu’un certain nombre d’entre elles sont insolvables ou le seront).

Jusqu’au 22 décembre, la BCE remplaçait donc tant bien que mal les marchés mais tout a basculé à partir de ce jour là car elle a alors prêté 489 milliards d’euros supplémentaires à 3 ans à 523 banques en utilisant l’argent des dépôts à très court terme d’autres banques.

C’est là une acrobatie dangereuse car que se passerait-il si les banques ne prêtaient plus d’argent à la BCE ? … ou autre formulation : que se passera-t-il quand les banques ne prêteront plus assez d’argent à la BCE ?

Au total, ces opérations sont équilibrées : 850 milliards d’euros (!) environ étaient prêtés et déposés à la BCE jusqu’au 20 janvier mais au 27 janvier, les banques ont diminué leurs dépôts à la BCE de presque 50 milliards par rapport à la semaine précédente.

La BCE s’est sortie de cette situation délicate en recevant miraculeusement 27 milliards d’euros de mystérieuses administrations publiques anonymes qui ont doublé leurs prêts à la BCE au cours du mois de janvier (126 milliards au total). Certes, le bilan de la BCE permet de voir un certain nombre de choses, mais pas tout, et surtout pas l’essentiel (c’est encore un avatar du fameux bikini).

Les 475 milliards d’euros de capitaux propres de la BCE constituaient un confortable trésor a priori mais tout à fait insuffisant en cas de nouvelles turbulences qui sont possibles si les banques de la zone euro cessent de déposer… 800 milliards à très court terme.

Cette hypothèse est de plus en plus plausible dans la mesure où la trésorerie de beaucoup d’entre elles baisse dangereusement (cf. M3-M2 qui baisse).

La BCE sera alors obligée d’emprunter. Logiquement, elle peut emprunter 10 fois le montant de ses capitaux propres, soit… 5 000 milliards d’euros ! … mais ça ne ferait pas sérieux du tout.

L’avenir est plus que jamais plein d’incertitudes.

Complément : les 126 milliards d’euros d’administrations publiques (rubrique 5,1 du passif) proviennent peut-être de machins étatiques allemands créés pour emprunter et prêter plus ou moins discrètement à la BCE pour sauver les apparences.

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