Quelques petites modifications dans mes graphiques permettent de mieux comprendre ce qui se passe dans la zone euro…
En 1998, avant l’adoption de l’euro, M1 représentait 28 % du PIB contre plus de 50 % actuellement. Ce pourcentage aurait dû continuer à baisser pour se rapprocher de celui des Etats-Unis pour se situer aux alentours de 15 % du PIB,
Graphique 1 :

En valeur, M1 aurait dû baisser légèrement pour se monter autour de 1 400 milliards d’euros,
Graphique 2 :

3 300 milliards d’euros environ se trouvent donc en excès en M1.
C’est la cause profonde des désordres dans la zone euro, la partie immergée de l’iceberg.
Ce qui se voit, la partie émergée de l’iceberg, ce sont les déficits de l’Etat grec et le fait que les marchés ne veulent plus lui prêter, ni aux banques grecques.
Les marchés anticipent modérément ces phénomènes, seulement à partir du moment où des tensions commencent à se manifester, mais c’est alors trop tard pour résoudre les problèmes fondamentaux.
Pour la France, les marchés anticipent des problèmes, mais comme ils ne se posent pas dans l’avenir envisageable, les risques sont minimisés (ou décalés dans le temps) : les rendements des bons à 10 ans ne montent pas beaucoup par rapport à ceux du Bund mais ils bondiront le jour où les risques seront envisageables à plus court terme.
L’écart entre l’ersatz de franc français par rapport au deutschemark évoluera alors comme l’ont fait les rendements des bons de la Grèce et du Portugal : au-delà des maxima déjà atteints (bande noire),
Graphique 3 :

Il est impossible de faire éclater une telle bulle monétaire en M1 sans provoquer de graves désordres en Grèce, dans les autres de ces cochons de pays du Club Med et ailleurs.
Le monétarisme, c’est simple, tout est simple…