Nordea est une banque d’Europe du Nord qui n’intéresse personne en dehors de cette région (Finlande, Suède, Danemark) mais elle fait partie des grandes banques mondiales présentant un risque systémique (les SIFIs).
Pour la première fois, elle publie deux documents financiers : son rapport annuel (2013) évidemment et un autre rapport sur son capital car il s’agit bien là du problème essentiel qui va se poser pour les banques européennes.
En effet, les autorités européennes qui se sont ridiculisées en affirmant lors de leur premier test de résistance que toutes les banques étaient viables et fiables, veulent essayer de restaurer leur autorité perdue et un minimum d’ordre dans le système bancaire européen, c’est-à-dire faire en sorte que ces banques respectent les règles prudentielles d’endettement.
Comme je l’ai écrit à maintes reprises, le problème essentiel se pose au niveau de la détermination du véritable montant des capitaux propres.
Nordea publie donc un document qui montre clairement la correspondance entre le montant des capitaux propres tels qu’ils peuvent être publiés en normes IFRS et le montant des véritables capitaux propres connu sous l’expression de ratio Core Tier 1, dans le cadre qui a été retenu par la BRI depuis une trentaine d’années sous l’influence directe de ce bon vieux Greenspan.
Il s’agit des capitaux propres dits parts du groupe, sans les minoritaires, sans les écarts d’acquisition (goodwill), ni les autres plantages potentiels ni bien entendu les titres dits hybrides, sans les pondérer des actifs dits à risques comme le préconisent également Axel Weber, l’EBA et la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni, comme je les calcule habituellement depuis plusieurs années.
Document 1 :

Sur la base de ce document, il est donc enfin possible de calculer le véritable multiple d’endettement, mon µ, le leverage, pour les années 2012 et 2013 : 25,8 (ce qui est encore beaucoup trop élevé mais en baisse d’une année sur l’autre) qui correspond à un ratio Core Tier 1 réel de 3,9 % seulement,
Document 2 :
Sommes en milliards d’euros. Les écarts d’acquisition publiés ici sont la résultante des ajustements.
Il faudrait augmenter les capitaux propres de 33,5 milliards d’euros pour que Nordea respecte les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan, à savoir un leverage inférieur à 10.
Document 3 :

Une amélioration est possible dans l’avenir mais le leverage de Nordea est loin de respecter les règles prudentielles d’endettement de ce bon vieux Greenspan.
Manifestement, les dirigeants des banques européennes ont bien compris que les autorités sont maintenant prêtes à sévir sérieusement, à l’instar de leurs homologues américaines. Ils publient donc des chiffres qui donnent une image fidèle de la réalité, parmi d’autres. Il suffit de prendre en considération les bons chiffres.
La mère de toutes les batailles bancaires est en train de se préparer.
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| Nordea | 2012 Q2 | 2012 Q4* | 2013 Q2 | 2013 Q4* |
|---|---|---|---|---|
| 1 Assets | 708,824 | 677,42 | 621,896 | 620,225 |
| 2 Equity | 26,687 | 28,211 | 27,867 | 29,207 |
| 3 Preferred st | - | - | - | - |
| 4 Goodwill | 2,615 | 6,25 | 2,6 | 6,095 |
| 5 Tangible eq | 24,072 | 21,961 | 25,267 | 23,112 |
| 6 Liabilities | 684,752 | 655,459 | 596,629 | 597,113 |
| 7 Leverage (µ) | 28,4 | 29,8 | 23,6 | 25,8 |
| 8 Core Tier 1 (%) | 3,5 | 3,4 | 4,2 | 3,9 |