Scénarii pour la fin de l’euro…
Il est difficile d’établir des scénarii pour la fin de l’euro système car le jeu est très ouvert, comme je l’ai déjà écrit.
Il est possible d’analyser les problèmes économiques pour faire des prédictions fiables, mais les réactions des dirigeants politiques sont imprévisibles : tout est possible, le meilleur comme le pire.
Angela Merkel a changé totalement d’avis sur le nucléaire après la réaction des électeurs allemands impressionnés par ce qui s’est passé à la centrale de Fukushima.
Elle a défendu l’euro jusqu’à présent en acceptant toujours ce qu’elle refusait auparavant mais elle pourrait ne plus capituler à l’avenir face aux exigences sans fin de ces cochons de pays du Club Med.
Elle sait très bien que pour l’instant, l’Allemagne est leur banque qui les maintient en survie. Il suffit d’y mettre fin pour que tout s’écroule rapidement.
Au départ, le problème est simple, tout est simple…
Une monnaie ne peut correspondre qu’à un pays et inversement. C’est un principe irréfragable.
L’entité de base est la nation caractérisée par un niveau et des gains de productivité globale qui diffèrent d’une nation à une autre, à tout moment. C’est la raison pour laquelle le meilleur système de changes (celui qui assure son fonctionnement à son potentiel optimal) est celui qui est libre.
Ainsi par exemple, les différences entre les Etats-Unis et le Canada sont faibles mais réelles. Des Canadiens peuvent vivre à quelques mètres de citoyens des Etats-Unis, séparés par une frontière libre. Ils parlent la même langue, ils ont quasiment un même niveau et un même genre de vie, ils font cependant partie de deux nations différentes, chacun faisant partie du même pays que leurs concitoyens vivant à des milliers de kilomètres d’eux dans des conditions totalement différentes.
La zone euro n’est pas un pays : c’est une zone monétaire composée de pays souverains qui ont des niveaux et des gains de productivité globale différents.
Dans ces conditions, une monnaie unique est contraire à ce principe monétaire de base.
L’activité dans les pays qui ont des niveaux et des gains de productivité élevés est stimulée car la monnaie unique est sous-évaluée pour eux et leur balance commerciale est de plus en plus excédentaire, et inversement (le commerce extérieur de l’Allemagne a été excédentaire de 12 milliards d’euros en février et déficitaire de l’ordre de 7 milliards pour la France en anticipant la publication des chiffres fiables de la Banque de France).
Pour stimuler l’activité économique dans les pays qui ont des niveaux et des gains de productivité faibles, les hommes politiques ont tendance à augmenter les aides ce qui a pour conséquence d’augmenter les prélèvements obligatoires sur les entreprises les plus performantes et d’augmenter les déficits publics. Les rendements des bons de leur Trésor augmentent, ce qui accentue les difficultés des Etats de ces pays qui demandent alors une aide à un ersatz de FMI euro-zonard comme dans le système de Bretton Woods.
La cause des problèmes dans la zone euro n’est pas le déficit de l’Etat de certains pays membres mais l’écart de leurs niveaux et gains de productivité globale par rapport à ceux des pays les plus performants, les déficits de certains Etats n’en sont alors qu’une des conséquences.
Il est donc parfaitement inutile d’aider les Etats des pays qui ont des niveaux et des gains de productivité globale faibles en leur prêtant de l’argent (500 milliards d’euros !) car cela ne fait que retarder et aggraver les échéances inéluctables (et leur endettement).
Pour restaurer la croissance dans les pays qui ont des niveaux et des gains de productivité faibles, il faut donc agir sur les parités monétaires : en dévaluant leur monnaie nationale comme l’a fait Pompidou en 1969.
La seule solution des problèmes de la zone euro est donc le retour aux monnaies nationales, ce qui est pour l’instant totalement exclu par les hommes politiques au pouvoir.
Tant qu’ils continueront à s’y opposer, le désordre ira croissant dans la zone euro jusqu’au point inévitable de rupture.
En attendant, la communauté financière euro-zonarde avec en tête la BCE fait le forcing pour faire remonter l’euro par rapport au dollar (US$) au même rythme que les marchés actions américains pour endiguer une fuite des capitaux qui serait fatale, en particulier à nos Gos banques comme cela s’est produit lors de la 1° semaine de janvier.
Comme le potentiel de hausse des cours des actions des sociétés des Etats-Unis est élevé, l’euro monte et montera encore par rapport au dollar mais il ne pourra plus le faire à un moment donné.
L’euro fort ne désavantage pas les entreprises allemandes qui vendent des produits particulièrement recherchés pour leurs avantages techniques peu sensibles aux hausses de prix mais il est létal pour les entreprises françaises et italiennes dont les produits à faible contenu technique sont concurrencés par d’autres producteurs bénéficiant de monnaies faibles par rapport à l’euro comme par exemple ceux des pays asiatiques et de l’Europe de l’Est.
Les cours des entreprises européennes cotées ont été, sont et seront donc dépendants de cette situation.
Les cours de nos Gos banques s’effondreront quand l’euro baissera par rapport au dollar au risque de produire un tsunami bancaire.
La fin du système de Bretton Woods s’est accompagnée d’un certain désordre mais ce sera pire pour celle de l’euro système dans la mesure où les monnaies nationales ont disparu.
Ce qui s’est passé en Argentine donne une petite idée de ce qui pourrait de produire en pire et à plus grande échelle dans ces cochons de pays du Club Med, dont la France.
En dehors de ces esquisses, il est impossible d’établir des scénarii fiables plus fins pour la fin de l’euro système.
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