€ surévalué et sous-évalué
1 / Une monnaie correspond à une nation, et réciproquement.
2 / Les parités monétaires tendent vers des niveaux qui assurent le taux de croissance potentiel optimal du Pib réel de toutes les nations dans un système de changes libres.
Tels sont les deux principes fondamentaux d’un système monétaire international permettant d’assurer au mieux la richesse des nations, c'est-à-dire de tout le monde, sans déséquilibres durables, en particulier pour ce qui concerne les parités monétaires et les balances commerciales.
Il a fonctionné en Europe après l’effondrement du système de Bretton-Woods et avant l’adoption de l’euro.
Ainsi par exemple, le niveau de vie des Italiens a progressé considérablement pendant cette période grâce à la baisse de la lire par rapport au deutschemark fort qui profitait aux Allemands.
En effet, dans un tel système, les ajustements nécessaires de parités entre les différentes monnaies se font sans délai, ce qui oblige tous les acteurs économiques à s’adapter à tout moment aux variations des marchés.
Dans l’euro-système, qui est un remake du système de Bretton-Woods en pire (selon notre ami le docteur Bernard Trémeau) dans la mesure où il n’est plus possible de modifier les parités monétaires, comme la productivité globale de ces cochons de pays du Club Med est inférieure à celle des pays les plus performants comme l’Allemagne, les parités monétaires (et le niveau des taux de base de la banque centrale) se trouvent dans une moyenne qui ne correspond pas aux besoins des extrêmes : l’euro est sous-évalué pour l’Allemagne et surévalué pour la Grèce (et le taux de base de la BCE est trop bas pour l’Allemagne et trop haut pour la Grèce).
Conséquences les plus visibles :
1 / les balances commerciales sont durablement trop excédentaires pour les pays les plus performants (Allemagne et autres) et trop déficitaires pour ces cochons de pays du Club Med.
2 / la balance des paiements de la zone euro qui est seule prise en considération vis-à-vis de l’extérieur (dans le cadre du système mondial des règlements internationaux), cache les dettes nettes des nations les moins performantes (ces cochons de pays du Club Med) car elles sont compensées par les avoirs engrangés par les nations les plus performantes (Allemagne…).
Dans le système de Bretton-Woods, le FMI était censé venir en aide aux pays en difficulté, ce qui était une solution inefficace car ce système de parités fixes n’est pas viable fondamentalement à terme.
Il en est de même de l’euro-système et de son dispositif de sauvetage imaginé cette année après le défaut de paiement de banques de la zone euro présentant un risque systémique, début mai, comme l’a précisée la BCE.
L’euro-système a fonctionné d’une façon relativement acceptable jusqu’en août 2004 pour la France (la balance commerciale était alors excédentaire), c'est-à-dire pendant 5 ans seulement, mais les écarts ont été trop forts par la suite au point d’accumuler constamment des déficits au niveau de la balance commerciale (portant sur les biens seuls, rubrique 1,1).
La solution aux désordres euro-zonards actuels n’est pas de venir en aide aux pays qui ont des difficultés (à emprunter sur les marchés), mais de revenir à un système de changes libres, donc à mettre fin à l’euro-système.
Tant que cette solution ne sera pas adoptée, le désordre ira croissant dans ce système fermé qu’est l’euro-système. C’est ce qui se passe en particulier en Grèce, et dans une moindre mesure dans les autres de ces cochons de pays du Club Med.
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Ce billet est inspiré de l’article (en anglais) de notre ami Paul Vreymans de Work For All, cliquer ici pour le lire.
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