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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 15:02

 

Le nouveau socialisme du XXI° siècle

En 1970 les anciens socialistes préparaient l'avenir : le monde du XXI° siècle. Nous y sommes maintenant, et leurs objectifs sont en partie réalisés : la croissance zéro est atteinte dans la vieille Europe, et c'est une nouvelle catastrophe qui s'annonce…

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En 1970, en pleine période de croissance très forte (c'était l'époque des 30 glorieuses), les premiers écologistes s'interrogeaient sur les conséquences dramatiques que pourrait avoir cette croissance effrénée au taux annuel moyen de 5 %.

Si ça continue comme ça, où va-t-on ?

- A la catastrophe ! ont répondu unanimement les experts consultés par un groupe de personnalités réunies au sein du Club de Rome qui a alors commandé une étude à l'équipe dirigée par Dennis L Meadows de l'une des universités les plus renommées dans le monde, le MIT, le Massachussetts Institute of Technology.

L'idée était la suivante : si le développement économique continue à l'avenir comme il s'est produit dans le passé au XX° siècle, que se passera-t-il au XXI° siècle ?

Pour répondre à cette question, Jay Forrester du MIT a constitué un modèle tiré de la dynamique des systèmes et l'a fait tourner sur les plus grands ordinateurs de l'époque.

La démarche est donc parfaitement scientifique et objective, donc fiable (!).

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Halte à la croissance

Dans tous les cas de figures, les conclusions sont identiques : si le développement économique continue à l'avenir comme dans le passé, le système global mondial s'écroule avant 2100, à la suite

  • Soit de l'épuisement des ressources naturelles non renouvelables dont les réserves auront disparu avant l'an 2000 pour l'or, le mercure, l'argent, l'étain, le zinc, le pétrole (!), le plomb, le cuivre et le gaz naturel, dixit le rapport,
  • Soit de la surpopulation car les taux de natalité resteront durablement trop élevés, surtout dans les pays dont les populations sont les plus pauvres,
  • Soit des pénuries alimentaires du fait qu'il n'y a pas assez de terres cultivables sur notre planète pour satisfaire les besoins de la population mondiale,
  • Ou de la pollution générée par l'industrialisation envahissante qui rendra la vie impossible à cause l'accumulation des déchets, de l'air devenu irrespirable, des eaux polluées, etc.

Donc, le système global mondial s'écroule au XXI° siècle, telle est la seule certitude !

Seule la date n'est pas certaine, ni le mode opératoire et en 2100, le niveau de vie de la population sera même globalement inférieur à celui de 1900 !

Un avenir sombre nous attend ! Seule issue possible : arrêter la croissance !

Le titre du rapport du Club de Rome est d'ailleurs explicite : Halte à la croissance.

Pour cela il faut, d'après les experts unanimes :

  • Contrôler et donc limiter la croissance de la population par des mesures volontaristes : ce sont par exemple les campagnes officielles de contrôle des naissances en Chine et en Inde,
  • Contrôler et limiter la production des biens industriels en réduisant les investissements qui doivent impérativement économiser le capital et les ressources naturelles, rares et en quantités limitées,
  • Contrôler l'environnement en diminuant et en recyclant les déchets, en luttant contre la pollution pour maintenir durablement la nature dans son état initial,
  • Contrôler la production agricole de denrées alimentaires de façon à la répartir équitablement entre de petits propriétaires produisant des produits biologiques pour conserver la fertilité des sols de façon à ne pas compromettre la pérennité des récoltes pour les siècles à venir.  

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Croissance zéro

C'est la croissance zéro d'un système global mondial stable car contrôlé, limité et régulé par les hommes eux-mêmes.

En effet, il s'agit d'imposer l'omniprésence d'instances chargées de réguler ce système global mondial dont la fonction principale est alors, non pas de produire, mais de répartir des ressources rares mais suffisantes en fonction des besoins des populations du monde.

Ainsi, dès 1970, soit vingt ans avant la chute du communisme, se définit le concept d'un système socialiste d'un nouveau genre : celui du troisième millénaire, dans un univers libéral limité, mais soumis à une surveillance et à un contrôle social et politique d'inspiration socialisante.

Il s'agit là très précisément de la préfiguration du modèle français actuellement en vigueur tel qu'il a été parachevé par l'ancien trotskiste Lionel Jospin alors qu'il était Premier ministre, complété et pérennisé par Jacques Chirac, technocrate étatiste antilibéral miraculeusement réélu Président de la République en 2002.

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L'Etat de droit démocratique impose ainsi durablement.

  • Le ralentissement de la croissance par la diminution de la quantité globale de travail, en interdisant aux salariés de travailler plus de 35 heures par semaine, en généralisant et en glorifiant le non-travail par le développement du temps libre, des loisirs, des congés payés, des (pré)retraites précoces, en pénalisant les revenus élevés du travail par des impôts à taux progressifs, etc.
  • Des mécanismes régulateurs avec la multiplication d'instances de contrôle social par les syndicats et les partis politiques, et par une bureaucratie pléthorique qui est une clientèle électorale privilégiée de tous les partis en même temps qu'une source d'emplois réservés.

    Le résultat d'une telle volonté politique est probant : la croissance est effectivement faible en France, ainsi que dans les autres pays qui suivent une politique analogue, comme l'Allemagne, jadis vertueuse, et d'une façon générale, la plupart des pays européens.

La croissance zéro est parfaite pour des fonctionnaires et les hommes politiques socialistes européens vivant du produit du travail des salariés des entreprises.

Cette croissance zéro est donc un nouvel avatar du socialisme.

Cependant elle signifie pauvreté et chômage persistants pour la plus grande partie de la population qui la subit, comme le montrent clairement les pays européens, et aussi et surtout les pays arabes : des millions de personnes, parmi les plus démunies, cherchent à fuir ces pays pour rejoindre les pays les plus libéraux.

En France, la défaite électorale de la gauche en 2002 s'explique en grande partie par l'hostilité des salariés aux revenus les plus modestes à la croissance zéro car pour eux, cela se traduit par davantage de chômage et un niveau de vie peu élevé.

La faible croissance conduit à un revenu annuel moyen faible lui aussi, de $ 25 200 en France (et en Europe) alors qu'il est de $ 36 500 aux Etats-Unis, soit 45 % de plus.

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Reconversion socialo-communiste

Les hommes politiques de gauche se sont rendu compte, surtout après l'effondrement du communisme en URSS qu'il est devenu impossible et irréaliste de mettre en place une société marxiste entièrement collectivisée dans les pays européens.

L'objectif de tous les hommes politiques de gauche, socialistes, communistes, écologistes, c'est à dire de tous antilibéraux les plus radicaux, est alors de réduire le degré de liberté des entreprises sur les marchés de façon à contrôler et à diminuer leur développement.

Ainsi se comprennent mieux toutes les lois et les règlements qui entravent la croissance des entreprises et qui diminuent la liberté des individus.

Presque partout, les partis de gauche et de droite ont adopté des positions identiques car les hommes politiques qui les dirigent ont finalement tous les mêmes objectifs : contrôler l'économie pour assurer et renforcer leurs pouvoirs en se constituant une clientèle électorale.

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Cette tendance a été heureusement inversée par la seule réaction libérale positive de ces dernières décennies, celle qui a été impulsée par Ronald Reagan alors qu'il était Président des Etats-Unis : il a commencé à déréglementer et libéraliser la société américaine.

Cette politique a re-dynamisé salutairement les Etats-Unis et le reste du monde libre.

Malheureusement, les pays européens s'opposent à cette libéralisation et les conséquences en sont que l'écart se creuse à nouveau entre les Etats-Unis et l'Union Européenne où 380 millions d'habitants produisent globalement un peu moins que les 280 millions d'Américains : $ 10 000 milliards de PIB annuel environ.

Si le gouvernement de George W. Bush réussit à remettre son pays dans les bons rails libéraux, la croissance pourra y revenir durablement à des taux de 3 à 5 % et assurer le plein emploi grâce aux gains de productivité très importants qui peuvent être tirés des progrès des techniques, et surtout des reformes de structures qui peuvent diminuer les effets négatifs et les dysfonctionnements des administrations publiques.

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Ainsi, l'Europe glisse lentement mais inéluctablement sur la pente savonneuse qui mène à un socialisme peu efficient.

Certaines personnes réagissent spontanément à ces tendances socialisantes en votant avec leurs pieds. Elles émigrent vers des pays plus libéraux : des Africains vont en Europe, des Européens et des Asiatiques en Amérique du Nord.

La population des Etats-Unis est ainsi passée de 200 millions d'habitants en 1970 (à l'époque de ce rapport du Club de Rome) à 280 millions en 2001, en grande partie par l'immigration d'une population souvent hautement qualifiée et productive partageant toujours les mêmes valeurs : la recherche de revenus élevés par le travail.

Elle est attirée par le dynamisme de ce pays, obtenu grâce à l'application systématique et réaliste du libéralisme.

C'est aux populations des pays européens de réagir positivement.

Malheureusement, les tendances libérales qui s'y manifestent sont récupérées par une construction européenne qui paradoxalement accentue encore le contrôle socialisant des marchés en imposant un nouveau degré institutionnel : celui de l'Union Européenne.

Le rapport du Club de Rome est la préfiguration de la doctrine des socialistes et des communistes dérivée de la planification indicative inspirée de celle qui était en vigueur dans l'ex URSS.

A aucun moment ses auteurs ne font confiance au libéralisme pour pérenniser la croissance.

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Croissance et libéralisme

Dans tout le rapport du MIT le mot entreprise n'est jamais mentionné !

La production des biens industriels et agricoles sort, toute seule, du système global mondial de production, sans qu'il soit fait mention une seule fois du travail de salariés dans des entreprises qui vendent dans le monde entier des produits soumis à la concurrence sur des marchés libres. Le capitalisme libéral est pourtant le seul système qui permet de développer spontanément, de lui-même, des solutions les plus efficientes pour résoudre tous les problèmes qui se posent et pour indiquer les grandes tendances à long terme par les anticipations rationnelles des marchés.

Si les mesures préconisées par le Club de Rome et les experts du MIT avaient été prises dès 1970, le monde aurait connu la félicité par la croissance zéro, durable dès les premières années du XXI° siècle, c'est à dire en ce moment même et avec un recul de trente ans, nous pouvons constater que les prédictions catastrophiques du rapport des experts éclairés du Club de Rome ne se sont heureusement pas réalisées :

  • Il n'y a pas de pénuries de certaines ressources naturelles non renouvelables : de nouveaux gisements de pétrole ont été découverts, la demande de certains produits de base a relativement diminué du fait de la mise au point de techniques et de produits nouveaux,
  • Il n'y a plus de famines généralisées car les situations critiques majeures ont été vaincues pour l'essentiel par l'augmentation de la production de denrées alimentaires qui est même en excédent dans certaines régions du monde (certaines appliquent des mesures de limitation de production, comme les quotas européens),
  • La surpopulation mondiale n'est plus un problème dans la mesure où les populations des pays en développement diminuent spontanément leur natalité, au point de ne plus assurer le renouvellement des générations, comme c'est le cas dans certains pays européens,
  • L'agriculture devient de plus en plus biologique, durable et raisonnée, à la suite de la demande spontanée des consommateurs et des intérêts bien compris des producteurs, c'est à dire des marchés et non pas d'un contrôle social,
  • La pollution ne croît plus car le système libéral gère naturellement correctement ces problèmes par le jeu de l'offre des entreprises qui fournissent des prestations de protection de l'environnement qui répondent à une demande.

 

Schumpeter avait clairement annoncé que le capitalisme libéral pouvait assurer sa pérennité, car il existe toujours des innovations pour répondre aux problèmes nouveaux qui se posent. 
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De la multitude des intervenants sur des marchés matures, émergent toujours des solutions nouvelles et imaginatives créées par le génie des hommes, à condition qu'ils soient libres de développer leurs idées dans des projets innovants et efficients.

Aucun expert, aucun collège de personnalités autoproclamées n'est plus performant que des individus libres dans un monde libre.

Le principal danger provient des obstacles que les hommes politiques mettent au développement des marchés libres qui sont normalement et naturellement autorégulés, donc parfaitement capables de répondre à toutes les opportunités.

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Pays musulmans

Les pays arabes ont réalisé la croissance zéro pendant le dernier quart du XX° siècle.

Les facteurs limitants de la croissance y sont d'origine religieuse, ce sont :

  • la prohibition des intérêts et des emprunts inscrite dans le Coran,
  • la mise à l'écart des femmes, privées de toute activité économique dans le système de production,
  • l'interdiction de toute représentation visuelle de l'homme, donc de toutes les activités liées au cinéma, à la télévision, à la mode, et par extension aux divertissements (en particulier la musique). 

Il n'est donc pas étonnant de constater, surtout après les attentats du 11 septembre 2001, que les Musulmans des sectes extrémistes, wahhabites et chiites en particulier, rejoignent les militants de la gauche plurielle qui les accueillent à bras ouverts dans leur combat commun contre le capitalisme libéral qui lui, cherche à augmenter la croissance à son potentiel optimal à la satisfaction de tout le monde.

La croissance zéro durable des pays musulmans est clairement et unanimement ressentie comme un échec.
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Reprise d’un texte écrit en 2002, 
Al Gore et ses militantsde la gauche plurielle  n'ont fait que rajouter quelques idées sur le réchauffement climatique. Dans 35 ans, ils recommenceront...

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