Questions / réponses 3
Merci aux honorables lecteurs de ce blog pour leurs questions, voici mes réponses…
*
amaury sur l'article Laffer, Rubin et Keynes : je souhaitais savoir si vous interveniez de temps en temps sur certains médias (tv, radio ou autres..) pour défendre l'économie libérale (face à la grosse machine propagandiste marxiste) ?
*
Non ! je n’y ai jamais été invité, et d’ailleurs je ne suis pas victime que de cette propagande : Guy Millière
a supprimé mon blog du site de " l’Institut Turgot " fin juillet…
***
Vincent Bénard sur l'article Chine : krach olympique en vue ! :Entendu sur BFM ce matin: l'action Petrol of China a été introduite simultanément à Hong Kong sur le marché international et sur le marché réglementé de Shanghai.
l'action a gagné 163 % en une journée à Shanghai (!!!) et... Perdu 2% à Hong Kong. Cherchez l'erreur. 1929, à côté, c'est de la gnognotte. Les conséquences géopolitiques ? Brrrr, ça fait un poil peur.
*
Oui ! la baisse à HK s’explique par la défiance des investisseurs sur la cotation de PetroChina à Shanghai
***
Franck Boizard sur l'article Chine : krach olympique en vue ! :" Les déséquilibres commerciaux mondiaux se résorberont alors. Les marchés corrigeront d’eux mêmes, a dit un jour Alan Greenspan? " Certes, mais à quel prix humain ? Vous me direz, ces gens-là n'ont qu'à pas vivre dans une dictature.
*
Oui ! ça va faire mal… Par contre je ne suis pas d’accord avec vous sur la dictature. Imaginez que les dirigeants du PCC soient au pouvoir en France ! il y aurait une forte croissance car ils ont une bonne culture économique et financière libérale. La dictature chinoise ne s’exerce que sur le plan politique en contrôlant tout dans ce domaine, un peu comme les partis dominants en France où tous les journaleux de tous les médias sont libres mais ils délivrent la même propagande ! Alors, où est la dictature ? où est la liberté ?
***
Omde sur l'article La stratégie du désordre : Article intéressant, Etonnant d'ailleurs de la part d'un chantre de l'ultra libéralisme (et donc du pouvoir de la finance). Reste à savoir la part de réalité et d'intox (par exemple sur l'échec israélien au Liban qui me semble plus un cuisante défaite qu'une stratégie voulu "de désordre"), Enfin saluons cet effort d'analyse
*
Je ne suis pas un chantre de l'ultra libéralisme mais un libéral ordinaire, comme par exemple Alan Greenspan. C’est un courant plutôt majoritaire aux US, mais un groupuscule microscopique en France !
***
Franck Boizard sur l'article La stratégie du désordre : Ca fait un peu "théorie du complot", je n'adhère pas totalement à vos idées, car elles supposent une continuité de vue bien improbable dans une démocratie. Je parlerais plus volontiers d'une "pente" que d'une "stratégie".
Au fond, les Américains appliquent un principe que nous, Français, devrions connaître puisqu'il est napoléonien : "Lorsque vous voyez votre adversaire faire une faute, surtout, ne faites rien pour l'interrompre. Laissez le aller au bout de sa faute."
Ceci dit, même si le coté complot m'irrite, j'ai quelques connaissances bien placées qui ne sont pas loin de penser comme vous.
Dans le cas de l'A380, c'est particulièrement flagrant car le problème était simple "Le faire ou ne pas le faire". Il est donc facile devant une problématique si limpide de percevoir la stratégie américaine et les différentes manoeuvres :
1) "Ce projet d'A380 est sans intérêt, ce n'est pas le marché." Par réaction, les Européens défendent leur idée.
2) "Bon, on va s'y mettre à ce gros porteur." Les Européens sont confortés dans leur analyse et lancent l'A380.
3) "Et hop. On vous a bien eu, finalement, on lance le Dreamliner."
La grande force des Américains, qu'on prend pour des bouseux isolationnistes, est d'avoir une pensée stratégique à l'échelle mondiale, sans équivalent ailleurs.
Entre le Pentagone, le Département d'Etat et les "think tanks", il y a une masse de matière grise consacrée à penser l'avenir et la place des USA à l'échelle du siècle qui rendent ridicules les idées floues du chiraquisme sur le "monde multipolaire".
Nous avons aussi des gens qui pensent la stratégie, mais ils font ce qu'ils peuvent avec leurs maigres moyens.
*
Vous commencez par écrire que vous n’êtes pas d’accord avec ma théorie de la stratégie du désordre, puis vous montrez ensuite par vos connaissances (que je n’ai pas) qu’elle s’applique parfaitement au cas de EADS : penser l'avenir et la place des USA à l'échelle du siècle, c’est très exactement là cette stratégie du désordre !
***
sami sur l'article Questions réponses : pourquoi être obligé de faire baisser le dollar par rapport aux monnaies de référence sous prétexte qu'ils ont les gains de productivité des plus élevés?
*
Les Américains font baisser le dollar pour pouvoir augmenter leurs exportations et faire marcher les entreprises US aux US, et le résultat est bon : cf. l’amélioration du commerce extérieur. Si les Américains n’agissent pas pour faire baisser le dollar, avec un haut niveau de productivité globale, ils ne peuvent plus rien exporter et les produits importés envahissent tout et font péricliter la production US.
***
amaury sur l'article Pétrole, dollar et euro : vous dites que lier l'inflation à une augmentation de la masse monétaire relève de l'amalgame, mais alors concrètement quelles sont les conséquences économiques et monétaires (par exemple pour la France et l'UE où l'augmentation est importante) d'une augmentation de la masse monétaire ? et quels sont les mécanismes qui expliquent la relation : la croissance du PIB est inversement proportionnelle à la masse monétaire libre ?
*
L’augmentation de la masse monétaire crée des déséquilibres fondamentaux avec de l’argent non gagné, comme c’est le cas au Japon et en Chine. Dans la zone euro, la situation n’est pas encore catastrophique, mais ça viendra avec les créances de retraites non provisionnées…
Sur la masse monétaire libre, voir la partie sur le behaviorisme au début de ce blog
***
Tonton Jack sur l'article Pétrole, dollar et euro : Merci pour ces informations, notamment le dernier graphique qui expose bien, rétrospectivement, tant la violence du contre-choc de 1986 que la période extrêmement étrange que nous avons connue lors de la décennie 90.
En un sens, cela explique aussi peut-être l'envolée actuelle des prix, car, si la demande a cru sous l'effet du développement économique de certains pays, il devait sans doute être difficile d'investir dans l'offre avec des prix aussi bas.
*
Je ne suis pas d’accord avec vous quand vous écrivez : il devait sans doute être difficile d'investir dans l'offre avec des prix aussi bas car les prix n’étaient pas bas mais normaux. Par ailleurs, vu les bénéfices faits par les grandes sociétés pétrolières, les investissements ont toujours été rentables !
***