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Confiance et banques centrales

Confiance et banques centrales

Depuis des millénaires, l’activité économique est basée sur la confiance que l’on a ou que l’on n’a pas dans la monnaie et dans les banques, or les dirigeants des banques n’ont plus confiance entre eux maintenant car ils savent qu’ils ont tous plus ou moins perdu de l’argent dans le sub-prime.

D’après les chiffres les plus crédibles qui circulent, les pertes se monteraient globalement aux alentours de $200 milliards mais $50 milliards seulement ont été comptabilisés pour l’instant.

Il reste donc une ardoise de $150 milliards à se partager !

Les bénéfices de certaines banques vont chuter, les ratios de garantie de certaines banques sont proches du minimum, certaines banques sont près de la faillite, oui mais ce n’est pas la crise systémique car globalement les établissements financiers dans leur ensemble peuvent supporter cette crise.

Le problème essentiel vient de la confiance qui a disparu : qui est vulnérable ? à quel niveau ?

Au cours des crises précédentes, Alan Greenspan est toujours intervenu pour maintenir la confiance des marchés et pour mettre en œuvre les mesures qui s’imposaient pour sortir de ces crises.

Ben Bernanke n’a rien fait dans ce sens : les dirigeants des banques n’ont pas confiance et aucune mesure n’a été prise pour résoudre rapidement cette crise.

Les marchés n’ont plus confiance, et c’est ce qui est grave.

*

Cette crise du sub-prime montre une fois de plus que les banques centrales jouent un rôle essentiel et que les marchés, livrés à eux mêmes, dégénèrent si une autorité n’a pas établi ni fait respecter les bonnes règles.

La titrisation des dettes classées en sub-prime est possible, mais les titres échangés n’ont de la valeur que s’il existe une contrepartie, et en son absence, les titres ne valent plus rien !

Ces titres doivent donc être comptabilisés à leur valeur la plus défavorable par leur acquéreur et non pas au prix du marché car les marchés peuvent s’écrouler brusquement, et c’est ce qui s’est passé cet été.

Comme ces marchés ont été fortement rémunérateurs pour tous les intervenants au cours des années et des mois précédents, une bulle s’est produite, et elle a éclaté en une crise.

Pour rétablir la confiance et sortir de cette crise, il faut donc appliquer au plus tôt les bonnes règles, or la Fed n’a pris aucune décision en ce sens.

Cette crise sera donc durable mais limitée, et elle va se transmettre aux autres marchés.

Ben Bernanke sera avec William McChesney Martin (qui a laissé partir l’inflation dans les années 60) le pire des présidents de la Fed.

*

Cette crise du sub-prime montre une fois de plus que les théories des libertariens sont dangereuses car sans les banques centrales ni les réglementations qu’elles imposent, les banques livrées à elles mêmes risquent de faire faillite et toute crise peut alors devenir systémique.

Tous les intermédiaires financiers gagnaient de l’argent avec le sub-prime, rien ne pouvait arrêter le gonflement de la bulle, si ce n’est la Fed… qui a été déficiente.

Aux XIX° siècle, les petites banques locales américaines pouvaient faire faillite : leurs clients imprudents étaient ruinés, mais les problèmes ne dépassaient jamais un cadre local limité.

La faillite de banques comme Northern Rock ou Merrill Lynch aurait des conséquences très graves et inadmissibles. Un tel risque ne peut être pris au XXI° siècle.

*

Il ne faut pas oublier que le marché total du sub-prime aux Etats-Unis se monte à $1 000 milliards environ et il ne représente que 10 % du marché des crédits hypothécaires estimé à $10 000 milliards. 
Seule une partie de ce marché sub-prime correspond à des pertes sèches pour $200 milliards environ.

*

Pour qu’une banque soit capitalisée normalement, son capital doit être supérieur à 10 % du montant des investissements. C’est le ratio "risk-based capital" de la FDIC (Federal Deposit Insurance Corp.) aux Etats-Unis.

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Z
Sur quelle période est mesurée la perte de 200 milliards de $ que vous évoquez ?<br /> Est-il possible de comparer avec d'autres périodes pour mesurer l'évolution de ce "degré de confiance" ?<br /> Quelle est votre conclusion: pour que les marchés aient confiance, il faut un "sauveur" unique qui ne peut être que le patron de le Fed ?<br /> Pourriez-vous nous apporter des explications sur les marchés dérivés de crédits et sur les estimations de volume de ces marchés ?
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A
cher Jean Pierre Chevallier , vous avez ecrit sur le site EURO 92 que vous pensiez que Mr Greenspan était surestimé à tort : en effet il a participé à la formation de ces bulles en manipulant les taux de manière excessive : vous semblez donc dire qu'il a toujours réussi à corriger à temps les erreurs qu'il a pu commettre.
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F
"il faut donc appliquer au plus tôt les bonnes règles"<br /> <br /> C'est-à-dire ? Augmenter les taux ? Les baisser ? Injecter des liquidités ?
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