Je viens de retrouver un billet que j’avais écrit l’an dernier et qui était en ligne sur mon blog de " l’Institut Turgot " que Guy Millière
et sa bande ont supprimé…
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Métro : New York / Paris
Les salariés du métro de New York gagnent en moyenne 47 000 $ par an soit 4 000 $ par mois (pour simplifier).
Pour faire des comparaisons avec les concepts français, il faut déduire 12,4 % de taxe sur les salaires (la payroll tax qui alimente le système de retraite publique) et 1,5 % à la suite du nouvel accord sur le régime de retraite, soit environ 600 $ pour arriver à ce que les Français appellent le salaire net moyen de 3 400 $ alors qu’à la RATP le salaire brut moyen est de 3 300 € et 2 500 € net d’après le rapport de gestion 2004.
Ces chiffres correspondent à des conditions équivalentes car les Américains sont comme nous : ils tombent malades et ils vieillissent ! Ils disposent donc eux aussi d’assurances santé équivalant à notre Sécurité Sociale et de pensions de retraite dont ils supportent les coûts.
La grande différence entre les Etats-Unis et la France est que les entreprises de services collectifs et les administrations américaines sont gérées comme les entreprises : elles tiennent une comptabilité qui respecte les règles habituelles, ce qui les oblige à équilibrer leurs comptes.
De ce fait, elles sont obligées d’augmenter leur productivité comme les autres entreprises sinon, déficitaires, elles seraient condamnées à disparaître.
Il n’en est pas de même en France !
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Les comptes de la RATP ne respectent pas les règles comptables normales en ne comptabilisant pas les charges de retraite.
Ces créances certaines (21,6 milliards d’euros au 31 décembre 2004 inscrits dans le rapport de gestion) devraient figurer en dettes venant en déduction des capitaux propres (900 millions) alors qu’il y a déjà 10,6 milliards de dettes à long terme.
La RATP accumule donc plus de 32 milliards d’euros de dettes (pour un chiffre d’affaires de 3 milliards !) que les contribuables devront payer un jour...
Les 21,6 milliards de charges de retraite ne sont pas provisionnés. Ils ne sont même pas intégrés dans les comptes de la RATP ni ailleurs.
Si les Français tenaient correctement leurs comptes, ils auraient dû faire comme les Américains : équilibrer les comptes de la RATP en retenant les charges de retraite sur la paie des salariés, ou en diminuant leurs avantages sociaux, ou en augmentant les prix des billets et des abonnements.
Rien de cela n’a été fait. Les voyageurs ne paient pas le prix normal couvrant les coûts des services qu’ils utilisent, les salariés bénéficient de revenus et de créances qui ne sont pas tirés de la vente du produit de leur travail.
C’est donc de l’argent non gagné qui circule, de la monnaie de singe qui se retrouve dans les 2 000 milliards d’euros qui sont en excédent dans l’agrégat monétaire M1 de la zone euro. Leur résorption demandera une vingtaine d’années de déflation douce.
Ce qui est le plus grave dans les comptes de la RATP, ce n’est pas le fait que les salariés soient surpayés par rapport aux normes françaises, mais que l’argent qui permet de les payer ne provient pas de la vente de services payés par les clients qui les utilisent.
C’est de la création monétaire pure.
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Le niveau élevé des salaires et du pouvoir d’achat des Américains est normal car ils bénéficient du haut niveau de productivité des entreprises en général.
Les 32 milliards de dettes de la RATP doivent s’ajouter aux dettes de l’Etat qui se montent à 2 000 milliards d’après le rapport Pébereau.
Il en est même pour les autres entreprises publiques qui totalisent environ 300 milliards de charges de retraite non provisionnées d’après le relevé des sommes inscrites dans leurs rapports de gestion, en concordance avec les estimations de Jean Arthuis.
Pour être complet, il faut encore ajouter les dettes et les charges de retraite non provisionnées des 1 500 entreprises dans lesquelles l’Etat est majoritaire. Elles ont été estimées à plus de 100 milliards par l’iFRAP en 2001 sur l’observation de quelques unes d’entre elles.
Ce sont donc entre 2 500 et 3 000 milliards d’euros de dettes réelles que les Français devront payer à l’avenir de toutes façons.
Les Américains provisionnent toujours les charges de retraite.
Ils disposent par ailleurs de plus de 5 000 milliards de dollars sur leurs comptes d’épargne et de 10 000 milliards dans des fonds de pension qui leur permettent de bénéficier de revenus élevés pour leur retraite. Les dettes de l’Etat ne dépassent pas durablement la norme de 60 % et elles financent pour l’essentiel des investissements de défense dans de nouvelles techniques, ce qui est normal.
18/04/2006
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