Crise, collapsus, crash, croissance et récession
La crise du sub-prime provoque un collapsus sur les marchés actions.
Les taux plongent : le rendement du 10 ans est tombé hier 26 novembre sous la barre des 4 % et le 2 ans sous les 3 % aux Etats-Unis car en de telles circonstances les capitaux se réfugient toujours sur l’obligataire public.
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Graphique 1 :

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Au départ, la faute est celle d’Alan Greenspan qui a relevé trop tard le taux de base de la Fed, et trop lentement, ce qui a provoqué une reprise trop forte de la croissance du PIB, ce qui a été inflationniste.
Pour corriger cette erreur initiale, la Fed a relevé ses taux trop haut, à 5,25 % et les y a maintenus trop longtemps à ce niveau, ce qui provoque un très fort ralentissement de la croissance du PIB qui est proche de zéro (cf. mon billet précédent) et qui sera négative au 1° trimestre 2008.
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Graphique 2 :

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Au cours de cette longue période de croissance, une bulle s’est formée sur le marché du sub-prime qui a commencé à éclater en août dernier.
Malheureusement, les autorités monétaires ne l’ont pas décelée et ensuite, elles n’ont pas fait respecter les règles qui s’imposaient, à savoir : enregistrer au plus tôt toutes les pertes.
Seuls $50 milliards sur $200 (Christian Noyer les évalue à $250 milliards !) sont actuellement comptabilisés en pertes par les banques et autres établissements financiers.
Cette crise limitée au départ va s’aggraver dans les prochains jours pour se transformer en crash d’ici… le 7 décembre d’après les prédictions de Fred Rabeman !
Elle se prolongera tant que cette bulle n’aura pas complètement éclaté, et elle va accentuer le ralentissement de la croissance du PIB qui se transformera aux Etats-Unis en une récession au début 2008.
Face à cette situation, les membres du FOMC risquent de faire encore une erreur en baissant trop leur taux de base, sous leur taux neutre de 4,25 %, ce qui fera repartir la croissance et l’inflation qui devra être combattue ultérieurement en relevant les taux de la Fed !
Ainsi, d’erreurs en erreurs, la Fed crée des cycles où se succèdent des périodes de croissance trop forte et de récessions.
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Le 10 ans américain est tombé hier 26 novembre sous le 10 ans allemand !
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Cette situation complique la tâche de la BCE qui peut difficilement maintenir son taux de base à 4 % ni le relever (pour lutter contre l’inflation) ni le baisser (pour l’aligner sur celui de la Fed, ce qui accentuerait l’inflation) ! Dans tous les cas, les conséquences seront négatives.
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De l’argent non gagné, unearned money, est créé à partir du sub-prime. En effet, ce marché fonctionne comme une chaîne : le vendeur de titres gagne de l’argent, l’acheteur espère en gagner en les revendant, les intermédiaires bénéficient de commissions très rémunératrices jusqu’au jour où il n’y a plus d’acheteur, ce qui s’est produit cet été.
Les autorités monétaires auraient dû faire respecter les règles qui s’imposent : puisque ces titres n’ont pas d’acheteur, leur valeur est nulle et le prix d’achat de ces titres doit être enregistré en pertes.
Le problème est que les dirigeants des banques ne veulent pas enregistrer ces pertes, et ils ont suffisamment d’influence pour empêcher les autorités de les y obliger.
Les dirigeants des banques centrales qui connaissent très bien ces problèmes ne veulent pas prendre les bonnes décisions par connivence avec les dirigeants des banques.
$200 à $250 milliards d’argent non gagné sèment le désordre et vont provoquer une récession. Les Américains en subiront les conséquences négatives.
La Fed aurait dû défendre leurs intérêts. Ben Bernanke n’a pas su trouver les bonnes solutions alors qu’Alan Greenspan savait imposer les siennes quand il le fallait.
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Les produits dérivés sont eux aussi à l’origine d’argent non gagné (unearned money) et cette bulle n’a pas encore pris d’importance pour l’instant.
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Ces problèmes ne peuvent se comprendre qu’en intégrant les conclusions de bons analystes techniques comme Fred Rabeman car le jeu des bulles et des crises échappe à l’analyse économique habituelle.
La combinaison de ces analyses alimente la spéculation gagnante.
Je prédits avec Fred Rabeman depuis un certain nombre de mois ce collapsus et cette baisse de la croissance qui conduit à une récession, mais comme l’économie américaine est forte, l’échéance en a été retardée.
Voir son site : http://www.maestrade.com
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