Questions / réponses 16
Merci aux honorables lectrices et lecteurs de ce blog pour leurs questions et leurs commentaires, voici mes réponses…
D’abord, pour ce qui concerne le Royaume-Uni, la logique économique qui y prévaut m’échappe totalement… Là, je sèche !
Ensuite, pour l’institution de fonds de pension en France, seule solution qui permettrait de restaurer une croissance du PIB élevée, cela prendrait… un certain temps.
Les Irlandais les ont mis en place très rapidement (en 2 ou 3 ans) car il n’y avait pas d’oppositions majeures, ce qui n’est pas le cas en France.
Si Sarko avait décidé de se lancer fortement dans ce projet, il aurait fallu quelques années pour que les fonds commencent à jouer un rôle positif : 3 à 4 ans me semble un délai court raisonnable. Comme rien n’a été fait, les fonds peuvent pas avoir d’effet positif dans un avenir envisageable.
Rien de bon ne se fera dans les 5 ans à venir.
Des questions sur la politique monétaire…
Lorsqu’une banque centrale "injecte de l'argent", ce n’est pas de l'argent sortant de la presse à billets !
Les banques centrales ont des ressources propres qu’elles peuvent prêter aux banques ordinaires, commerciales, qui doivent impérativement avoir toujours une position créditrice. Pour éviter d’être débitrices, elles sont parfois obligées d’emprunter à d’autres banques, mais à des taux plus ou moins élevés, et en ce moment, ils sont élevés.
Pour diminuer les coûts de financement des banques commerciales à court terme, les banques centrales prêtent des liquidités à très court terme, à des taux inférieurs à ceux du marché qui devraient être au niveau de leur taux de base, soit 4 % pour la zone euro.
Ces prêts sont gagés : les banques commerciales qui empruntent sont obligées de mettre en pension des titres qu’elles possèdent pour la durée de leur emprunt.
Les banques centrales ne créent pas de monnaie ! ni les gouvernements, depuis longtemps ! sauf ceux du Zimbabwe et d’Iran… Beaucoup de gens ne l’ont pas encore compris…
Quand un Etat a besoin d’argent pour financer ses investissements, il emprunte et des épargnants achètent des bons du Trésor.
A une offre correspond une demande.
Tout est en ordre, sans déséquilibres… tant que l’endettement ne dépasse pas les limites de 60 % du PIB.
L’argent non gagné dans la zone euro ne provient pas d’une bulle immobilière mais du non provisionnement des engagements de retraite qui se montait à €4 500 milliards, 3 fois le PIB en France fin 2004 en partant des chiffres fiables du rapport Pébereau qui applique les règles comptables ordinaires.
Qu’en est-il du degré de connaissances (sur ces problèmes) des dirigeants de la BCE et des hommes politiques ?
Difficile de répondre à cette question ! Commentant le rapport Pébereau, les députés ont écrit que tout le monde connaît le niveau réel des dettes publiques ! … mais personne n’en parle !
C’est la patate chaude, ai-je écrit, mais les échéances approchent…
Les banques commerciales tiennent leurs comptes en maintenant leurs liquidités au minimum.
Elles sont donc amenées à prêter ou à emprunter sur le marché ou à la banque centrale à tout moment en fonction de leurs besoins. Les banques centrales peuvent ainsi récupérer des liquidités excédentaires.
C’est de la cuisine comptable interbancaire très technique.
Quand une banque centrale baisse son taux de base, le coût des emprunts diminue, ce qui relance la croissance du PIB, mais elle risque d’être trop forte et inflationniste.
La BCE ne peut pas baisser ses taux en ce moment car ce serait inflationniste, et l’inflation repart déjà !
Pour lutter contre l’inflation, la meilleure solution est que la banque centrale augmente son taux de base, car dans ce cas, le coût des emprunts augmente, ce qui ralentit la croissance du PIB, donc l’inflation.
Le grand danger est l’inflation, car une fois partie, il est difficile de l’arrêter : la Fed a mis 25 ans pour la faire revenir dans la zone acceptable !
Les taux des banques centrales fluctuent autour de leur neutralité qui devrait se situer aux alentours de 4 à 4,25 %.
Lorsque les marchés actions baissent, les gérants investissent dans les valeurs refuges que sont les obligations publiques, peu rémunératrices mais sans risques.
La demande augmente, les prix aussi, et les rendements baissent. Depuis quelques semaines, la demande est très forte, les taux ont beaucoup baissé.
Ils remonteront quand la situation sera assainie et les taux Euribor baisseront.
La Fed, ou plus précisément, Ben Bernanke a décidé de ne plus publier les chiffres de M3, ce qui est une décision très contestable et contestée (sous prétexte que la collecte des données coûtait cher pour une faible utilité).
Comme M3-M2 n’est pas de l’argent en circulation dans le public, l’incidence de cette mesure est faible.
Et un dessin spécialement créé par Work For All : cliquer ici pour le faire apparaitre
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