Questions / réponses 18
Merci aux honorables lectrices et lecteurs de ce blog pour leurs questions et leurs commentaires, voici mes réponses…
Excellente intervention d’" Erico " ! Je crois avoir répondu en fait aux problèmes posés dans mon dernier billet. Les mois à venir seront un mauvais moment à passer (avec le collapsus) avant une longue période de croissance et de prospérité… aux Etats-Unis si les membres du FOMC ne font pas d’erreurs majeures.
Ils sont soumis à de fortes pressions, de la part des marchés, des entreprises, du gouvernement, des Américains… qui n’ont pas toujours une opinion juste de ce qu’il faudrait faire, et ils doivent prendre leurs décisions en fonction de l’intérêt de tout le monde.
Les taux de la Fed ne peuvent pas rester durablement stables car tout évolue à tout moment, et la Fed doit s’adapter à toutes les circonstances.
Avant, c’est à dire pendant ces 50 dernières années, l’augmentation des taux de la Fed pénalisait les investissements, en particulier des entreprises, ce qui provoquait un ralentissement de la croissance du PIB. Maintenant, les entreprises ont souvent des trésoreries pléthoriques qui leur permettent d’autofinancer leurs investissements. Elles sont donc moins sensibles aux taux élevés de la Fed qui a donc moins de pouvoirs sur elles.
Ce sont les Américains qui empruntent pour acheter leur maison qui sont les plus sensibles aux variations des taux, d’où la crise de l’immobilier accentuée par la spéculation perdante sur le sub-prime.
Les prix de l'énergie sont hautement spéculatif, et ils peuvent retomber à un niveau très bas.
Si le pétrole était un produit commun, les prix du baril se caleraient sur les coûts de production aux alentours de 5 à $10 le baril et 10 centimes d’euro à la pompe.
Les pays exportateurs et les grandes compagnies pétrolières alimentent normalement les marchés.
Les investissements sont eux aussi dans les normes.
L’offre des produits agricoles suit la demande avec un petit retard : la surface des terres cultivées et la production augmentent, les prix baisseront…
L'inflation est le plus grand danger dans tout pays car, lorsqu’elle est trop élevée, la masse monétaire augmente, et comme la croissance du PIB réel est inversement proportionnelle à la variation de la masse monétaire libre, la croissance diminue en cas d’inflation.
Autre formulation : l’argent sain est le premier pilier, la condition nécessaire à la croissance pour tout Reaganomic…
La force actuelle de l’euro est artificielle, alors qu’en provisionnant correctement les engagements de retraite, l’euro serait réellement fort… comme le US$.
Le niveau de productivité globale relatif des Etats-Unis et des pays européens déterminerait alors leur parité, avec la spéculation…
Il m’est impossible de faire une analyse fiable du deutschemark (idem pour le franc français) car il n’y a pas de données disponibles. Le DM était une monnaie forte, de réserve, grâce aux excédents commerciaux et à l’argent sain qui régnait en Allemagne. Les dirigeants allemands ont tiré la leçon de la catastrophe du Reichsmark !
Les flux financiers entrant et sortant de la zone euro fluctuent beaucoup d’un mois à l’autre, pour l’instant sans signification majeure.
Les banques centrales et les banques commerciales ne créent plus de monnaie depuis longtemps ! contrairement à ce qu’écrivent et pensent encore beaucoup de gens qui rabâchent les mêmes stupidités depuis longtemps !
Comme l’a répété jadis en maintes occasions Alan Greenspan, les banques commerciales transforment de l’argent à court terme en prêts à plus long terme, ce qui est une partie de leur métier de base mais au cours de ces opérations, il n’y a pas de création monétaire puisque l’argent existe au départ.
Idem pour les banques centrales : elles ne prêtent que l’argent qu’elles ont ! elles ne créent pas de monnaie.
Il est très difficile de faire comprendre des choses simples disait en d’autres termes Milton Friedman…
Je pensais avoir été clair sur ces points…
Les fonds de pension investissent leurs capitaux dans des valeurs mobilières que sont les actions et les obligations.
Quand les marchés actions plongent comme c’est le cas en ce moment, les gérants placent leurs capitaux dans l’obligataire dont les prix des contrats augmentent et les rendements baissent.
La spéculation gagnante consiste à anticiper les marchés : il fallait acheter des obligations quand les taux étaient à 5,25 % et vendre quand ils sont tombés au plus bas, ce qui commence à être le cas en ce moment.
En cas d’erreur de gestion, ce qui est le cas de la plupart des fonds de pension actuellement, cf. le FRR ! la perte n’est pas très grave car les sorties de capitaux sont en rentes, donc la gestion s’évalue sur le long terme qui est gagnant de toutes façons avec l’augmentation des bénéfices de 5 à 7 % par an.
Les entreprises européennes ont une rentabilité proche de celles des Etats-Unis, concurrence mondialisée oblige, donc dans les normes. Il est logique que M3-M2 de la zone euro augmente fortement car leur rentabilité était anormalement faible au cours des années passées.
La rentabilité de entreprises japonaises et chinoises est généralement élevée grâce à leurs coûts de production faibles. Là aussi, un rattrapage s’opère, en particulier pour combler les dérives monétaires des années passées. C’est ce qui attend les Français à l’avenir…
Et un petit rappel (fin des questions/réponses 15) pour les lecteurs qui voudraient enrichir leurs culture économique : n’écoutez jamais, ne lisez jamais les avis formulés par les économistes et autres experts de ce genre ! ni les livres de ces charlatans.
Les sources d’informations primaires sont nombreuses. Les agences de presse comme Reuters donnent de bonnes informations de base qu’il suffit ensuite d’analyser correctement.
L’économie, c’est simple ! a dit Milton Friedman.
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