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Désinflation, récession, croissance et prospérité

Désinflation, récession, croissance et prospérité


Les banques centrales ont pour fonction première de maintenir l’inflation dans une zone acceptable à tout moment et en toutes circonstances pour que la croissance du PIB réel soit la plus proche possible de son potentiel optimal.

Leur rôle est indispensable, car en leur absence, ou en leur carence, l’inflation prend naissance un jour et se développe ensuite inéluctablement.


La moindre erreur de politique monétaire a des conséquences considérables sur une longue période. Ainsi par exemple, en 1965, la Fed a maintenu son taux de base à un niveau théoriquement neutre de 4,0 %, ce qui était a priori une bonne décision mais elle s’est finalement révélée catastrophique par la suite car un tel niveau était en réalité inflationniste du fait que l’augmentation des bénéfices des entreprises (de 5 à 7 % sur le long terme) est supérieure à la croissance du PIB nominal.

L’inflation partie, s’est développée pendant 15 ans et il aura fallu ensuite 25 ans pour la juguler par une action énergique de la Fed.


Graphique :
20080106USFFPCEGDP-copie-1.gif

 (cliquer ici pour agrandir le graphique)


Pour vaincre l’inflation, il n’existait qu’un seul remède : augmenter le taux de base de la Fed pour créer un ralentissement de la croissance du PIB réel qui se terminait par une récession toujours désinflationniste, la Fed relançant ensuite l’activité en baissant son taux…

Ainsi se produisaient des cycles…


Actuellement, début janvier 2008, l’inflation sous jacente est supérieure à sa limite supérieure de 2 %. 
La Fed devrait donc remonter son taux de base de façon à ralentir la croissance du PIB au point de créer une récession désinflationniste mais les membres du FOMC ont contre eux les marchés qui exigent une baisse des taux pour relancer la croissance, les bénéfices et les cours des actions qui sont la source de leurs revenus. 
Ils ont aussi contre eux les Américains qui subissent le chômage lors d’une récession et qui sont aussi des électeurs…


En 1991, Alan Greenspan a tenu bon : il a refusé de baisser les taux de la Fed, ce qui a créé une récession qui a permis de juguler l’inflation en assurant par la suite une longue période de croissance avec une inflation contenue dans les normes.


L’inflation est un combat monétaire, selon l’excellente expression d’un économiste français malheureusement tombé dans l’oubli : Jacques Le Bourva.


Jusqu’au 18 septembre 2007, le taux de base de la Fed à 5,25 % était restrictif. 
La baisse de ce taux ne produira ses effets positifs que 6 mois plus tard, c’est à dire à partir du début du 2° trimestre 2008, et sa baisse à 4,50 % puis à 4,25 % le 6 décembre ne se répercutera dans l’économie réelle que pendant ce 2° trimestre 2008.


Les membres du FOMC feraient une erreur historique en baissant leur taux de base en ce 1° trimestre pour éviter une récession car dans ce cas, ils risquent de faire repartir l’inflation pendant 40 ans !


La BCE est condamnée elle aussi à augmenter son taux de base à 4,25 % pour lutter contre l’inflation en créant une récession dans certains pays de la zone euro.


Cependant, il n’est pas certain que la politique monétaire qui était valable au cours des décennies précédentes le soit encore maintenant.

En effet, l’inflation actuelle n’est pas produite par une augmentation des coûts du travail mais par les prix de l’énergie et des produits agricoles.

Pour faire baisser l’inflation, il faudrait plutôt en supprimer les causes profondes en augmentant l’offre de ces produits…


L’inflation totale est dans les 3 % aux Etats-Unis et en Europe : 3,1 % dans la zone euro en novembre et en décembre 2007 et l’inflation sous jacente est à 2,3 % d’après Eurostat.


En France l’inflation est inférieure de 50 points de base à ces données : respectivement 2,6 % et 1,9 %
En réalité, ce résultat n’est pas positif car il est dû au non enregistrement des engagements de retraite.

Ainsi par exemple, la SNCF aurait dû les incorporer dans les prix des billets qui auraient dû être majorés pour un total d’une centaine de milliards d’euros d’après les comptes publiés au 30 juin 2007. Les prix des billets sont donc inférieurs à ce qu’ils devraient être. Il en est de même pour tous les produits dont les prix n’intègrent pas le coût de ces engagements de retraite.


Les Irlandais provisionnent normalement leur retraite dans des fonds de pension. 
Les prix en tiennent compte et l’inflation est supérieure aux données moyenne de la zone euro avec respectivement 3,5 % et 2,9 %, soit 50 points de base au dessus de la moyenne de la zone euro.


L’inflation actuelle est mondiale : la masse monétaire augmente de 20 % par an en Inde et en Chine où l’inflation est de 6,9 %. 
Le décollage économique de ces deux pays de plus d’un milliard d’habitants est inflationniste.

***

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Z
Si les prix de l'énergie et des produits agricoles pèsent sur l'inflation, ne faut-il pas s'attendre alors à ce que cette inflation soit très longue à combattre, tant que le pétrole n'aura pas une part aussi prédominante ?<br /> Avec ces hypothèses, les banques centrales ne peuvent que monter leur taux
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A
Pourquoi la FED ne décide t elle pas de maintenir son taux directeur à son niveau théoriquement neutre c'est à dire aux alentours de 4,25% (voire limite restrictif pour juguler l'inflation) et de ne plus y toucher ?<br /> Arrêter de manipuler les taux n'est elle pas la plus sage des solutions ?<br /> <br /> Enfin je désirais savoir si la baisse des taux avait une influence réelle sur les investissements des entreprises sachant que celles ci investissent desormais en fonction de leurs marchés ?<br /> La baisse des taux n'a t elle pas uniquement un impact sur les consommateurs ?
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F
Question que vous trouverez peut-être naïve : en quoi l'inflation est-elle un danger dans le contexte actuel ?
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