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Euro secours !

Euro secours !


Comme l’ont montré les monétaristes, un système de changes libres permet à tout moment d’assurer tous les équilibres et une croissance optimale, alors qu’un système de changes fixes comme celui de la zone euro laisse subsister des déséquilibres qui s’accentuent au fil du temps, ce qui est très dangereux car la situation économique se détériore sans qu’il y ait de signaux d’alerte obligeant les autorités à prendre les mesures correctrices qui seraient nécessaires.


La balance commerciale française s’est améliorée dans les années 90, très certainement grâce à la reprise de la croissance aux États-Unis mais l’adoption de l’euro (et les mesures antilibérales comme les 40 heures) a fait baisser les excédents du commerce extérieur français à partir de 1997 (source Insee)…

Graphique 1 :
2008.03.16.EZ.1.BC.gif

 (cliquer ici pour agrandir le graphique)


… comme le montre clairement l’évolution de la balance des transactions courantes sur la période de 1999 au mois de janvier 2008, dernier chiffre publié,

Graphique 2 :
2008.03.16.EZ.2.BTC.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Les chiffres mensuels sont ceux de la Banque de France : les excédents de la balance des transactions courantes (les exportations moins les importations des biens et services, plus les soldes des flux de capitaux) se montaient à 4 milliards d’euros par mois en moyenne à la fin des années 90 pour tomber dans des déficits de 3 milliards d’euros par mois actuellement !


Autre interprétation : sur les 12 derniers mois, à la fin des années 90, les excédents se montaient à 40 milliards d’euros contre un déficit de 26 milliards d’euros actuellement,


Graphique 3 :
2008.03.16.EZ.3.BTC.CUM.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


La chute de la compétitivité de la France est vertigineuse et sans limite car il n’y a aucun frein dans la mesure où l’Allemagne dégage 200 milliards d’euros d’excédents commerciaux qui rattrapent les déficits des pays du Club Med qui, avant l’adoption de l’euro, étaient obligés d’équilibrer leur balance des paiements en laissant se dévaluer leur monnaie.


Toutes les parties concernées étaient alors obligées de s’adapter à la situation économique, ce qui n’est plus le cas depuis 1997 : seules les balances des transactions courantes sont établies (avec leurs déficits durables), la balance des paiements n’étant équilibrée (par définition) qu’au niveau de la zone euro par les excédents allemands.


Seuls les marchés financiers perçoivent ces dérapages : les investissements (en capital social selon la terminologie de la BdF) dans les pays du Club Med ne sont plus rentables.


Les capitaux français ont donc été investis préférentiellement à l’étranger à partir de 2001 en culminant à 160 milliards d’euros sur 12 mois en 2003,

Graphique 4 :
2008.03.16.EZ.4.IEF.12M.gif

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Depuis que l’euro existe, les montants des capitaux français investis à l’étranger (en rouge) sont supérieurs à ceux des capitaux étrangers investis en France (en bleu),

Graphique 5 :
2008.03.16.EZ.5.IEF.gif

 (cliquer ici pour agrandir le graphique)


Plus précisément, sur cette période, les montants des capitaux français investis à l’étranger sont de 3 à 5 milliards d’euros par mois en moyenne, alors que les investissements étrangers en France fluctuent autour de 1 à 2 milliards d’euros par mois en moyenne,

Graphique 6 :
2008.03.16.EZ.6.IEF.TR.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


La sanction des marchés des changes a tardé à se manifester car les opérateurs de la zone euro, à l’abri des investisseurs internationaux pertinents, ont entretenu pendant des années l’illusion du marché unique ce qui n’est plus le cas actuellement avec l’arrivée en masse de capitaux affluant du monde entier sur l’euro.


Ces capitaux entrants sont investis en bons du Trésor des différents pays de la zone euro en traduisant l’anticipation de dévaluation potentielle de ces monnaies par rapport au DeutscheMark : la lire italienne est la plus vulnérable avec une anticipation de dévaluation de 15 à 16 %…

Graphique 7 :
2008.03.16.EZ.7.LIR.DM.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


… et celle du franc français était de 5 à 6 % le 14 mars,

Graphique 8 :
2008.03.16.EZ.8.FRF.DM.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Les industriels allemands et américains se sont bien adaptés à la mondialisation en adoptant une bonne stratégie défendant leurs intérêts et ceux de leur pays alors que les chefs d’entreprises français ont lâchement capitulé face aux exigences suicidaires des dirigeants syndicaux et politiques antilibéraux et corrompus qui se sont succédé.


Tout est simple disait Milton Friedman, surtout avec de tels graphiques, sur ce blog et nulle part ailleurs… 
sauf chez des sociétés d’investissement qui ont compris ces problèmes avant moi et qui ont créé des fonds investissant dans la divergence des monnaies de la zone euro, la connaissance de ces problèmes alimentant la spéculation gagnante… 

*

Sources : données de la Banque de France, Balance des paiements

 Compte de transactions courantes cvs

 Compte financier, investissements directs,

français à l’étranger

 étrangers en France

 
***

 

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D
M. Chevallier,<br /> Si vous suis bien, nous faisons payer nos déficits abyssaux par les autres - l'Allemagne en particulier ; combien de temps, selon vous, une telle situation peut-elle encore perdurer? ET comment se fait-il que nos voisins et partenaires ne réagissent pas plus vertement face à une telle dérive?<br /> Merci par avance pour vos réponses?
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D
" Plus précisément, sur cette période, les montants des capitaux français investis à l’étranger sont de 3 à 5 milliards d’euros par mois en moyenne, alors que les investissements étrangers en France fluctuent autour de 1 à 2 milliards d’euros par mois en moyenne,"<br /> <br /> C'est plutôt bien, non? Est ce que ça ne prouve pas que nous sommes en train de nous enrichir en "valeurs réelles" ?
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