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Inintelligence économique et monétarisme (2)

Inintelligence économique et monétarisme (2)


Suite de mon billet précédent…


L’économie de la retraite est simple " pour Alan Greenspan et presque tous les Américains : " il faut que l’individu ait amassé suffisamment de ressources pendant sa vie active pour assurer sa consommation durant sa retraite ", la discussion ne portant que sur les modalités de la constitution du capital épargné (principalement dans des fonds de pension).


Les règles comptables IFRS rendent obligatoire partout dans le monde l’enregistrement du montant des engagements de retraite (dans la mesure où les salariés en bénéficient) qui doit être provisionné ou à défaut inscrit en dettes.


Les comptes de la SNCF au 30 juin 2007 donnent un bon (ou plutôt un mauvais) exemple de ce qui se fait en France : ses salariés (anciens et actuels) bénéficiaient à cette date d’engagements de retraite (qui n’étaient pas provisionnés) pour plus de €100 milliards.

Comme les capitaux propres étaient quasiment inexistants, les dettes de retraite de la SNCF se montaient alors à plus de €100 milliards (d’après les règles en vigueur, la SNCF aurait donc dû être déclarée en faillite, or elle ne l’a pas été car le gouvernement a pris des dispositions écartant cette issue fatale).


Les salariés de la SNCF ont donc touché une masse salariale supérieure à ce qu’elle aurait dû être (de €100 milliards) pour équilibrer les comptes : c’est de l’argent non gagné qui leur a été distribué, c’est de la création monétaire.


Ces €100 milliards d’argent indu ont donc été distribués au fil des années et se trouvent dilués (plus ou moins en totalité) dans la masse monétaire française M3.


Le gros problème est que la SNCF n’est qu’un exemple de création monétaire (par distribution et circulation d’argent non gagné) : Michel Pébereau et d’autres, comme les économistes de Work For All, ont évalué les engagements de retraite non provisionnés en France à 3 fois le PIB, fin 2004.


Cette création monétaire (par argent non gagné) se voit dans l’augmentation anormale de la masse monétaire française M3 mais elle est mal connue car l’existence de l’euro la camoufle.

Graphique 1 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Elle est de plus en plus importante,

Graphique 2 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Cette création monétaire accentue le désordre dans la zone euro, surtout avec le choc mondial provoqué par des prix élevés de l’énergie et par des taux anormalement bas de la Fed qui propulsent l’euro à des sommets dangereusement hauts pour les pays du Club Med.


L’hypertrophie de la masse monétaire condamne la France durablement à une croissance du PIB réel inférieure à son potentiel optimal de croissance.


Ces problèmes ont été bien analysés par les monétaristes, en particulier par Milton Friedman.


Tous les Américains, qu’ils soient syndicalistes ou pas, savent que les comptes des entreprises doivent respecter les règles, en particulier celles qui imposent de provisionner les engagements de retraite (quand ils existent) et d’équilibrer au moins les comptes des entreprises qui fournissent des services pour le public.


Les salariés du métro de New York ont fait grève à la fin de 2005 pour exiger le maintien des modalités de retraite pour les salariés nouvellement recrutés.

Ils ont obtenu satisfaction en acceptant une diminution de salaire en compensation du maintien de ces engagements de retraite.


Comment se fait-il que les Français ne comprennent pas ces problèmes économiques élémentaires ?

L’absence de leur culture économique les condamne à un déclin irrémédiable.


Comment se fait-il que je sois encore et toujours le seul à dénoncer l’irrégularité et les dangers des comptes des entreprises françaises, et en particulier ceux de la SNCF ?


Les Américains ont une stratégie, définie en particulier par les Reagnomics qui sont d’excellents business économistes monétaristes, ce qui leur permet de maintenir leur leadership mondial.


Le manque d’intelligence économique des Français, en particulier de ceux qui sont chargés d’analyser les problèmes dits d’intelligence économique, sous l’influence de souverainistes et d’eurasistes tous viscéralement antilibéraux et anti-américains, est catastrophique.

*

En France, les engagements de retraite ne sont pas comptabilisés dans le respect des règles IFRS du fait du maintien du régime de retraite par répartition et de l’absence d’un système de fonds de pension.

L’argent n’est pas sain en France, contrairement à ce qui se passe aux États-Unis car de l’argent non gagné est distribué et circule massivement.

***

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E
Bonjour<br /> Vous dites : "il faut que l’individu ait amassé suffisamment de ressources pendant sa vie active pour assurer sa consommation durant sa retraite"<br /> Cela est (peut-être) nécessaire mais n'est certainement pas suffisant. Il faut aussi assurer la production future des biens auxquels ces "ressources amassées" devraient donner droit.Et je ne vois pas de quelle manière les fonds de pension règleront ce problème mieux que le système actuel.<br /> Le choix de la retraite par répartition est principalement un choix politique et les théories économiques s'adaptent en fonction des opinions politiques de ceux qui les présentent.
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