L’inflation est un combat monétaire
L’inflation est un combat monétaire disait Jacques Le Bourva…
Dans la zone euro, l’inflation sous jacente (hors éléments volatils, i.e. les prix de l’énergie et de l’alimentation) est forte : 2,5 % en mai à cause de l’augmentation trop rapide de la masse monétaire M3 à 11,5 % alors qu’elle devrait être inférieure à 6 %.
L’inflation totale à 3,7 % est accentuée par la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation, ce qui augmente le désordre dans la zone euro.
Les journaleux et bonimenteurs ne retiennent jamais la première cause de l’inflation dans la zone euro parce que tout le monde préfère accuser les vilains spéculateurs, américains et en particulier les compagnies pétrolières qui font des bénéfices jugés anormaux.
Pour lutter contre l’inflation, les autorités disposent d’un certain nombre de moyens, mais la meilleure solution serait de mettre fin aux véritables causes de l’inflation euro-zonarde : le dérapage de la masse monétaire à cause du non enregistrement des engagements de retraite.
Les banques centrales ont une arme de destruction massive très efficace : le maniement de leur taux de base.
La BCE augmentera donc enfin le sien, ce qui ralentira la croissance du PIB dans la zone euro.
Les marchés anticipent maintenant clairement cette situation de stagflation, en fait de récession endogène mais stimulée par la croissance des pays émergents comme l’indique la courbe des taux teutons qui est maintenant inversée : le rendement du 10 ans est inférieur à celui du 2 ans en fin de séance du 16 juin,
Graphique 1 :
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Quand la situation se détériore dans la zone euro, le franc français se déprécie par rapport au Deutschemark,
Graphique 2 :
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Et la lire italienne continue à planer sur son petit nuage en attendant un miracle,
Graphique 3 :
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La situation est meilleure aux États-Unis : le PCE:PILFE augmentait de 2,1 % en avril d’une année sur l’autre, ce qui est admissible car proche de la barre critique des 2 %,
Graphique 4 :
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Mais surtout, le plus important est que le PCE:PILFE n’augmentait que de 1,8 % seulement en avril sur 3 mois en taux annualisé, la tendance étant baissière,
Graphique 5 :
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Les variations du CPI, qui est un indice, sont toujours supérieures aux variations des dépenses effectives des Américains mesurées par le PCE.
L’écart entre l’inflation totale et sous jacente n’a jamais été aussi élevé qu’en ce moment. Sachant que les prix de l’énergie sont très volatils et qu’ils peuvent brusquement fortement baisser, seuls les indices sous jacents sont pertinents,
Graphique 6 :
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L’inflation dans la zone euro et ailleurs dans le monde ne peut se comprendre que par rapport à la stratégie du désordre menée par les Américains qui augmentent l’inflation partout dans le monde en intervenant judicieusement pour pousser à la hausse les prix de l’énergie et des produits alimentaires.
Cette situation est difficilement supportable dans beaucoup de pays, mais elle est la moins préjudiciable dans les pays qui ont les meilleurs fondamentaux, surtout monétaires, à savoir les États-Unis et la Suisse qui sont les grands vainqueurs de ce combat monétaire.
La Fed relèvera ses taux pour contrer l’inflation, le plus tard possible, après l’élection de McCain, et très rapidement.
Avec des taux élevés, le dollar sera fort et l’euro faible, ce qui sera catastrophique si les prix de l’énergie en US$ restent élevés !
PCE:PI : Personal Consumption Expenditures: Chain-type Price Index
CPI:LFE : Consumer Price Index for All Urban Consumers: All Items Less Food & Energy
Pour voir les chiffres de l’inflation publiés par Eurostat, cliquer ici.
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