Et maintenant, que faire ?
Tout s’annonçait bien : B-2 avait parfaitement bien négocié le retour à la normale après le collapsus tant annoncé (qui prit la forme de la crise des sub-prime) mais tout vient de s’écrouler brusquement depuis le lundi 15 septembre malgré d’excellents fondamentaux,
Graphique 1 :
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Jamais les rendements des Bills à 1 mois et à 3 mois ne sont tombés aussi bas, même après les attentats du 11 septembre 2001, la chute est historique,
Graphique 2 :
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Les investisseurs se sont précipités sur les Treasuries (surtout sur ces Bills), les rendements des Notes restant normaux.
Ils sont même dans une structure idéale préludant à une forte croissance du PIB comme en 2002-2003,
Graphique 3 :
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Le jeu de la destruction créatrice provoque des montagnes russes, des loopings, des turbulences ou des trous d’air selon les auteurs.
Pour l’instant ça va mal, très mal même.
C’est bien la pire crise depuis celle de 1929 (pour une fois !), tout au moins depuis 3 semaines.
En fait, ce n’est pas une crise, mais une réaction très violente à quelque chose…
Quoi ?
1° réponse possible : les marchés ont appris le lundi 15 septembre que W. avait (enfin) donné le feu vert à une intervention militaire au Moyen-Orient (le compte à rebours est parti) ce qui a provoqué logiquement un flux majeur sur les Treasuries dont les rendements ont plongé.
Comme beaucoup d’investisseurs ont été pris à contre pied par la décision de W. prise lors de son voyage en Israël à la mi-mai, les ardoises sont impressionnantes pour certains !
Henry Paulson a proposé un plan pertinent pour passer cette période difficile, et tout repartira très fort par la suite si cette seule interprétation est juste.
2° réponse possible : la chute des rendements et des indices boursiers est due aux investissements aventureux et massifs dans certains produits dérivés.
La situation est dans ce cas beaucoup plus grave.
De grands établissements financiers (des banques et des compagnies d’assurance) sont proches de la faillite.
Tant que ces établissements peuvent être repris par d’autres investisseurs, tout se passera bien.
Le patron de Wells Fargo disait que c’était le début de la chasse aux bonnes affaires : il vient de racheter Wachovia, Warren Buffett investit des milliards de dollars dans des entreprises qui sont actuellement sous-cotées, etc.
C’est une monumentale destruction créatrice qui touche le secteur financier américain qui en ressortira considérablement renforcé.
Si d’autres établissements financiers ne peuvent pas être repris, euh…
Là c’est vraiment très, très grave !
Dans ce cas, le plan Paulson n’est plus pertinent car il repose sur le redémarrage de la croissance après ce gros trou d’air sans s’attaquer aux causes des désordres.
Il est trop tard pour limiter ce collapsus, mais il faut de toutes façons adopter les bonnes solutions qui s’imposent.
Elles sont connues : ce sont celles qui ont été adoptées depuis longtemps par les gnomes de Zurich.
Pour l’essentiel, il s’agit d’interdire les ventes à découvert et sur les produits risqués adossés à des créances hypothécaires, et de surveiller très précisément les opérations de façon à sanctionner tout manquement aux règles.
Ainsi par exemple, la Générale a été condamnée le 2 mai dernier à payer une amende de 40 000 francs suisses car la bourse de Zurich (SWX Swiss Exchange en helvète !) a constaté que des opérations y avaient été effectuées en juillet 2006 par 4 traders de la Générale qui n’étaient pas présents sur leur lieu de travail ce jour là (les petits Suisses n’ont pas la réputation d’être rapides mais ils sont finalement très efficaces).
En effet, quand des traders font des opérations irrégulières, même mineures, c’est la banque dans laquelle ils travaillent qui doit être condamnée et non pas les traders.
Bien entendu, il est absolument impossible qu’une banque puisse engager €50 milliards à découvert à l’insu du plein gré de ses superviseurs.
De telles opérations auraient dû être très sévèrement condamnées car les conséquences sur les clients et les salariés de la banque sont considérables.
Les lois et les règlements existent ainsi que les juges et les tribunaux, que ce soit en France ou aux États-Unis.
Le problème est de les faire fonctionner normalement.
La tendance est mauvaise : les autorités de régulation comme la SEC et le FASB et le gouvernement français proposent d’assouplir les règles prudentielles au lieu de les renforcer.
Bien entendu, toute la communauté financière est contre l’application de ces règles et contre de telles réformes.
Le débat ou plutôt le combat ne fait que commencer entre des groupes de pression aux intérêts opposés.
Il y a urgence car ces problèmes limités au seul secteur financier se sont propagés très rapidement à l’ensemble de l’économie : l’augmentation de $150 milliards de M2 en une semaine après le 15 septembre correspond à une diminution de la consommation, ce sont des biens et des services qui n’ont pas été achetés, donc qui n’ont pas été produits.
C’est autant de croissance en moins.
Il est impossible de savoir actuellement quelle est la cause exacte de ce qui vient de se passer depuis 3 semaines.
Les deux causes envisagées ici peuvent jouer, en même temps, ce qui produit un trou d’air colossal par un effet de synergie.
Et une fois de plus : il ne faut pas plus d’État, mais laisser faire les marchés dans le cadre de règles bien conçues et parfaitement respectées en condamnant sévèrement tout contrevenant.
Et comme toujours, un minimum de culture économique est indispensable pour décrypter l’évolution économique.
Tout peut se produire très rapidement, le meilleur comme le pire, surtout en ce moment.
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