Epargne : États-Unis / France
Je viens de retrouver un texte que j’avais écrit le 1° mai 2006 et qui devait se trouver sur mon ancien blog que Guy Millière
et sa bande de margoulins
ont supprimé sans me prévenir fin juillet 2007.
Ce document permet de mieux comprendre comment et pourquoi les fondamentaux américains sont excellents…
Le taux d’épargne des Américains est nul, voire négatif, alors qu’il est de 10 % environ en France, tels sont les chiffres publiés, mais ils ne correspondent pas à la réalité : l’épargne des Américains est en fait considérable et l’épargne investie par les Français est quasiment nulle.
Quelques explications sont nécessaires pour comprendre ces problèmes...
Une grande partie de l’épargne retraite des Américains n’est pas comptabilisée en tant que telle dans leur propre patrimoine, mais dans celui de l’entreprise dans laquelle ils travaillent.
Ainsi par exemple, Lucent alimente pour ses 235 000 futurs retraités (30 000 salariés actuellement) un fonds de pension dont l’encours se monte à 34 milliards de dollars… qui sont enregistrés dans ses comptes et non pas dans le patrimoine de chacun de ses salariés qui en sont les bénéficiaires.
Ces 34 milliards étant destinés aux salariés, viennent en déduction des salaires qu’ils auraient pu recevoir (ils ne sont donc pas enregistrés comme ayant été épargnés par eux).
Les salariés américains sont les créanciers de ce capital investi en valeurs mobilières qui leur procurera des revenus (à l’avenir) quand ils seront en retraite.
Les encours des fonds de pension sont donc bien le résultat d’une véritable épargne, mais elle n’est pas comptabilisée en tant que telle et elle n’apparaît nulle part dans les statistiques d’épargne.
Les sommes concernées sont considérables : plus de 10 000 milliards de dollars d’encours globalement pour l’ensemble des Américains au début de 2006 ! ce qui correspond à un flux d’épargne de l’ordre de 10 % de leurs salaires en moyenne au fil des années.
Par ailleurs, ces 10 000 milliards de dollars des fonds de pension permettent de financer les besoins des entreprises américaines, ce qui diminue leurs frais financiers et augmente leur rentabilité.
Ils jouent un rôle fondamental dans la croissance et la réussite des États-Unis.
A l’opposé, en France, comme les fonds de pension sont interdits, ni les salariés ni les entreprises ne constituent d’épargne investie en valeurs mobilières par l’intermédiaire de fonds mutualistes.
Ainsi, Alcatel (fusionnant avec Lucent) n’a pas constitué de provisions pour les retraites de ses salariés.
Les ménages français sont amenés à épargner individuellement chacun de leur côté sans pouvoir bénéficier de l’effet de mutualisation des fonds de pension ni de leur défiscalisation.
Les statistiques publiées montrent que les Français épargnent 10 % de leurs revenus environ (selon les normes de l’OCDE).
Or, une grande partie de cette épargne est destinée à financer le logement par l’intermédiaire de diverses institutions.
Sandrine Gorreri de l’iFRAP a montré que moins de 20 % seulement de cette épargne finance effectivement la construction de logements, le reste se perdant dans les usines à gaz étatiques et dans le financement des déficits publics.
Elle montre également que l’épargne investie par les ménages dans des valeurs mobilières est très faible : 100 milliards d’euros en actions, 50 milliards en obligations et 150 milliards en OPCVM.
L’offre de capitaux français est largement inférieure à la demande, ce qui explique que ce sont les capitaux américains qui alimentent en grande partie les marchés français !
La productivité de l’épargne investie est un concept fondamental.
Quand les Américains épargnent 100 dollars par l’intermédiaire de fonds de pension, ce sont 100 dollars qui sont investis dans des valeurs mobilières, donc dans le financement de nouvelles capacités de production génératrices de revenus futurs.
Quand les Français épargnent 100 euros, c’est une partie négligeable qui est investie réellement (elle est même difficilement quantifiable).
L’épargne ne joue un rôle positif que lorsqu’elle est investie en valeurs mobilières et immobilières.
Les dépôts dans les caisses d’épargne sont peu productifs, car elles sont obligées d’en conserver plus de la moitié en disponibilités pour faire face aux demandes de retraits toujours possibles.
La productivité de l’épargne investie en actions est très élevée car les bénéfices augmentent aux États-Unis de 7 % par an en moyenne depuis des décennies, plus rapidement que les salaires et le PIB.
Ils ont dépassé 1 000 milliards de dollars en 2005, soit 8,3 % du PIB, ce qui est un double record historique.
Ce trésor grossissant d’années en années comme une boule de neige appartient en grande partie aux futurs retraités américains grâce aux fonds de pension dont ils sont les créanciers.
Ainsi par exemple, la rentabilité des capitaux épargnés et investis par les fonctionnaires de l’État de Californie dans le fonds de CalPERS est de 9 % par an depuis ces dix dernières années.
Avec leurs 10 000 milliards de dollars placés dans des fonds de pension, les 300 millions d’Américains sont bien plus riches que les 800 milliardaires du monde qui ne disposent tous ensemble que de 2 600 milliards de dollars. Karl Marx est bien mort !
Par ailleurs, quand les statistiques font état d’un taux d’épargne nul, cela ne veut pas dire que les Américains consomment à tort et à travers ! cela signifie qu’ils dépensent presque tous leurs revenus, en en consacrant une partie à la consommation courante et une autre au remboursement de leurs emprunts hypothécaires, ce qui correspond à une épargne directement et immédiatement auto-investie.
Ils constituent ainsi au fil des années un patrimoine immobilier dont la valeur est globalement égale à l’encours des fonds de pension d’après les chiffres couramment admis.
Leur patrimoine financier et immobilier est donc considérable.
Il est le résultat d’une épargne très élevée en réalité : le taux d’épargne réel est au moins de l’ordre de 20 % de leurs revenus.
La consommation est, elle aussi très élevée, le tout étant rendu possible par une croissance du PIB à son potentiel optimal depuis plusieurs décennies grâce à la politique économique libérale qui y est menée (avec un taux de prélèvements obligatoires presque toujours de l’ordre de 34 %).
Les capitaux jouent un rôle… capital dans la croissance du PIB et dans la richesse des nations et des hommes…
Le total des dépôts des Américains dans les caisses d’épargne est quasiment le double de celui des Euro-zonards comme le montre l’agrégat monétaire M2-M1 qui représente pour l’essentiel l’épargne des ménages qui se monte à 5 400 milliards de dollars aux Etats-Unis et 2 700 milliards d’euros dans la zone euro pour une population de 300 millions d’habitants environ dans les deux cas.
Les statistiques américaines sur le taux d’épargne sont vraiment peu fiables !
01/05/06
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