Première guerre économique mondiale
La première guerre économique mondiale du XXI° siècle a lieu en ce moment...
Elle a été déclenchée par les dirigeants politiques et économiques des États-Unis contre le reste du monde.
Elle a commencé par la titrisation des emprunts hypothécaires classés en sub-prime qui ont provoqué en 2007-2008 au moins $500 milliards de pertes et elle se poursuit actuellement avec des pertes encore plus importantes enregistrées sur des produits dérivés qui font plonger les indices d’actions partout dans le monde.
Les produits dérivés sont indispensables car ils permettent de réduire l’incertitude face à l’avenir, avec en particulier des couvertures sur certains risques de changes ou sur les prix très volatils de certains produits comme le pétrole, mais ils sont extrêmement complexes.
C’est le domaine de prédilection des grosses têtes, des forts en math, et pas de n’importe lesquels : les meilleurs, les plus rapides, avec de l’expérience et de l’intuition.
Ce sont des perles rares et chères.
Ces marchés se sont beaucoup développés au cours de ces dernières années et ils forment une masse considérable, surtout par rapport aux opérations réelles auxquelles ils se rapportent (les sous-jacents).
Ils sont parfaitement équilibrés parce qu’il existe toujours des contreparties.
Seuls les intervenants avertis peuvent s’y aventurer avantageusement mais précautionneusement grâce à des couvertures de risques savamment bien conçues.
Les gains peuvent être importants pour tout le monde quand tout se passe bien mais les pertes peuvent être gigantesques quand les investisseurs ne se sont pas couverts correctement en cas de retournement des marchés comme cela s’est passé avec les branquignols de la Générale en janvier 2008.
C’était là un avant goût de ce qui se produit maintenant à grande échelle mondiale : la plupart des établissements financiers (banques et compagnies d’assurance) ont investi sans observer les règles prudentielles élémentaires qui s’imposent sur de tels marchés.
Or, les indices d’actions qui étaient logiquement partis sur une tendance haussière à partir du 18 mars (lorsque la Fed a baissé son taux de base), se sont brusquement retournés à la baisse à partir du lundi 19 mai (à cause de la décision de George W. Bush d’autoriser une intervention militaire en Iran), ce qui a pris à contre pied tous les investisseurs et surtout ceux qui n’étaient pas correctement couverts sur des produits dérivés.
Le résultat est un gigantesque effondrement historique des indices boursiers car beaucoup d’établissements financiers sont obligés de vendre en catastrophe des actions pour faire face à leurs échéances.
Dans cet effondrement financier mondial, les gagnants sont ceux qui n’ont pas investi dans les produits dérivés (les gnomes de Zurich) et ceux qui ont pris les bonnes couvertures, à savoir des banques américaines (des États-Unis) correctement capitalisées et peu endettées comme Wells Fargo par exemple qui peuvent reprendre pour une bouchée de pain des concurrents au bord de la faillite.
Les marchés financiers fonctionnent donc parfaitement bien, mais leurs sanctions sont très sévères !
Les grands perdants sont surtout les Européens car la plupart des établissements financiers (banques et compagnies d’assurance) ont imprudemment investi dans des produits dérivés avec de mauvaises couvertures de risques tout en étant sous-capitalisés et sur endettés.
Malheureusement, les gouvernements européens ont pris des mesures qui ne font qu’aggraver le mal, en particulier en supprimant l’obligation de comptabiliser les produits financiers à leur juste valeur du marché pour… ne pas aggraver la situation de ces établissements financiers alors qu’il aurait fallu laisser faire les marchés comme aux États-Unis où les banques au bord de la faillite ont été reprises par d’autres en bonne santé ou recapitalisées par des fonds souverains asiatiques ou arabes.
Dans l’Union Européenne, seuls les États peuvent sauver les établissements financiers au bord de la faillite, ce qui entraîne une quasi nationalisation de banques (comme au Royaume-Uni) et ce qui augmente le taux des prélèvements obligatoires parce qu’il n’y a pas de banques saines comme aux États-Unis, c’est à dire bien capitalisées avec peu de dettes, des multiples µ d’endettement de l’ordre de 10 et de bonnes couvertures de risques (Deutsche Bank et PostBank ont des µ supérieurs à 50 !).
Pire encore, les gouvernements européens, emmenés par Nicolas Sarkosy, veulent mettre en place une régulation des marchés financiers et pénaliser les opérateurs les plus performants.
Le résultat sera d’affaiblir davantage encore les places financières de l’Union Européenne en incitant les spécialistes les plus performants des produits dérivés à émigrer aux États-Unis.
Plus de réglementation, plus d’État, plus d’impôts, les Européens se sabordent eux-mêmes.
Par ailleurs, la situation en Russie s’est considérablement aggravée avec la baisse des indices boursiers mondiaux et des cours du pétrole.
Les autorités sont obligées de puiser dans les réserves de changes pour ne pas sombrer.
En Asie, tous les pays sont touchés par cette guerre économique et là encore, leur situation est sauvée par l’existence de réserves de changes très importantes.
Cette première guerre économique mondiale du XXI° siècle fait des victimes partout dans le monde, y compris chez le grand vainqueur, mais moins qu’ailleurs car les fondamentaux de l’économie des États-Unis sont excellents avec de l’argent sain, un système financier en cours de recomposition, des taux d’intérêt très bas qui vont créer une forte croissance dans les mois à venir.
La grande guerre économique mondiale du XXI° siècle, la deuxième, aura lieu avec l’effondrement des pays de l’Union Européenne à cause des engagements de retraite qui ne sont pas provisionnés.
La guerre économique est jolie car elle fait nettement moins de morts que la guerre de haute intensité…
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Compléments…
Le timing de cette guerre économique semble parfait : l’effondrement financier s’est produit en septembre, c’est à dire au moment où la croissance américaine était au plus fort du fait de la baisse des taux de la Fed 6 mois auparavant.
Les produits dérivés forment une masse considérable qui ne présente a priori aucun danger car toutes les opérations ont leur contrepartie.
Ce système est parfaitement bien équilibré et très utile, mais ce qui est dangereux, ce sont les pertes potentielles pour les investisseurs qui ne maîtrisent pas parfaitement les engagements qu’ils prennent.
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